Michel Faure (journaliste)

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Michel Faure, né le à Neuilly-sur-Seine, est un journaliste et écrivain français, spécialiste de l'Amérique latine. Il est membre de l'Association de la presse diplomatique française (APDF) et du Centre d'analyse des risques internationaux (CARIN).

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

Titulaire d'une licence en Droit de l'Université Paris II (1973) et diplômé de l'Institut d'Études Politiques de Paris (1973), Michel Faure est diplômé un an plus tard du Centre de Formation des journalistes (CFJ) à Paris.

Stagiaire au service financier de l'agence Reuters, puis à l'Agence France-Presse (AFP), il part en Ouganda en février 1975 comme coopérant, au titre du service national, pour diriger l'agence de presse locale, la Uganda News Agency (UNA) dans des conditions difficiles alors que ce pays d'Afrique de l'Est est présidé par Idi Amin Dada (1).

À son retour à Paris, en mai 1976, il est engagé par l'Agence France-Presse qui le nomme en 1978 rédacteur au bureau de New York. Il couvre notamment pour l'AFP l'accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island, en Pennsylvanie, en 1979. Il quitte l'AFP à la fin de la même année pour se lancer dans l'aventure de Paris-Hebdo, un "city-magazine" à l'américaine publié par Jean-Louis Servan Schreiber et dirigé par Jean-François Fogel et Jean-Louis Hue. Ce magazine n'a pas rencontré son public et s'arrête en mars 1980, trois mois après son lancement.

Journaliste à Libération[modifier | modifier le code]

Michel Faure entre en avril 1980 au service Étranger du quotidien Libération, d'abord comme reporter, puis, de mai 1981 à janvier 1983, comme chef de ce service.

En janvier 1983, il devient le correspondant de Libération à Washington. Il y reste quatre ans et écrit quasiment tous les jours un article sur cette nouvelle Amérique de Ronald Reagan. Avec six autres correspondants de quotidiens étrangers représentant chacun un pays du G7, il est le Français du groupe et réalise avec ses confrères à la Maison Blanche une longue interview collective du président américain à la veille du sommet de Bonn, en mai 1985. Durant ce séjour à Washington, il suit aussi les conflits d'Amérique centrale et part à Mexico comme envoyé spécial à l'occasion du grand tremblement de terre du 19 septembre 1985 qui fait plus de dix mille morts et trente mille blessés.

En janvier 1987, Michel Faure est nommé correspondant de Libération en République Fédérale d'Allemagne (RFA) et s'installe à Bonn, sa capitale. Il écrit l'actualité d'un pays divisé en première ligne d'une Guerre froide finissante. Il collabore à deux numéros spéciaux du journal britannique The Financial Times sur l'Allemagne (2).Il devient également le correspondant en Allemagne du service français de la BBC.

En mai 1989, il rejoint le magazine L'Express comme grand reporter et quitte Bonn avec des sentiments mêlés qu'il exprime dans un article de Libération (3) et dans la revue Débats (4)

Journaliste à L'Express[modifier | modifier le code]

Michel Faure entre à L'Express alors que s'ouvre, après la chute du Mur de Berlin, une nouvelle ère en Europe de l'Est et dans l'URSS agonisante. Il réalise de nombreux reportages dans cette région, dont l'un dans la ville natale de Lénine, Oulianovsk, en janvier 1990, où s'expriment les frustrations et les espérances de citoyens soviétiques ordinaires en cette période de perestroika et de glasnost (5). Dans le cadre d'une collaboration entre L'Express et la radio Europe 1, il réalise au printemps 1993, avec le journaliste d'Europe 1 François Clauss, une série d'articles et d'interviews durant huit semaines intitulée "Réinventons la France". Une autre série, en mars 1994, réunissant toujours les deux médias et les deux mêmes journalistes, est constituée de reportages, écrits et sonores, et d'entretiens avec l'historien du Moyen-Âge Georges Duby, intitulée "An 1000, an 2000, enquête sur la fin des millénaires". De cette série sera publié un livre, "An 1000, an 2000, sur les traces de nos peurs", publié par Textuel en 1995. En 1994, la nouvelle directrice de la rédaction, Christine Ockrent, charge Michel Faure de suivre la campagne présidentielle de 1995. Il publie des "Carnets de campagne" (6) et un billet politique hebdomadaire(7).

En 1996, il renoue avec les grands reportages et s'intéresse plus particulièrement à l'Espagne et à l'Amérique latine (8). Il publie de nombreuses interviews de personnalités latino-américaines, du président mexicain Vicente Fox au chanteur brésilien Caetano Veloso, en passant par Rigoberta Manchu, prix Nobel de la paix, le candidat Lula, le président Fernando Henrique Cardoso, son homologue colombien Andres Pastrana, l'architecte Oscar Niemeyer, le poète argentin Juan Gelman ou Osvaldo Paya, le dissident cubain.

Après le refus de la direction de la rédaction de le laisser s'installer à Madrid pour y suivre au plus près l'actualité de l'Espagne et de l'Amérique latine, il décide de quitter L'Express le 31 décembre 2004.

Journaliste indépendant[modifier | modifier le code]

Michel Faure devient journaliste indépendant. Il écrit, notamment sur l'Espagne et le Portugal, pour Ouest-France, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, la Revue des deux Mondes, la revue Politique Internationale, Le Monde et Le Monde 2, le magazine hebdomadaire du quotidien. Durant le Printemps 2006, il réalise au Chili, au Pérou, au Brésil, en Equateur, au Nicaragua et au Venezuela une série d'été pour le quotidien Le Monde sur la montée de la gauche en Amérique latine (9). Cette série est reprise par le quotidien Le Temps, de Genève (10) et par le Guardian Weekly au Royaume-Uni (11)

Il collabore avec le site web Rue 89 en 2010 et ouvre une rubrique, "Panamericana", qui traite de l'actualité latino-américaine. Il écrit également sur la politique française et l'Europe pour les sites web Atlantico et Contrepoints.

Enfin, depuis le début des années 1990 et jusqu'à la fin de la publication, en 2016, il a tenu une chronique sur la société française, "Temps Modernes", dans France Magazine, un trimestriel publié à Washington.

Consultant[modifier | modifier le code]

En 2008, il écrit le "Livre Blanc" de la Fondation Nestlé en France, à l'occasion de la création de celle-ci, et participe, en tant que consultant jusqu'en 2016, à l'élaboration du magazine interne de l'entreprise.

Militant libéral[modifier | modifier le code]

De 2013 à 2019, Michel Faure a été membre du bureau national du Parti libéral démocrate (PLD). Il quitte le PLD quand celui-ci se dissous en rejoignant Objectif France en 2019. Il quitte la même année le parti européen ALDE (Alliance des libéraux et démocrates européens) qu'il avait rejoint en 2017 en tant que membre individuel quand celui-ci s'associe en vue des élections européennes avec La République en Marche.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Duby, an 1000, an 2000, sur les traces de nos peurs, entretiens conduits par François Clauss (Europe 1) et Michel Faure (L'Express), Paris, Textuel, 1997.
  • L'Espagne de Juan Carlos, pays prospère, nation fragile, Paris, Perrin, 2008.
  • Au coeur de l'Espoir, en collaboration avec Eric Cheysson, Paris, Robert Laffont, 2012.
  • Une Histoire du Brésil, Paris, Perrin, 2016.
  • Cuba, Paris, Éditions du Chêne, Collection Grands Voyageurs, 2016.
  • Cuba en 100 questions, Paris, Tallandier, 2017.
  • "Augusto Pinochet, tyran libéral", Le Siècle des dictateurs sous la direction d'Olivier Guez, p : 331 - 347, Paris, Perrin / Le Point, 2019.
  • L'Arrogance du bistouri, les confessions d'un chirurgien sans masque, en collaboration avec Eric Cheysson, Paris, Hugo & Cie, 2019.

Traductions[modifier | modifier le code]

  • David Rothkopf, La Caste, Paris, Robert Laffont, 2009.
  • Jonathan Franklin, Enterrés vivants, la véritable histoire des 33 mineurs chiliens (en collaboration), Paris, Robert Laffont, 2011.
  • Izzeldine Abulaish, Je ne haïrai pas, Paris, Robert Laffont, 2011.
  • Peter L. Bergen, Chasse à l'homme. Du 11 septembre à Abbottabad, l'incroyable traque de Ben Laden (en collaboration), Paris, Robert Laffont, 2012.
  • Boris Johnson, Une autre histoire de Londres, Paris, Robert Laffont, 2013.
  • Qais Akbar Omar, Kaboul était un vaste jardin, histoire d'une famille afghane, Paris, Robert Laffont, 2014.
  • Kate Williams, Joséphine, désir et ambition, Paris, Robert Laffont, 2015.
  • Un Royaume d'olives et de cendres (26 écrivains, 50 ans de territoires occupés), (en collaboration), Paris, Robert Laffont, 2017.
  • Michael Wolff, Le Feu et la fureur, (en collaboration),Paris, Robert Laffont, 2018.