Michel Junot

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Michel Junot
Fonctions
Député européen

(1 an, 6 mois et 24 jours)
Prédécesseur Maurice Doublet
Successeur Roger Gauthier
Député de la 2e circonscription de Paris

(3 ans, 10 mois et 9 jours)
Législature 1re (Ve République)
Prédécesseur circonscription créée
Successeur Jean Sainteny
Maire de Nanteuil-le-Haudouin (Oise)

(1 an)
Successeur Jean-Pierre Hanniet
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès (à 91 ans)
Parti politique IPAS
RPR
Profession Haut fonctionnaire

Michel Junot, né le dans le 14e arrondissement de Paris et décédé le , est un haut fonctionnaire et un homme politique français, député de l’ancienne deuxième circonscription de la Seine de 1958 à 1962.

Études et vie privée[modifier | modifier le code]

Il effectue ses études aux lycées Carnot et Janson-de-Sailly puis à la Faculté de droit de Paris. Il obtient une licence en droit et un DES de droit public.

En 1979, il adhère au Cercle renaissance[1].

Marié trois fois, il aura quatre enfants.

Chronologie de sa carrière préfectorale[2][modifier | modifier le code]

Le , il est nommé chef de cabinet du commissaire général au tourisme.

De 1958 à 1962, il est député de ce qui était alors la 2e circonscription de la Seine.

  •  : Il reprend sa carrière préfectorale comme détaché en qualité de conseiller technique du ministre des finances de la Côte-d'Ivoire jusqu'en juillet 1965.
  •  : en disponibilité jusqu'à sa retraite le [3].

Carrière politique et autre[modifier | modifier le code]

Député de la Seine sous l'étiquette "Indépendants et paysans d'action sociale" de 1958 à 1962, président d'honneur de la Maison de l'Europe, il est président d'honneur du Centre national des indépendants et paysans.

En 1969, il est administrateur de diverses sociétés; il devient en 1975 P.D.G. des Ascenseurs Westinghouse, et cela jusqu'à la revente des filiale française des Ascenseurs Westinghouse à KONO, puis il est de 1975 à 1977 P.D.G. de Westinghouse électrique France, et délégué du groupe en France.

En 1976, il est élu maire de Nanteuil-le-Haudouin (Oise) puis est choisi en 26e position par Jacques Chirac dans sa conquête de la mairie de Paris en 1977, devenant un de ses maires-adjoints. Il devient ensuite médiateur municipal[3].

Il a été député européen du au [4].

Proche d'Alain Griotteray, Michel Junot est politiquement considéré comme étant un conservateur. Proche de Chirac jusqu'en 1986, il est favorable à l'unification des partis de droite et ce serait pour avoir proposé à Jacques Chirac un rapprochement avec Jean-Marie Le Pen qu'il aurait été exclu du cercle de ses proches[5].

À la fin des années 1990, il participe à la fondation de la Droite libérale-chrétienne de Charles Millon avec Claude Reichman, Alain Griotteray et Michel Poniatowski. Michel Junot est un invité récurrent de Radio Courtoisie.

Son fils, Philippe Junot, homme d'affaires et play-boy épouse en 1978 Caroline de Monaco, dont il divorcera deux ans plus tard après quatre ans de vie commune[3].

Poursuite judiciaire pour complicité de crime contre l’humanité[modifier | modifier le code]

Ancien sous-préfet de Pithiviers (Loiret, département où se trouvaient deux importants camps d'internement pendant la Deuxième guerre mondiale, à Beaune-la-Rolande et à Pithiviers même), Michel Junot a été entendu comme témoin puis comme témoin assisté dans le cadre d'une information judiciaire pour « complicité de crime contre l'humanité » ouverte contre X en février par le parquet de Paris à la suite d'une plainte déposée contre lui un mois plus tôt par M. Marc Korenbajzer, dont la demi-sœur, alors âgée de trois ans, avait été arrêtée lors de la rafle du Vel d’Hiv le 17 juillet 1942, internée au camp de Beaune-la-Rolande, dans l'arrondissement de Pithiviers, puis déportée et assassinée à Auschwitz respectivement les 25 et 31 août 1942. M. Korenbajzer avait expliqué fonder sa plainte sur des documents retrouvés aux archives nationales et départementales du Loiret démontrant que Michel Junot, en poste à partir du 16 juin 1942 (jusqu'en août 1943= puis de nouveau entre fin octobre 1943 et janvier 1944), avait un pouvoir de contrôle et de supervision sur les camps d'internements. M. Junot affirmait pour sa part n'avoir pris officiellement ses fonctions de sous-préfet que le 26 août 1942 (même si son procès-verbal d'installation était signé à la date du 16 juin 1942). M. Junot défendait avoir travaillé entre juin et au secrétariat général de l'administration à Vichy, puis être parti en vacances. Il réfutait également tout pouvoir administratif sur les camps d'internement qui, selon lui, relevait de la préfecture du Loiret, n'apprenant leur existence qu'à la date de son installation.

M. Junot niait également avoir participé, en tant que chef de cabinet du Secrétaire général pour l'administration, à la réunion du 6 juillet 1942 à Paris des préfets régionaux où fut évoquée la mise en place de la politique d’arrestation massive des Juifs conformément aux accords Oberg-Bousquet tandis que la partie civile mettait en avant qu'elle avait retrouvé un document attestant de sa présence.

Les journaux Le Point et surtout L'Humanité[6] se firent en particulier les relais de ces accusastions.

M. Junot poursuivit en justice France Info qui diffusait l'accusation en boucle toute la journée, et Radio France fut condamnée pour diffamation par la Justice française et la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg[7]. Pour leur part, Jacques Chirac et Serge Klarsfeld prirent sa défense.

Déjà en 1997 Michel Junot avait gagné neuf procès en diffamation[8].

La disparition de Michel Junot a mis fin à cette nouvelle instruction judiciaire.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France : répertoire critique, Lyon, Presses universitaires de Lyon, , 526 p. (ISBN 2-7297-0416-7), p. 352.
  2. René Bargeton, Dictionnaire biographique des préfets : septembre 1870-mai 1982, Archives nationales ; 1994 - Paris page 312
  3. a b et c Michel Junot (nécrologie), Xavier Ternisien, Le Monde, 27-28 juillet 2008
  4. « Fiche personnelle de Michel Junot », Parlement Européen (consulté le 27 juillet 2008)
  5. "Décès de l'ancien député de Paris Michel Junot, Marguerite Lefebvre, le Figaro, 22 juillet 2008
  6. Le Passé de Michel Junot en question - L'Humanite
  7. http://www.echr.coe.int/ECHR/RedirectionEnFr.htm
  8. L'ancien Sous-Préfet Michel Junot gagne neuf procès en diffamation La Croix, 9 novembre 1997

Liens externes[modifier | modifier le code]