Michel Erhart

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Michel Erhart
Ravensburger Schutzmantelmadonna.jpg
Vierge de miséricorde de Ravensburg (vers 1480–1490), musée de Bode, Berlin.
Décès
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Activité
Lieu de travail

Michel Erhart ou Michael Erhart, né entre 1440 et 1445 et mort après 1522 à Ulm, est un sculpteur sur bois et sur pierre allemand de style « gothique tardif » qui a travaillé et vécu à Ulm. Il est un membre éminent de l'école d'Ulm.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Après ses années de compagnonnage qui le conduisent entre autres à Constance et à Strasbourg, et probablement aussi aux Pays-Bas, Erhart s'installe à Ulm, alors ville libre d'Empire. Sa présence y est documentée de 1469 à 1522[1].

À Ulm, Erhart travaille d'abord dans l'atelier de Jörg Syrlin l'Ancien et participe à la décoration du cœur du Ulmer Münster. Il reçoit ensuite une commande pour de quelques panneaux[2] pour le maître-autel perdu du Münster ; à partir de 1474, Erhart a son propre atelier avec plusieurs compagnons. Son œuvre est poursuivie par ses fils Gregor Erhart et Bernhard Erhart.

Michel Erhart reçoit aussi des commandes en dehors d'Ulm[1] : ainsi, Ulrich Fugger commande en 1485 un retable dédié à saint Denis pour la basilique Saint-Ulrich-et-Sainte-Afre d'Augsbourg. Les relations avec Augsbourg et les Fugger sont fortifiées par le mariage des deux filles de Michel Erhart avec des membres de la famille Fugger, et leur déménagement à Augsbourg. En 1494, le fils Gregor les suit à Augsbourg, où il installe son propre atelier, ce qui n’empêche pas d'autres commandes de la contrée. Ainsi, le monastère Saint-Ulrich lui achète deux crucifix en 1495 et commande, en 1509, deux anges suspendus. En 1493, l'abbaye de Weingarten lui commande, avec Hans Holbein l'Ancien un retable dont ne restent que des panneaux peints, conservés à la cathédrale d'Augsbourg. Le crucifix de l’église Saint-Michel de Schwäbisch Hall de 1494 est la seule œuvre signée de Michel Erhart.

À une époque plus tardive, Michel Erhart est aidé, dans son atelier d'Ulm, par son fils Bernard, avec lequel il réalise encore en 1516-1518 des sculptures en pierre pour un calvaire sur la façade sud de la cathédrale.

Dans son style, Erhart montre l'influence du style réaliste et sensible aux volumes initié par le sculpteur flamand Nicolas Gerhaert de Leyde et dont il a étudié les œuvres à Strasbourg ; il a peut-être même travaillé dans son atelier. On retrouve aussi des influences du peintre Rogier van der Weyden.

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

Les œuvres les plus célèbres de Michel Erhart comprennent les jouées des bancs des stalles dans la cathédrale d'Ulm, anciennement attribuées à Jörg Syrlin l'Ancien[3].

Le maître-autel de Blaubeuren[modifier | modifier le code]

Maître-autel de Blaubeuren, 1493.

Une des œuvres importantes est le maître-autel de l’église de l'ancienne abbaye bénédictine de Blaubeuren (de), réalisé entre 1493 et 1494 par Michel Erhart et son fils Gregor Erhart, a une hauteur de près de douze mètres. C'est un retable avec une caisse centrale à décor sculpté et deux paires de volets à décor sculpté et peint. La prédelle est divisée en trois champs par des colonnettes à pinacles, reliées par des voûtes. Les personnages, en relief et en buste, sont au centre Jésus-Christ entouré des apôtres Pierre et de Jean l’Évangéliste, dans les deux autres champs chaque fois cinq autres apôtres. Au centre de la huche est une statue de la Vierge à l'Enfant en ronde bosse, debout sur une demi-lune, juchée sur un piédestal plus haut que celui des figures à ses côtés. À gauche Jean-Baptiste et saint Benoît, fondateur de l'ordre des Bénédictins, à droite Jean l'Évangéliste et sainte Scolastique, fondatrice de la branche féminine de l'ordre des Bénédictines.

Le volet gauche montre une Nativité, le volet droit une Adoration des mages, les deux en relief sur fond peint. Au centre de la superstructure une figure du Christ de douleur, entouré de deux anges portant les instruments de la Passion. Dans les superstructures latérales on voit Marie et Jean et, en-dessous d'eux, à chaque fois trois saints. Les petits panneaux au-dessus des volets montrent à gauche Heinrich Fabri, évêque et abbé, et à droite le duc Eberhard V de Wurtemberg[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (de) Gertrud Otto, « Erhart, Michel », dans Neue Deutsche Biographie (NDB), vol. 4, Berlin 1959, Duncker & Humblot, p. 583–584 (original numérisé)..
  2. Le détail de la commande n'est pas documenté.
  3. La recherche en histoire de l'art depuis 1977, notamment Deutsch (1977), Gropp (1999) et le catalogue d'exposition Michel Erhart & Jörg Syrlin d.Ä. : Spätgotik in Ulm (2002).
  4. Die schöne Ulmerin sur Museum digital.
  5. Baumgartner, Mathias; Schömann, Bernhard; Stahleder, Erich: Stifts- und Pfarrkirche St. Martin Landshut (guide d'église spirituel). Schnell & Steiner, Regensburg 2003, 2 édition actualisée 2010; p. 22. (ISBN 978-3-7954-1578-5).
  6. Uwe Geese, « Skulpturen der Gotik in Frankreich, Italien, Deutschland und England », dans Rolf Toman (éditeur), Die Kunst der Gotik, Architektur-Skulptur-Malerei, Cologne,


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Brigitte Reinhardt, Stefan Roller et Ulmer Museum (éditeurs), Michel Erhart & Jörg Syrlin d.Ä. : Spätgotik in Ulm, Stuttgart, Konrad Theiss Verlag, , 387 p. (ISBN 3-8062-1718-1) — Catalogue de l’exposition du au , à Ulm.
  • Barbara Maier-Lörcher, Meisterwerke Ulmer Kunst, Ostfildern, édité par la Süddeutsche Verlags-Gesellschaft Ulm, Thorbecke-Verlag, , 159 p. (ISBN 3-7995-8004-2).
  • (de) Franz Härle, Das Chorgestühl im Ulmer Münster, Langenau, 2000, (ISBN 3-88360-115-2).
  • David Gropp, Das Ulmer Chorgestühl und Jörg Syrlin der Ältere. Untersuchungen zu Architektur und Bildwerk, Berlin, coll. « Neue Forschungen zur deutschen Kunst » (no 4),
  • Wolfgang Deutsch, « Der ehemalige Hochaltar und das Chorgestühl. Zur Syrlin- und zur Bildhauerfrage », dans Hans Eugen Specker et Reinhard Wortmann (éditeurs), 600 Jahre Ulmer Münster, Ulm, , p. 242-322

Liens externes[modifier | modifier le code]

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