Michel Seymour

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Michel Seymour
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Michel Seymour (né en 1954 à Montréal) est un philosophe et un professeur québécois retraité. Il a enseigné à l'Université de Montréal de 1990 à 2019.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir étudié à l'Université du Québec à Montréal puis obtenu son doctorat à l'Université de Trois-Rivières en 1986, doctorat qu'il a rédigé en partie à Oxford, il poursuit ses recherches à l'Université de Californie à Los Angeles et devient boursier du Canada. Il a présidé la Société de Philosophie du Québec de 1994 à 1996 [1].

Seymour a publié dans plusieurs revues philosophiques, dont Journal of Philosophy et Philosophical Studies. Il s'est surtout intéressé à la philosophie politique, à la philosophie du langage et à la philosophie de l'esprit.

Idées principales[modifier | modifier le code]

En philosophie du langage, Michel Seymour défend une conception institutionnelle et communautaire du langage inspirée en partie de la philosophie du langage de Ludwig Wittgenstein qu'il oppose notamment à l'idéalisme de Gottlob Frege, à l'innéisme de Noam Chomsky et au psychologisme de John Searle[2]. Pour Seymour, parler un langage est une activité gouvernée par des règles qui expriment les conditions d'usage des expressions. Les règles sont déterminées par des conventions sociales. La signification des expressions est indéterminée, puisque les règles ne peuvent anticiper tous les cas particuliers[3]. Il développe en ce sens une sémantique des conditions d'assertabilité inspirée de Saul Kripke qui rapproche la signification des expressions de leur usage conventionnel[4].

En philosophie politique, Seymour s'inspire du libéralisme politique de John Rawls pour défendre des droits collectifs égaux en légitimité et importance aux droits individuels, ce qui l'oppose notamment à la position de Will Kymlicka sur le sujet. Selon Seymour, un libéralisme bien compris ne doit pas se satisfaire d'une attitude de tolérance basée sur le respect, mais établir une attitude de reconnaissance basée sur l'estime devant se traduire par des politiques gouvernementales visant la valorisation des peuples[5]. Seymour s'appuie sur ce libéralisme politique pour défendre une conception inclusive de la laïcité qui exige que les institutions soient neutres mais que les personnes soient libres, permettant aux employés de l'État de porter des signes religieux à moins qu'ils occupent un poste d'autorité suprême (Président, juge de la Cour Suprême, etc)[6].

Il est également connu pour son appui à la souveraineté du Québec. Il a d'ailleurs été président de l'organisme Intellectuels pour la souveraineté de 1996 à 1999[7].

Ouvrages publiés[modifier | modifier le code]

  • Une nation peut-elle se donner la constitution de son choix, 1992
  • Pensée, langage et communauté. Une perspective anti-individualiste, 1994
  • La Nation en question, 1999
  • Nationalité, citoyenneté et solidarité, 1999
  • Le Pari de la démesure, 2001
  • L'Institution du langage, 2005
  • Profession: Philosophe, 2006
  • De la tolérance à la reconnaissance, 2008
  • Une idée de l'université. Propositions d'un professeur militant, 2013
  • La nation pluraliste, 2013 (co-écrit avec Jérome Gosselin-Tapp)

Honneurs[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://pages.infinit.net/mseymour/fr-frame/f_portail.html
  2. Dubreuil, Benoît, « Michel Seymour, L'institution du langage », Revue Philosophique de Louvain, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 104, no 2,‎ , p. 447–452 (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  3. Pascal Engel, Recension de L'institution du langage, Philosophiques, 2007
  4. Michel Seymour, L'institution du langage, Presses de l'université de Montréal, 2005, pp. 21-25
  5. Tavaglione, Nicolas, « Michel Seymour, De la tolérance à la reconnaissance. Une théorie libérale des droits collectifs, Montréal, Boréal, 2008, 704 p. – Philosophiques », Philosophiques, vol. 37, no 2,‎ , p. 527–533 (ISSN 1492-1391, DOI https://doi.org/10.7202/045199ar, lire en ligne, consulté le ).
  6. « Pour une interdiction des signes religieux au sommet de l’État », sur Le Devoir (consulté le ).
  7. https://www.parolesdechercheurs.com/michel-seymour

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]