Michel Hervé (homme politique)

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Michel Hervé
Fonctions
Député des Deux-Sèvres
Maire de Parthenay
Prédécesseur Armand Jubien
Successeur Xavier Argenton
Biographie
Date de naissance (77 ans)
Lieu de naissance Parthenay
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste

Michel Hervé, né le à Parthenay, est un entrepreneur, homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Michel Hervé fait ses études aux lycées Chevrollier à Angers et Descartes à Tours ; il est diplômé de l'Institut français du froid industriel, avant de fonder, en 1972, le Groupe Hervé, spécialisé dans l'installation et la maintenance de climatisations[1]. Il est Professeur associé à l'Université Paris VIII-Vincennes[réf. souhaitée].

Michel Hervé s'implique en politique au sein du Parti socialiste. Il est maire de Parthenay pendant 22 ans à partir de la fin des années 1970. Il est également élu conseiller régional de Poitou-Charentes (1986-1998)[1].

En 1986, il devient député des Deux-Sèvres. Il est également vice-président de la fédération des élus socialistes et trésorier de l'association des Maires de France.

En 1989, il devient parlementaire européen où il fonde l’Intergroupe Tibet du Parlement européen[2],[3].

Il publie plusieurs livres pour théoriser ses principes managériaux, notamment avec la Docteur ès lettres Élisabeth Bourguinat[4], le philosophe Thibaud Brière[5], ou le sociologue Alain d'Iribarne[4]. Ségolène Royal a préfacé l'un de ses livres[6].

Détail des fonctions et des mandats[modifier | modifier le code]

  • 1979 - 2001 : maire de Parthenay et président du district
  • -  : député des Deux-Sèvres
  • 1986 - 1998 : conseiller régional de Poitou-Charentes
  • 1989 - 1994 : député européen

Principes managériaux[modifier | modifier le code]

Comme chef d'entreprise, Michel Hervé dit s'être inspiré de ses lectures d'Hannah Arendt pour penser un mode de management où les hommes ne peuvent se défausser de la responsabilité de leurs actions sous prétexte qu'ils auraient simplement « obéi aux ordres » édictés par une figure d'autorité[7]. Trois principes sont affichés pour ce faire : pas d'exécutants, ce qui veut dire que chacun doit être partie prenante aux décisions qu'il sera tenu d'afficher et pas de chef ou d'expert dont la figure d'autorité serait telle qu'elle permettrait aux autres de se défausser de leur responsabilité inhérente[8],[9].

Ces principes et leur mise en œuvre concrète au sein du Groupe Hervé donnent lieu à des critiques, mentionnant notamment des accusations de classement des salariés[10] et selon trois anciens salariés licenciés, "une ambiance pesante",[11]. Un ancien salarié indique au Monde que « la liberté critique dans le groupe est une fumisterie, une vitrine… [...]. A l’intérieur tout n’est que mensonge et manipulation »[12].

Le Groupe Hervé y a répondu par le biais d’un droit de réponse[13]. Selon son patron, tous les représentants du personnel et syndicaux l'ont également démenti en CSE[12], ce qu'indique le communiqué du 3 février 2021 de la CFDT, syndicat majoritaire du groupe : « En date du 19 janvier 2021 le Comité Social et Economique Central du groupe Hervé a été consulté sur le questionnement de la cellule investigation de radio France. Celui-ci a répondu à l’ensemble des questions par la négative à l’unanimité. En conclusion, la CFDT affirme qu’il n’existe aucune grille d’évaluation, aucun fichier et aucun classement dans le groupe Hervé attribuant des qualificatifs animaliers à ses collaborateurs »[14], ce qu'un panel d'une quinzaine de salariés confirme à deux auteurs en 2021[15].

Mécénat[modifier | modifier le code]

Dans une enquête sur la Fondation de Ségolène Royal, la cellule investigation de Radio France révèle que le groupe Hervé aurait financé la fondation à travers un don et qu'il lui mettrait à disposition un « grand appartement, à deux pas de la Tour Eiffel », utilisé comme siège par sa fondation[16].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c CR, « Entretien avec Michel Hervé, entrepreneur, pionnier de la démocratie participative et du numérique », sur Le Petit Economiste, (consulté le )
  2. (en) « Intergroup for Tibet », sur le site de la Campagne internationale pour le Tibet
  3. (en) Nils Ringe, Jennifer N Victor, Christopher J Carman, Bridging the Information Gap. Legislative Member Organizations as Social Networks in the United States and the European Union, Ann Arbor : The University of Michigan Press, 2013, (ISBN 9780472118809 et 0472118803), p. 159
  4. a et b Michel Hervé, Élisabeth Bourguinat et Alain d'Iribarne, De la pyramide aux réseaux : récits d'une expérience de démocratie participative, Autrement, (ISBN 978-2-7467-0982-9, OCLC 421799372)
  5. Michel Hervé et Thibaud Brière, Le pouvoir au-delà du pouvoir l'exigence de démocratie dans toute organisation, F. Bourin, impr. 2011 (ISBN 978-2-84941-284-8, OCLC 801041158)
  6. « Quid de la démocratie participative dans l'entreprise ? », sur Les Echos, (consulté le )
  7. Capucine Bertrand et Christine Dimajo Donati, Management à bout de souffle : Favoriser l'intelligence des collectifs avec une nouvelle éthique managériale, Diateino, (ISBN 978-2-35456-387-5), p. 29
  8. Laurent Karsenty, Libérer l'entreprise, ça marche ?, Octarès, coll. « Le Travail en débats », (ISBN 978-2-36630-098-7, OCLC 1131724631)
  9. Christophe Assens, Réseaux : les nouvelles règles du jeu, VA presse, (ISBN 2360931113)
  10. Sylvain Tronchet, « Le Groupe Hervé ou le mirage du "management concertatif" », sur France Culture, (consulté le )
  11. Alexandre Métivier, « Renard, dauphin, mouton: des salariés du groupe Hervé ont-il été fichés de cette manière ? », sur La Nouvelle République, (consulté le )
  12. a et b « Entreprise libérée : quand la libération vire à la guerre », sur Le Monde, (consulté le )
  13. « Droit de réponse du Groupe Hervé, selon l'article 6 IV de la Loi du 21 juin 2004 », sur La Nouvelle République, (consulté le )
  14. Julien Granata, Annabelle Jaouen, Management libéré, Dunod, (ISBN 2100820877), p. 151
  15. Julien Granata, Annabelle Jaouen, Management libéré, Dunod, (ISBN 2100820877), p. 150
  16. Sylvain Tronchet, « La fondation de Ségolène Royal : beaucoup de bruit pour (presque) rien ? », sur France Info, (consulté le )
  17. « L'innovation doit fabriquer du lien social », sur Horizons Publics, (consulté le )
  18. a et b Édouard Daniel, « Michel Hervé : « Il est indispensable d’avoir un peu de nouveauté » pour Parthenay », sur La Nouvelle République, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]