Micheline Ostermeyer

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Micheline Ostermeyer
Micheline Ostermeyer 1950.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Taille
1,79 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Poids
73 kgVoir et modifier les données sur Wikidata
Disciplines sportives
Instrument
Distinction
Micheline Ostermeyer croquée par G. de Ferrier en 1947.

Micheline Ostermeyer, épouse Ghazarian (née le à Rang-du-Fliers dans le Pas-de-Calais et morte le à Bois-Guillaume, en Seine-Maritime) est une athlète et une pianiste française.

Lors des Jeux olympiques de 1948, à Londres, elle décroche trois médailles, l'or au lancer du poids et au lancer du disque, et le bronze au saut en hauteur. Médaillée à trois reprises lors des championnats d'Europe, elle remporte douze titres de championne de France, dans six disciplines différentes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en France, elle passe sa jeunesse en Tunisie où elle apprend le piano. Devant ses capacités, elle revient en France pour entrer au Conservatoire avec l'aide de Lazare-Lévy. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle retourne en Tunisie où , grâce à un père sportif, elle découvre le sport, pratiquant le basket-ball et l'athlétisme. Dès la fin de la guerre, elle devient concertiste, obtenant le premier prix de piano au Conservatoire de Paris (« Je consacre cinq heures par jour au piano et cinq heures par… semaine au sport ! »)[1].

En parallèle, elle pratique toujours le sport et participe aux Championnats du monde universitaires de 1947 (médaille d'or en hauteur et au poids) et aux Jeux de Londres en 1948. À ces derniers, elle remporte trois médailles, deux titres olympiques au lancer du poids et au lancer du disque, et une médaille de bronze au saut en hauteur, tout en donnant un concert le soir de sa victoire au lancer du poids[2]. Elle est ainsi la première athlète française championne olympique. Seuls les quatre titres de Fanny Blankers-Koen l'empêchent de devenir la reine de ces Jeux.

Au disque, discipline qu'elle découvre trois semaines auparavant, elle progresse d'un mètre à chaque essai, pour terminer avec un lancer à 41,92 m. Cinq jours plus tard, elle gagne sa seconde médaille d'or en lançant, dès son premier essai, le poids à 13,75 m. Elle passe, également, 1,61 m pour obtenir la troisième place en hauteur[3].

Athlète complète, elle remporte treize titres de championne de France dans sept disciplines différentes, que ce soit dans des courses, lancers ou sauts (titres aux 60 m, 80 m, haies, 4 × 100 m, hauteur, poids, disque et pentathlon) et elle bat dix-neuf records de France (1 au 80 m haies, un en hauteur, dix au poids, quatre au disque et trois au pentathlon).

Elle sera également championne d'Afrique du Nord et du Liban en basket-ball.

Elle remporte deux nouvelles médailles de bronze aux championnats d'Europe de Bruxelles, sur 80 mètres haies et au lancer du poids en 1950, après ses médailles d'argent sur 100 m et au poids gagnées en 1946.

Elle arrête l'année suivante la compétition sportive après seulement neuf sélections en équipe de France A de 1946 à 1951 (elle sera également licenciée au Stade français en fin de carrière), pour se consacrer à la musique dans une carrière de concertiste, qu'elle exerce jusqu'à la fin de ses jours.

Elle passe les dernières années de sa vie à Grémonville (Seine-Maritime). Elle est immortalisée dans le geste du lancer du disque dans une statue en bronze de Jacques Gestalder érigée à l'INSEP.

"Douce, paisible, effacée, à l'opposé de toutes celles qui jouent les stars après avoir gagné un titre ou deux". (André Halphen printemps 2003)[4].

Elle était aussi la petite cousine de la journaliste québécoise Jocelyne Cazin née à Vire dans le Calvados en 1950.

Palmarès[modifier | modifier le code]

International[modifier | modifier le code]

Palmarès international
Date Compétition Lieu Résultat Épreuve Performance
1946 Championnats d'Europe Oslo 2e Lancer du poids 12,84 m
5e Saut en hauteur 1,57 m
1948 Jeux olympiques Londres 1re Lancer du poids 13,75 m
1re Lancer du disque 41,92 m
3e Saut en hauteur 1,61 m
1950 Championnats d'Europe Bruxelles 3e 80 m haies 11 s 7
3e Lancer du poids 13,37 m
4e Lancer du disque 41,22 m

National[modifier | modifier le code]

  • Championnats de France d'athlétisme[5] :
    • 60 m : 1re en 1948
    • 80 m haies : 1re en 1950
    • Saut en hauteur : 1re en 1947
    • Lancer du poids : 1re en 1945, 1946, 1947, 1948, 1950 et 1951
    • Lancer du disque : 1re en 1950
    • pentathlon : 1re en 1948 et 1950

Records de France[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Plaque de l'allée Micheline Ostermeyer à Lorient.
  • Chevalière de la Légion d'honneur, tardivement en 1992, grâce à l'intervention de Nelson Paillou (alors président du Comité national olympique français) pour réparer cet oubli.
  • Prix Guy Wildenstein de l'Académie des sports, en 1948.
  • Une rue ou une place porte son nom à côté du stade de France à Saint-Denis, à Yvetot (76), à Grémonville(76), à Buxerolles (Vienne 86), dans la banlieue de Poitiers ainsi qu'à Lorient (56) où elle fut durant de nombreuses années enseignante de piano à l’École nationale de Musique de Lorient.
  • Le complexe sportif de la ville de Rang-du-Fliers (sa ville de naissance) porte son nom
  • Le complexe sportif de la ville de Pierrelaye porte son nom.
  • Le complexe sportif de la ville de Petit-Couronne dans la Seine-Maritime porte son nom.
  • Le complexe sportif de la ville de Cléon dans la Seine-Maritime porte son nom.
  • Le Gymnase du lycée Jules-Guesde de Montpellier porte son nom
  • Le nouveau gymnase de la ZAC Pajol- 22 ter rue Pajol, à Paris (18e) et le gymnase du lycée Paul-Robert de la ville des Lilas en Seine-Saint-Denis portent son nom. Inauguré en 1996, il est l’œuvre de l'architecte français Roger Taillibert qui a également bâti le lycée.
  • Le stade d'athlétisme de l'ACPO, à Ocquerre, porte son nom depuis mars 2014.

Plusieurs villes honorent le nom de cette sportive musicienne notamment en lui consacrant leur gymnase : Villeneuve-Tolosane, Houilles, Vénissieux.

Trophée Micheline Ostermeyer[modifier | modifier le code]

Trois ans après sa mort, en 2004, est créé le Trophée Micheline Ostermeyer[6]. Il est attribué chaque année par l'association Club INSEP Alumni à un sportif ou une sportive de haut niveau dont le parcours, comme celui de Micheline, s'inscrit dans une double réussite sportive et autre. Le trophée est une petite réplique de la statue de bronze sculptée par Jacques Gestalder, représentant Micheline lançant le disque, et érigée en bordure du stade d'athlétisme Gilbert-Omnès de l'Insep.

Liste des lauréats[modifier | modifier le code]

2004 : Michel Jazy (athlète)
2005 : Yannick Noah (tennisman)
2006 : Isabelle Autissier (navigatrice)
2007 : Annie Famose (skieuse)
2008 : Alain Calmat (patineur artistique)
2009 : Stéphan Caron (nageur)
2010 : Jean-Claude Brondani (judoka)
2011 : Jean-Christophe Rolland (rameur)
2012 : Christine Janin (alpiniste)
2013 : Serge Blanco (rugbyman)
2014 : Brice Guyart (escrimeur)
2015 : Marie-Claire Restoux (judoka)
2016 : Stéphane Houdet (tennisman en fauteuil roulant)
2017 : Nicolas Hénard (navigateur)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « L’athlète musicienne », sur olympic.org, (consulté le 12 février 2018)
  2. 88 notes pour piano solo, Jean-Pierre Thiollet, Neva Editions, 2015, p. 90. (ISBN 978 2 3505 5192 0)
  3. « Hymne à la concertiste », chronique publiée dans le quotidien L'Équipe du samedi 28 juillet 2012.
  4. (fr) « Micheline Ostermeyer - Une très grande dame », sur cdm.athle.com
  5. DocAthlé2003, Fédération française d'athlétisme, p. 424
  6. http://www.achacunsoneverest-femmes.com/actualites/trophee-micheline-ostermeyer-_15.aspx

Liens externes[modifier | modifier le code]