Micro-organisme efficace

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Les micro-organismes efficaces désignent principalement les micro-organismes aérobies et anaérobies mélangés, commercialisés en agriculture, pour le traitement de l'eau et comme suppléments nutritionnels et médicinaux.

Higa a dit "EM est un dieu"[1]

Effective Microorganisms et EM sont des marques déposées par Em Research Organization, Inc. (EMRO), dont le siège est à Uruma, Okinawa, Japon. EMRO a des concessionnaires commerciaux et des fabricants dans le monde entier. Dans les pays francophones, il est vendu sous le nom de "micro-organismes efficaces" ou "EM"[2].

Ces produits comme EM-1, EM, Technologie EM (Effective Microorganism en anglais) ont été à l'origine commercialisés pour l'inoculation microbienne. Ces mélanges incluent différents micro-organismes comme des [3] : bactéries lactiques (Lactobacillus casei), bactéries photosynthétiques (Rhodopseudomonas palustris), levures (Saccharomyces cerevisiae) et autres (des micro-organismes bénéfiques qui existent naturellement dans l'environnement et peuvent se développer dans le mélange).

La technologie EM est développée pour contribuer aux pratiques d'agriculture durable, améliorer la santé et l’hygiène humaine, le compost et le traitement des déchets, le traitement de l'eau et la gestion des catastrophes naturelles, notamment des procédés de nettoyage (inondations de Bangkok en 2011[4], tsunami de 2004 dans l'océan Indien, séisme de 1995 de Kobe, et l'Ouragan Katrina).

Origines[modifier | modifier le code]

Le concept de « micro-organismes gentils » est développé par le Professeur Teruo Higa, à l'Université des Ryūkyū, à Okinawa, au Japon. Dans les années 1980, il rapporte qu'un mélange d'environ 80 micro-organismes différents était capable d'influencer positivement la décomposition de matière organique d'une façon telle qu'elle se régénère dans un processus favorisant la vie. Higa évoque un principe de dominance pour expliquer les effets des EM. Il maintient l'existence de trois groupes de micro-organismes : les « micro-organismes positifs » (régénération), les « micro-organismes négatifs » (décomposition, dégénération), et les « micro-organismes opportunistes ». Dans chaque environnement (sol, eau, air, intestins humains), le rapport de micro-organismes « positifs » et « négatifs » est un facteur critique, vu que les micro-organismes opportunistes suivent la régénération ou la dégénération. De ce fait, Higa explique qu'il est possible d'influencer l'environnement en supplémentant avec des micro-organismes « positifs ».

Validation[modifier | modifier le code]

Le concept a été contesté et aucune étude scientifique ne vient étayer son discours. Higa publie en 1994 une étude avec le microbiologiste des sols, James F Parr. Ils concluent que « la principale limitation... est le problème de reproductibilité et le manque de consistance des résultats[5]. » Parr et Higa mentionnent le pH du sol, l'ombre, la température du sol, et l'inondation comme facteur d'influence sur les EM avec les micro-organismes locaux et eux-mêmes. L'approche recommandée par Higa et Parr est de maintenir le pH et la température du sol dans les conditions nocives pour les micro-organismes négatifs ainsi que l'addition d'EM afin de faire pencher la balance positif/négatif des micro-organismes en faveur des positifs.

Ils réfutent les inoculations impliquant uniquement un seul micro-organisme, cela est inefficace à cause de l'incertitude des conditions dans lesquelles ce seul micro-organisme serait effectif[5]. Ils citent la reconnaissance par la communauté scientifique que des micro-organismes multiples (comme dans le cas du compost Bokashi, inventé et produit par Higa) en coordination avec de bonnes pratiques de gestion du sol influencent positivement le développement des plantes et les rendements.

Lwini et Ranamukhaarachchi publient en 2006 une étude[6] sur le contrôle biologique d'une maladie des cucurbitacées, montrant que l'EM et le Bokashi EM sont les agents de contrôle les plus efficaces. Yamada et Xu examinèrent l'utilisation d'EM pour la production de fertilisant organique[7]. Hui-Lian Xu étudie la photosynthèse et le rendement du maïs[8], les caractéristiques physiologiques chez la cacahuète[9], ainsi que les rendements et la qualité des fruits grâce à la tomate[10]. Daiss, et. al., étudient l’application d'EM-1 sur l'avant[11] et l’après récolte[12].

Beaucoup d’études ont été publiées sur les suppléments EM-X de son de riz, un produit de consommation humain. Chui, et. al., étudièrent le potentiel apoptotique des micro-organismes[13]. Datla, et. al[14] et Ke B[15] examinent le pouvoir antioxydant des micro-organismes. L'utilisation d'EM dans le compost Bokashi des déchets de cuisine est utilisé à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, depuis des années, avec l'aval des autorités locales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 比嘉照夫, « EMによる災害に対する危機管理 (新・夢に生きる第74回) », エコピュア,‎ (consulté le 25 janvier 2014)
  2. « Global Partners » [archive du ], sur emrojapan.com, EM Research Organization (consulté le 27 novembre 2015)
  3. (en) N. Szymanski et Patterson, R.A., « Effective Microorganisms (EM) and Wastewater Systems in Future Directions for On-site Systems: Best Management Practice. » [PDF], Lanfax Laboratories, Armidale, NSW, Australia, (ISBN 0-9579438-1-4, consulté le 14 novembre 2006), p. 347–354.
  4. Article en anglais sur le traitement des eaux de rivière après les inondations par le Royal Project. http://www.nationmultimedia.com/national/EM-balls-produced-by-royal-project-30169033.html
  5. a et b (en) Dr. Teruo Higa et Dr. James Parr, Beneficial and Effective Microorganisms for a Sustainable Agriculture and Environment., Atami, Japan, International Nature Farming Research Center, , 7 p., PDF (lire en ligne)
  6. (en) MYINT LWIN1 AND S.L. RANAMUKHAARACHCHI. Development of Biological Control of Ralstonia solanacearum Through Antagonistic Microbial Populations. International Journal of Agriculture & Biology. 8(5), 2006. p. 657–660.
  7. (en) DOI:10.1300/J144v03n01_21
  8. (en) DOI:10.1300/J144v03n01_16
  9. (en) DOI:10.1300/J064v19n04_10
  10. (en) DOI:10.1300/J144v03n01_15
  11. (en) DOI:10.1007/s00217-006-0543-2
  12. (en) Daiss, M. G. Lobo et M Gonzalez, « Changes in postharvest quality of Swiss chard grown using 3 organic preharvest treatments », Journal of food science, vol. 73, no 6,‎ , S314–20 (PMID 19241576) modifier
  13. (en) Chui, D. K. Hau, F. Y. Lau, G. Y. Cheng, R. S. Wong, R Gambari, S. H. Kok, K. B. Lai, I. T. Teo, T. W. Leung, T Higa, B Ke, J. C. Tang, D. W. Fong et A. S. Chan, « Apoptotic potential of the concentrated effective microorganism fermentation extract on human cancer cells », International journal of molecular medicine, vol. 17, no 2,‎ , p. 279–84 (PMID 16391827) modifier
  14. (en) Datla, R. D. Bennett, V Zbarsky, B Ke, Y. F. Liang, T Higa, T Bahorun, O. I. Aruoma et D. T. Dexter, « The antioxidant drink effective microorganism-X (EM-X) pre-treatment attenuates the loss of nigrostriatal dopaminergic neurons in 6-hydroxydopamine-lesion rat model of Parkinson's disease », Journal of Pharmacy and Pharmacology, vol. 56, no 5,‎ , p. 649–54 (PMID 15142343, DOI 10.1211/0022357023222) modifier
  15. (en) Ke, Z Xu, Y Ling, W Qiu, Y Xu, T Higa et O. I. Aruoma, « Modulation of experimental osteoporosis in rats by the antioxidant beverage effective microorganism-X (EM-X) », Biomedicine & Pharmacotherapy, vol. 63, no 2,‎ , p. 114–9 (PMID 18930627, DOI 10.1016/j.biopha.2008.03.008) modifier

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]