Michael Polanyi

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Michael Polanyi

Michael Polanyi, né le à Budapest en Autriche-Hongrie et mort le à Northampton en Angleterre, est un polymathe et épistémologue hongrois qui s'est intéressé à la chimie, la philosophie et à l'économie. Penseur libéral, il a participé au colloque Walter Lippmann en 1938 et était membre fondateur de la Société du Mont Pèlerin en 1947.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né Pollacsek Mihály à Budapest, Polanyi était le cinquième fils de Mihály et Cecília Pollacsek (née Cecília Wohl), respectivement des juifs séculiers de Ungvár (alors en Hongrie et maintenant en Ukraine) et de Vilnius en Lituanie. La famille de son père était composée d'entrpreneurs, tandis que le père de sa mère était le Grand-rabbin de Vilnius. La famille partit pour Budapest et Magyarisa leur nom en Polányi. Son père btit une grande partie du système ferré hongrois, mais perdit la majeure partie de sa fortune en 1899 quand le mauvais temps conduisit un des projets de voie ferrée à dépasser son budget. Il mourut en 1905. Cecília Polányi établit alors un salon qui était très connu parmi les intellectuels de Budapest, et le maintint jusqu'à sa mort en 1939. Le frère aîné de Michael était Karl Polanyi, économiste politique et anthropologue, et sa nièce Eva Zeisel, une céramiste mondialement réputée[1].

Éducation[modifier | modifier le code]

En 1909, après avoir quitté la fameuse école supérieure de formation des professeurs de Budapest (Mintagymnasium), il mena des études de physique, et obtint un diplôme de médecine en 1914. Il était un membre actif de la Galilei Society. Avec le soutien de Ignác Pfeifer, professeur de chimie à l'université technique József de Budapest, il reçu une bourse pour étudier la chimie à l'institut de technologie de Karlsruhe, Allemagne. Lors de Première Guerre mondiale, il servit dans l'armée austro-hongroise comme un officier médical, et fut envoyé sur le front serbe. Pendant un congé dû à une maladie en 1916, il écrit une thèse de doctorat sur l'adsorption. Sa recherche, encouragée par Albert Einstein, était supervisée par Gusztáv Buchböck, et en 1919 l'Université Loránd Eötvösde Budapest lui délivra un doctorat.

Carrière[modifier | modifier le code]

En octobre 1918, Mihály Károlyi établit le République démocratique hongroise, et Polaniy devint secrétaire au ministère de la santé. Losque les communistes prirent le pouvoir en mars 1919 il refusa de servir dans l'Armée rouge et retourna à la médecine. Lors du renversement de la République démocratique hongroise, Polanyi émigra à Karlsruhe, et fut invité par Fritz Haber à rejoindre le Kaiser Wilhelm Institut pour la chimie de la fibre à Berlin. En 1923 Polanyi se convertit à la chrétienté, et se maria à Magda Elizabeth Kemeny lors d'une cérémonie catholique. En 1926, il prit la tête du professorat du département de l'Institut pour la chimie physique et l'électrochimie. En 1929, Magda donna naissance John, qui une fois adulte s'établit au Canada, et à qui fut décerné le prix Nobel de chimie de 1986. Son autre fils, George Polanyi, devint un économiste britannique connu.

Son expérience s'une inflation galopante et d'un haut chômage dans la République de Weimar consuisit Polanyi à s'intéresser à l'économie. Avec l'arrivée au pouvoir du parti nazi en 1933, il accepta une chaire de chmie physique à l'université de Manchester. Deux de ses disciples, Eugene Wigner et Melvin Calvin obtinrent un prix Nobel. En raison de son intérêt croissant pour les sciences sociales, l'Université de Manchester ouvrit une chaire de sciences sociales (1948–58) à son intention.

En 1944 Polanyi fut élu membre de la Royal Society[2], et, lors de sa retraite de l'Université de Manchester en 1958, he was elected a directeur de recherches au Merton College, Oxford. En 1962 il fut aussi élu comme membre étranger honoraire de l'Académie américaine des arts et des sciences[3].

Travaux[modifier | modifier le code]

Chimie physique[modifier | modifier le code]

Les centres d'intérêts scientifiques de Polanyi sont paritculièrement diversifiés, incluant des travaux sur la cinétique chimique, diffractométrie de rayons X, et l'adsorption des gaz par des surfaces solides. Il est aussi connu pour sa théorie du potentiel d'absorption, dont on débattu pendant un certain temps. En 1921, il posa les fondations mathématiques de l'analyse de la diffraction par les fibres. En 1934, Polanyi, à peu près en même temps que G. I. Taylor et Egon Orowan, réalisé que la déformation plastique des matériaux ductiles pouvait être expliquée dans les termes de la théorie de la dislocation développée par Vito Volterra en 1905. L'avancée fut significative pour le développement de la mécanique des solides.

Liberté et communauté[modifier | modifier le code]

En 1936, en répondant à une invitation à donner des conférences pour le ministère soviétique de l'industrie lourde, Polanyi rencontre Bukharin, qui lui montrera que dans les sociétés soviétiques les recherches scientifiques pour s'accorder aux besoins du dernier plan quinquennal. Polanyi nota ce qui était arrivé aux études en génétique dans l'Union soviétique une fois que les théories de Trofim Lysenko avait obtenu le soutien de l'état. Certaines demandes au Royaume-Uni, par exemple par le marxiste John Desmond Bernal, pour une recherche scientifique centralement planifiée mène Polanyi à défendre le principe que la science nécessite des débats libres. Associé à John Baker (biologist)|John Baker, il fonda l'influente Société pour la liberté en science.

Dans une série d'articles, republiée dans The Contempt of Freedom (1940) et The Logic of Liberty (1951), Polanyi soutint que la copération parmi les scientifiques est similaire à la façon dont les agents économiques se coordonnent eux-même avec un libre marché. Exactement comme les consommateurs dans un libre marché déterminent la valeur des produits, la science possède un ordre spontané qui survient comme conséquence d'un débat ouvert parmi les spécialistes. La science (contrairement à ce que clame Bukharin) fleurit quand les scientifiques ont la possibilité de poursuivre la vérité comme fin en elle-même:

"[S]cientists, freely making their own choice of problems and pursuing them in the light of their own personal judgment, are in fact co-operating as members of a closely knit organization."

"Such self-co-ordination of independent initiatives leads to a joint result which is unpremeditated by any of those who bring it about."

"Any attempt to organize the group ... under a single authority would eliminate their independent initiatives, and thus reduce their joint effectiveness to that of the single person directing them from the centre. It would, in effect, paralyse their co-operation."

Il prit l'expression ordre spontané de la psychologie de la forme(Gestalt), et elle fut adoptée par l'économiste libéral Frederick Hayek, bien qu'on puisse remonter la trace de ce concept au moins jusqu'à Adam Smith. Polanyi (contrairement à Hayek) soutint qu'il y avait des formes supérieures et inférieures d'ordres spontanés, et il affirma que défendre la recherche scientifique selon des fondements utilitaristes ou sceptiques mine la pratique scientifique. Il étendra cette conception à un discours générale à propos des sociétés libres. Polanyi défend la société libre, non pas sur les principes négatives selon lesquels nous devons respecter les "libertés privés", mais sur les principes positifs selon lesquels les "libertés publiques" facilitent la poursuite d'idéaux objectifs.

Selon Polanyi, une société libre qui s'efforcerait d'être neutre face aux valeurs nierait ses propres fondations. Mais ce n'est pas assez pour les membres d'une société libre de croire que des valeurs comme la vérité, la justice, et la beauté, sont objectives, ils doivent aussi accepter que celles-ci transcendent notre faculté de les atteindre. L'objectivité des valeurs doit être combinée avec l'idée que tout savoir est faillible.

Dans Full Employment and Free Trade (1948) Polanyi analyse la manière dont la monnaie circule au sein d'une économie, et dans une analyse monétariste qui, d'après Paul Craig Roberts, avait trente ans d'avance sur son temps, il conclura que le libre marché ne devrait pas s'ajuster totalement de lui-même. Une banque centrale devrait essayer de modérer les progression/dépressions économiques par une politique monétaire stricte.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Michaël Polanyi (trad. Philippe Nemo, préf. Philippe Nemo), La logique de la liberté [« The logic of liberty »], Paris, PUF, coll. « Libre échange »,‎ (ISBN 978-2-130-42614-1 et 213042614X, OCLC 21263123, lire en ligne)
  • (en) Michael Polanyi, Science, faith and society, Chicago, University of Chicago Press,‎ (ISBN 0-226-67290-5)
  • (en) Michael Polanyi, Personal knowledge : towards a post-critical philosophy, Chicago, University of Chicago Press,‎ (ISBN 0-226-67288-3)
  • (en) Michael Polanyi, The tacit dimension, Gloucester, Mass, Peter Smith,‎ (ISBN 0-844-65999-1)
  • (en) Michael Polanyi, Meaning, Chicago, University of Chicago Press,‎ (ISBN 0-226-67294-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


  1. http://www.government-online.net/eva-zeisel-obituary/
  2. http://www.government-online.net/eva-zeisel-obituary/
  3. « Book of Members, 1780–2010: Chapter P », American Academy of Arts and Sciences (consulté le 19 avril 2011)