Michael Cohen (avocat)

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Michael Cohen
Michael Cohen in 2019.png
Fonction
Vice-président financier du Comité national républicain
-
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Michael Dean CohenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
American University
Université de Western Michigan
Western Michigan University Cooley Law School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Avocat, défenseur, homme d'affairesVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Partis politiques
Condamné pour
Parjure, faire de fausses déclarations (en) (), fraude fiscale ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Michael Cohen, né le à Long Island (État de New York), est un avocat américain, qui travaille notamment pour Donald Trump de 2006 à mai 2018.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, vie familiales et études[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille juive, il est le fils d'une infirmière et d'un chirurgien survivant de la Shoah. Il grandit à Lawrence, sur l'île de Long Island, dans le comté de Nassau (État de New York)[1]. Il étudie à la Lawrence Woodmere Academy à Woodmere (New York) puis sort diplômé de l'American University en 1988 et de la Western Michigan University Cooley Law School en 1991. Le Figaro note qu'il obtient son diplôme de droit dans l'« une des universités les moins côtées du pays »[2].

En 1994, il épouse Laura Shusterman, d'origine ukrainienne[3],[4].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il commence à travailler comme avocat « chasseur d'ambulances », terme qui désigne péjorativement les juristes qui cherchent à obtenir pour leurs clients des indemnités d'assurance. Jusqu'à sa rencontre avec le milliardaire Donald Trump, il gagne 75 000 dollars par an, moitié moins que le salaire moyen d'un juriste new-yorkais[2].

En parallèle, il est actionnaire minoritaire du cercle El Caribe, situé à Brooklyn et propriété de son oncle médecin. Lié avec la mafia, ce dernier avait soigné les membres d'un clan sicilien, alors que son club était réputé pour être fréquenté par des personnalités du « milieu », d'origine russe et ukrainienne. Le beau-père de Michael Cohen, Fima Shusterman, devenu riche dans le secteur des taxis, avait aussi été poursuivi pour blanchiment d'argent. L'avocat s'associe avec Simon Garber (en) dans son entreprise de taxis. Également d'origine ukrainienne, ce dernier a été condamné pour malversation financières. Il s'associe ensuite au Russe Gene Freidman (en), qui a été accusé d'avoir détourné 60 millions de dollars. Au début des années 2000, Michael Cohen s'intéresse au domaine des affaires médicales, travaillant avec deux médecins qui finissent eux aussi condamnés[2].

Admirateur de l'homme d'affaires Donald Trump depuis ses études, il investit 1 million de dollars dans la Trump World Tower en 2001 puis 5 millions dans la célèbre Trump Tower. Il convainc par ailleurs ses beau-parents d'acheter trois appartements au magnat de l'immobilier, pour un montant de 7,7 millions de dollars. Remarqué, notamment après avoir réglé une dispute de co-propriétaires au bénéfice de Trump, il entre en 2007 dans la Trump Organization, dont il devient ensuite le vice-président exécutif. Il commence à travailler sur un projet de golf en Californie, qui n'aboutit pas, puis s'investit brièvement dans le domaine des spectacles d'arts martiaux. Par ailleurs, il met à profits ses connaissances pour mener des projets en Russie, en Géorgie ou encore au Kazakhstan. Il participe aussi à faire du complexe de Sunny Island, en Floride, un « Little Moscow », 63 Russes y achetant pour 98,4 millions de dollars d'appartements, et travaille au projet de construction d'une Trump Tower à Moscou au milieu des années 2010[2].

En 2016, Donald Trump est élu président des États-Unis. Michael Cohen crée alors la société Essential Consultants pour monnayer son accès au chef de l'État. Le groupe suisse Novartis lui verse ainsi 1,2 million de dollars, AT&T 600 000 dollars et Squire Patton Boggs (en) 600 000 dollars[2].

Dans le cadre des investigations judiciaires visant Trump à partir de 2017, il rompt avec ce dernier et choisit de coopérer avec la justice afin de bénéficier d'un arrangement. Il déclare alors avoir acheté le silence de deux ex-maîtresses présumées de Trump, dont Stormy Daniels, pour la somme de 280 000 dollars versée pendant la campagne présidentielle, avoir menti en juin 2016 devant le Congrès des États-Unis concernant le projet d'hôtel moscovite, la promesse de faire cadeau d'un appartement de 50 millions de dollars au président russe Vladimir Poutine dans ce bâtiment, avoir fraudé sur ses impôts et relie le président à ces affaires. Il affirme également avoir procédé à un faux-témoignage coordonné avec la Maison-Blanche pendant l'été 2017. Il promet aux enquêteurs des informations potentiellement compromettantes sur Donald Trump et ses proches, notamment dans le cadre de l'enquête russe, afin que ceux-ci demandent au juge de réduire sa sentence[5]. Plaidant coupable de violations de la loi électorale, de fraudes bancaires et fiscales et de parjure, il est condamné à trois ans de prison en décembre 2018[2]. Il est radié du barreau[5]. Il doit être incarcéré dans la prison fédérale d'Otisville[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Josh Nathan-Kazis, « Meet Michael Cohen, Donald Trump's Jewish Wingman », The Forward, 20 juillet 2015.
  2. a b c d e et f Philippe Gélie, « Michael Cohen, le talon d'Achille de Donald Trump », Le Figaro, 15-16 décembre 2018, p. 19.
  3. Michael Schwirtz, « Trump Foot Soldier Sidelined Under Glare of Russia Inquiry », The New York Times, 2 juillet 2017.
  4. Seth Hettena, « A Brief History of Michael Cohen's Criminal Ties », Rolling Stone, 10 avril 2018.
  5. a b et c Michael Cohen, l'homme qui a trahi Trump, entre en prison, lepoint.fr, 6 mai 2019

Article connexe[modifier | modifier le code]