Michel Ardouin

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Michel Ardouin
Information
Naissance
Neuilly-sur-Seine, France
Décès (à 70 ans)
Paris 20e, France
Cause du décès Accident vasculaire cérébral
Surnom Porte-Avions
Sentence quinze ans : braquages, assassinats, proxénétisme, grossiste en stupéfiants
Pays Drapeau de la France France
Régions Île-de-France
Ville Paris

Michel Ardouin, né le à Neuilly-sur-Seine et mort le à Paris, dit « Porte-avions » en raison de sa stature imposante (1,87 m et 120 kg) et de l'impressionnant arsenal d'armes de différents calibres qu'il portait en toutes occasions, est une figure du milieu du banditisme parisien des années 1970-1980, et qui doit sa notoriété publique à son association avec Mesrine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Michel Jean Pierre Ardouin naît le à Neuilly-sur-Seine[1] dans une famille de la bourgeoisie industrielle, sa mère est la fille d'Auguste Barrat, producteur de champagne. Il choisit à quinze ans la vie de voyou. Il est rattrapé à dix-sept ans et demi par la maréchaussée qui le contraint à s'engager dans la Marine nationale. L'aventure est un échec. Il atterrit rapidement à la centrale interarmées disciplinaire de Mers el-Kébir[réf. nécessaire].

Début dans le proxénétisme[modifier | modifier le code]

À dix-huit ans, il commence ses activités de proxénète, à Toulon[2]. En 1965, il assassine un autre proxénète, Henri le gitan, à la sortie d'un bar[2]. En 1968, Michel Ardouin s'installe en Espagne[3]. Il se fait une place dans le milieu de la prostitution à Barcelone en plaçant des prostituées à des endroits stratégiques de la ville[2].

Proxénétisme : Latino Connexion[modifier | modifier le code]

Durant son séjour barcelonais, il est recruté par la Latino Connexion dont il devient l’un des tueurs[4]. Sa mission est d'aller récupérer les hommes qui partaient avec l'argent et supprimaient les recruteurs de passeurs arrêtés pour éviter que le réseau tout entier ne s'écroule[5].

Il franchit un palier supplémentaire dans la prostitution et le grand banditisme. Désormais c'est en Argentine et au Paraguay que Michel Ardouin « gère » ses affaires[2]. Au cours d'une mission, sa compagne est tuée d'une balle dans la tête, au Paraguay, tandis qu'il reçoit neuf plombs de chevrotines, qui lui ouvrent le ventre sur 72 cm[2]. Il passera une partie de sa vie à traquer les assassins de sa femme pour les tuer.

Complice de Jacques Mesrine[modifier | modifier le code]

Il doit sa notoriété dans les médias à sa complicité avec Jacques Mesrine, avec lequel il a braqué quatre-vingt-dix banques en dix-huit mois, de 1972 à 1973. Il a participé le à l'évasion spectaculaire de Mesrine du tribunal de Compiègne en dissimulant une arme dans les toilettes[6]. Malgré cela, il le considère au quotidien comme un « emmerdeur chronique » et imbu de sa personne[7]. En 1990, il est arrêté pour une affaire de trafic de stupéfiants. En 1995, il est libéré de prison. Il commence alors une carrière d'écrivain, il écrit trois livres. En 1996, il vit à Levallois-Perret avec Marie Louise De Peretti et vit en exploitant des machines à sous clandestines. Activité pour laquelle il est condamné en 2007[3]. Plus exactement, il est condamné pour corruption de fonctionnaire de police à 18 mois de prison dont douze mois ferme. En effet, un policier renseignait Ardouin sur les contrôles de police dans les bars soupçonnés d'abriter des machines à sous. Mais il est relaxé pour « association de malfaiteurs » dans le but d'ouvrir une maison de passe à Alicante. En 2003, il est interpellé pour détention d'armes illégales[8].

Lors d'une interview, en , par le journal 20 Minutes, il se disait fatigué de vivre : « Je n'ai plus rien à raconter. Je suis usé ». Il était diminué physiquement du fait d'un alcoolisme chronique à raison des trois bouteilles de whisky par jour qu'il a bues durant des années et de trois paquets de cigarettes quotidiens[9]. Il a en tout fait seize ans de prison en quatre fois et sept ans de cavales[7].

Michel Ardouin est un proxénète notoire qui a fait travailler vingt-huit filles dans sa vie, comme il l'avoue dans son livre Une vie de voyou.

Il est surnommé « Porte-avions » en raison de sa stature imposante (1,87 m et 120 kg[7]

En 2013, la presse évoque l'hypothèse que Michel Ardouin a été l'assassin de l'impressario et éditeur Gérard Lebovici[10].

Le mardi , sa mort est annoncée par son éditeur La Manufacture des Livres[11] et confirmée[1],[12].

Notoriété[modifier | modifier le code]

En 2008, dans son film sur la vie de Jacques Mesrine, L'Ennemi public no 1, Jean-François Richet confie le rôle de Michel Ardouin à Samuel Le Bihan.

Publications[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fichier Insee des décès en France depuis 1970.
  2. a b c d et e Nicolas Deschamps, « Michel Ardouin, le bras droit de Mesrine est décédé », sur gala.fr, (consulté le ).
  3. a et b Le Monde avec AFP, « Mort de Michel Ardouin, compagnon de braquages de Jacques Mesrine », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. http://mboaconnect.com/articles/2014/01/24/france-michel-ardouin-s%E2%80%99en-est-all%C3%A9-compagnon-de-braquage-de-jacques-mesrine#axzz2rQYkQ9lo
  5. Chaine Paris Première, Émission 93, faubourg Saint-Honoré du 11/12/2005, 6 min 49 s.
  6. « Mesrine rêvait d'être l'ennemi public n°1 », sur le site du quotidien 20 Minutes,
  7. a b et c Propos recueillis par William Molinié, « Grand banditisme: Les dernières nouvelles de «Porte-avions» », 20 minutes,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. - 2007 20 minutes, « Condamné pour corruption, l'ancien « porte-avions » atterrit en prison », 20 minutes,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. William Molinié, « L’ancien truand et figure du milieu Michel Ardouin est mort », 20 minutes,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. Daniel Garcia, Gérard Lebovici, meurtre en sous-sol, letemps.ch, 16 juillet 2013
  11. lefigaro.fr avec AFP, « Mort de l'ex-truand Michel Ardouin », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. Ronan Tésorière, « Mort de Michel Ardouin, ex-compagnon de route de Mesrine », sur le site du quotidien Le Parisien - Aujourd'hui en France, (consulté le ).