Flore vaginale

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Le microbiote vaginal, ou flore vaginale, est l'ensemble des micro-organismes qui se trouvent dans le vagin. Ils permettent de limiter les infections en créant une compétition avec les germes pathogènes. Il est constitué en majorité de bactéries appartenant au genre Lactobacillus. Le microbiote vaginal » est normalement très stable, essentiellement composée de quatre genres de bactéries de types lactobacilles[1]. Un changement de la composition du microbiote vaginal peut être associé à une vaginose.

Constituants[modifier | modifier le code]

Le bacille de Döderlein en est l'un des principaux constituants[1]. Les autres bacilles sont L. fermentum, L. plantarum, , L. brevis, L. jensenii, L. casei, L. cellobiosus, L. leichmanii, L. delbrueckii et L. salivarius[2].

Fonctions[modifier | modifier le code]

L'acidité produite par cette flore permet d'y garder un ph idéal. Celui-ci est voisin de 4 lorsque les conditions sont saines, supérieur à 4,5 en cas de vaginose bactérienne, vaginites à trichomonas et vaginites à lactobacilles, et inférieur ou égal à 4 en cas de vaginite candidosique. Cette flore se fixe à la muqueuse vaginale, formant une barrière sous-forme de biofilm qui protège contre l'agression de micro-organismes responsables d'infections diverses[2].

L. acidophilus et L. fermentum produisent des biosurfactants de type surfactine, qui aurait un effet inhibiteur sur l'adhésion initiale de E. faecalis , E. coli , C. albicans et la plupart des germes responsables d'infections urogénitales. D'autres biosurfactants produits par la flore ont un effet antibiotique, antifongique et antiviral. En particulier la biosurfactine produite par Bacillus subtilis a une forte activité sur l'enveloppe lipidique de l'herpès, des virus et rétrovirus[2].

Déséquilibres[modifier | modifier le code]

Pour ne pas la détruire, il est conseillé d'éviter les douches vaginales à répétition, d'utiliser un savon adapté pour la toilette, de respecter les conditions d'utilisation des spermicides ou de les éviter (Le nonoxynol-9 est toxique pour les lactobacilles[2]). La prise d'antibiotiques, à l'exception du métronidazole et des quinolones, détruit en partie cette flore[2]. Ces déséquilibres induits peuvent entraîner une fragilité accrue à diverses infections comme des vaginites ou des mycoses (par exemple candidose).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Ravel J, Gajer P, Abdo Z, Schneider GM, Forney LJ et al., « Vaginal microbiome of reproductive-age women », Proc Natl Acad Sci U S A, no 108 Suppl 1,‎ , p. 4680-7. (PMID 20534435, PMCID PMC3063603, DOI 10.1073/pnas.1002611107, lire en ligne [html]) modifier
  2. a, b, c, d et e J.-P. Lepargneur et V. Rousseau, « Rôle protecteur de la flore de Doderleïn », Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, Vol 31, N° 5 - septembre 2002, pp. 485-494, lire en ligneDOI:JGYN-09-2002-31-5-0368-2315-101019-ART7

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne de Kervasdoué, Questions de femmes, éditions Odile Jacob, 2004, 660 pages (ISBN 2-7381-1459-8).

Article connexe[modifier | modifier le code]