Michelina Di Cesare

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Michelina De Cesare
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Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Michelina Di Cesare.

Michelina Di Cesare, née le à Caspoli, Royaume des Deux-Siciles – morte le à Mignano Monte Lungo, Royaume d'Italie, est une femme « brigand » italienne du temps du Risorgimento.

Biographie[modifier | modifier le code]

Michelina Di Cesare.jpg

Michelina Di Cesare est née dans une famille pauvre de Caspoli, frazione de Mignano Monte Lungo, dans la province de Terra di Lavoro, aujourd'hui province de Caserte. Son enfance s'est déroulée dans la difficulté, avec son frère[1],[2]. En effet, selon une note du maire de Mignano[3], Michelina était protagoniste depuis sa tendre enfance de petits vols et délits dans les environs de Caspoli.

En 1861, Michelina épouse le dénommé Rocco Zenga, qui meurt l'année suivante, puis en 1862, elle fait la connaissance de Francesco Guerra, un ancien soldat Bourbon, réfractaire au service militaire du nouvel État, qui a pris le maquis, rejoignant la bande Rafaniello[4] dont il prend le commandement en 1861, lors de la mort de ce dernier. Michelina le rejoint dans la clandestinité, comme le confirme l'interrogatoire du brigand Ercolino Rasti en 1863[5]. Selon certaines sources[Lesquelles ?], les deux se seraient unis dans l'église de Galluccio, mais il n'y a pas d'enregistrement de l'acte qui est confirmé dans un témoignage relatif à l'interrogatoire du 11 mai 1865 de Domenico Compagnone, qui parle de Michelina en la définissant comme Michelina Guerra moglie di quest'ultimo (Michelina Guerra, épouse de ce dernier)[5].

Le rôle joué par Michelina dans la bande est prédominant. En effet, elle est l'étroite collaboratrice de son homme, chef de bande. Cela est confirmé par le témoignage de Domenico Compagnone, qui pendant son interrogatoire ajoute : « Le groupe est composé de 21 individus, dont deux femmes qui accompagnent Fuoco et Guerra, dont celle de Guerra est aussi armée de fusils à deux coups et pistolet. Dans le groupe, [uniquement] les chefs sont équipés de fusils à deux coups et de pistolets, exception faite des deux chefs cités qui tiennent [seulement] des revolvers[5]. Donc, on peut en déduire que Michelina Di Cesare fait partie de la bande et que d'après les armes qu'elle porte, on peut estimer qu'elle fait partie des chefs reconnus.

La tactique de combat est la guérilla, avec des actions menées par petits groupes qui une fois l'attaque conclue se dispersent pour se réunir dans des lieux pré-établis.

La bande de Michelina, parfois seule, parfois avec d'autres bandes locales, est active de 1862 à 1868, comme indiqué dans la note du maire[3]dans le territoire montagneux de Mignano et les zones avoisinantes, effectuant des assauts, attaques à main armée, vols, enlèvements. En particulier, l'assaut au village de Galluccio, effectué avec un stratagème particulier : certains brigands travestis en carabiniers faisant semblant de conduire des brigands capturés.

Les actions continuèrent avec intensité même après 1865 alors que, dans d'autres zones du Sud, le brigandage avait été fortement réduit.

En 1868, le général Emilio Pallavicini di Priola est envoyé dans la zone avec les pleins pouvoirs. Usant la récompense pour délation et l'espionnage, c'est grâce à un espion que Michelina et son homme tombent dans un guet-apens.

Michelina est violentée à plusieurs reprises avant d'être tuée et son corps brutalisé[6].

Les brigands du groupe sont fusillés et leurs corps dénudés exposés avec celui de Michelina sur la place centrale de Mignano en guise d'avertissement pour la population locale.

Les photographies[modifier | modifier le code]

Michelina De Cesare2.JPG
Corps de Michelina Di Cesare, Exposé nu sur la place de Mignano

Di Cesare a fait un usage notable de la photographie à fin de propagande idéologique, en se faisant représenter comme une paysanne en costume traditionnel avec un fusil et un pistolet. Le photographe était peut-être au service des Bourbons.

Néanmoins, les images qui ont fait sensation sont celles de la propagande des Savoie. La guerre au brigandage fut aussi menée avec les médias avec l'usage fréquent de la photographie, qui en ces années connaissait ses premières diffusions à grande échelle. Les photographes suivaient les troupes unitaires ou étaient appelés sur le lieu de la capture ou de la mort des brigands.

Michelina Di Cesare, morte dans un échange de coups de feu, a été dénudée avec ses compagnons et photographiée ainsi. Sur les images, elle apparaît défigurée et tuméfiée, ce qui a laissé penser à l'opinion qu'elle serait morte sous la torture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le biographe Maurizio Restivo, le nom du frère de Michelina serait d'après Valentino Romano, Giovanni Di Cesare ; selon le temoignage du brigand Domenico Compagnone, son nom serait Domenico Di Cesare
  2. Maurizio Restivo, Ritratti di Brigantesse, Manduria, Piero Lacaita Edit Domenico Cf. Valentino Romano, Brigantesse, Naples, Controcorrente Edizioni, 2007.
  3. a et b Comme rapporté par Maurizio Restivo, dans Maurizio Restivo, op. cit.
  4. Pseudonyme de Domenicangelo Cecchino.
  5. a b et c Valentino Romano, Brigantesse, Naples, Controcorrente Edizioni, 2007.
  6. Cf. Giordano Bruno Guerri, Il sangue del Sud, Mondadori, 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Fulvio D'Amore, Michelina Di Cesare guerrigliera per amore, Controcorrente, 2012, (ISBN 978-88-89015-96-4)
  • (it) Maurizio Restivo, Ritratti di Brigantesse, Piero Lacaita Editore, Manduria, 1997
  • (it) Valentino Romano, Brigantesse, Controcorrente Edizioni, Naples, 2007

Source de traduction[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]