Micocoulier de Provence

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Celtis australis

Le micocoulier de Provence ou micocoulier du Midi (Celtis australis) est un arbre familier des régions subtropicales ou tempérées. Il appartient à la famille des Cannabaceae (anciennement aux Ulmaceae).

Description[modifier | modifier le code]

Celtis australis au parc de l'épinette à Libourne.

Le micocoulier est un arbre d'ornement caduc apprécié dans le paysage méditerranéen où il peut vivre jusqu'à à 600 ans. Au fur et à mesure de son développement, il prend un port arrondi et étalé et peut atteindre 15 à 25 m en hauteur et 8 à 10 m en diamètre dans son milieu d'origine (Europe du Sud et Asie mineure). Dans les régions fraîches, il forme un petit arbre.

Son écorce grise marquée de protubérances ressemble à celle du hêtre.

Élancé et régulier, le tronc qui atteint facilement 1 m de diamètre, montre à la base d'importants contreforts.

Les branches se terminent par des rameaux flexibles, un peu en zigzag et pendants, disposés dans un même plan comme les feuilles qui sont en deux séries diamétralement opposées. Ces feuilles asymétriques à leur base, ovales, dentées et alternes sont rêches et ont trois nervures partant de leur base[1]. Elles ressemblent à celles de l'ortie, le nom anglais le plus courant de l'arbre est d'ailleurs nettle tree (« ortie en arbre »).

Rameau de micocoulier avec jeunes fruits.

Cet arbre monoïque donne, au printemps, de petites fleurs vertes pollinisées par le vent.

Les fruits sont charnus et comestibles, très appréciés par la faune. On nomme ces drupes (de 10 à 12 mm de diamètre) des micocoules.

L'arbre nourrit les larves du lépidoptère Hestina persimilis (en).

Culture[modifier | modifier le code]

Le micocoulier est un arbre de croissance rapide. Il apprécie les sols humides bien drainés (sableux ou limoneux) y compris les sols pauvres ; il peut tolérer la sécheresse, mais pas l'ombre. Le climat méditerranéen est particulièrement adapté mais il peut tolérer un climat plus froid (USDA Zone 7B) s'il n'est pas exposé à des longues périodes de gel. Il se reproduit aussi bien par semis que par boutures.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Tandis que son bois dur et souple convient parfaitement à la confection de manches d'outils, ses branches remarquablement élastiques fournissent un matériau particulièrement adapté à la fabrication de manches de fouet, sticks, cravaches, instruments de musique, roues de charrette et cannes à pêche. Pour cet emploi, l'arbre est arrosé pour en accélérer la croissance. Les branches sont fendues pour n'en conserver que le pourtour dont les lamelles sont encore assouplies à la vapeur avant d'être tressées.

« Les bourgeons floraux, les jeunes feuilles et les jeunes micocoules (dont le noyau n'est pas encore lignifié) ont un goût très agréable rappelant la noisette et peuvent s'ajouter aux salades[2] ». Mûrs, les fruits acquièrent un goût de pomme caramélisée[3].

Le feuillage pouvait servir de fourrage autrefois et la racine fournissait une teinture jaune.

Les fruits du micocoulier sont utilisés pour fabriquer des desserts et des produits de boulangerie. Récoltés très mûrs, ils ont surtout servi à aromatiser une eau-de-vie[2].

Résistant bien à la pollution, on l’utilise comme arbre d'alignement ou comme arbre d’ornement dans les communes du sud de la France. Mais il est aussi planté plus au Nord, comme dans les rues de Paris où il est commun. Il est aussi très utile dans les travaux de restauration et de sécurisation des terres dégradées

Artisanat local[modifier | modifier le code]

Il subsiste à Sorède, dans les environs de Perpignan, un atelier[4] qui est peut-être le dernier au monde à travailler le micocoulier comme on le faisait dès le XIIIe siècle dans la région notamment pour fabriquer des cravaches[5]. Tandis qu'à Sauve, dans le Gard, le micocoulier est encore cultivé pour la fabrication traditionnelle des fourches[6],[7],[5].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicole Tonelli, François Gallouin, Des fruits et des graines comestibles du monde entier, Lavoisier, , p. 439
  2. a et b Nicole Tonelli, François Gallouin, Des fruits et des graines comestibles du monde entier, Lavoisier, , p. 442
  3. François Couplan, Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Delachaux et Niestlé, , p. 168
  4. « Etablissement, service et d'aide par le travail (ESAT) à Sorède », sur apajh-sorede.fr (consulté le 20 novembre 2020)
  5. a et b Serge Muller, « Quel est cet arbre dans ma ville ? Le micocoulier de Provence », (dont 2 vidéos sur la fabrication, l'une de fourches et l'autre de cravaches), sur theconversation.com, (consulté le 20 novembre 2020)
  6. « L'industrie des fourches de Sauve en 1927 », sur nemausensis.com (consulté le 20 novembre 2020)
  7. François Condotta, « Sauve : à la fourche des micocouliers », Midi libre,‎ (lire en ligne, consulté le 9 septembre 2020).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]