Ignace Bourget

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Ignace Bourget
Image illustrative de l’article Ignace Bourget
Mgr Ignace Bourget en 1862
Biographie
Naissance
St-Joseph-de-la-Pointe-Lévy
Ordination sacerdotale à Montréal
Décès (à 85 ans)
Sault-au-Récollet
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale à Montréal
Dernier titre ou fonction Évêque émérite de Montréal
Archevêque titulaire de Marcianopolis
Évêque de Montréal
Évêque coadjuteur de Montréal
Évêque titulaire de Telmissus

Ornements extérieurs Archevêques.svg
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(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
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Ignace Bourget, né à Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy (aujourd'hui la ville de Lévis) le 30 octobre 1799 et décédé le 8 juin 1885 à Sault-au-Récollet (Montréal-Nord, Québec) est un ecclésiastique québécois. Nommé évêque de Montréal en 1840, il démissionne en 1876. Il participe au concile de Vatican I de 1870.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il naît le 30 octobre 1799 à St-Joseph-de-la-Pointe-Lévy. Originaire de la campagne, il a habité sur une terre située entre l'actuelle route Monseigneur-Bourget et le chemin Sainte-Hélène. Un calvaire indique l'emplacement de la maison aujourd'hui détruite de la famille Bourget[1],[2] (46° 47′ 34″ N, 71° 07′ 30″ O).

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Il fait ses études à Québec et à Nicolet, et est ordonné prêtre le 30 novembre 1822, à Montréal où il demeure depuis environ un an en qualité de secrétaire de Mgr Lartigue, à cette époque évêque-auxiliaire de Québec en résidence à Montréal. L'abbé Bourget continue, après son ordination, à remplir ses fonctions de secrétaire jusqu'en 1836 quand, le 13 mai, Mgr Lartigue devient évêque titulaire de Montréal et le nomme aussitôt vicaire général du diocèse. L'année suivante, le 10 mars 1837, M. Bourget est élu évêque de Telmesse et coadjuteur de Montréal. Il est sacré le 25 juillet de la même année. À la mort de Mgr Lartigue, le 19 avril 1840, il lui succède de droit sur le siège épiscopal de Montréal.

Influence de Mgr Lartigue[modifier | modifier le code]

L'influence de Mgr Lartigue sera marquante pour le jeune Bourget, alors vicaire apostolique de celui-ci. La ligne de pensée des deux hommes sera marquée par les thèses ultramontaines où l'autorité papale prédomine. Mgr Lartigue prendra également position contre les révoltés patriotes dont son cousin, Louis-Joseph Papineau, est la figure marquante. Il appuiera sa position en citant l'encyclique Mirari vos qui condamne les idées libérales que prône notamment le Parti canadien de Papineau. L'abbé Bourget sera grandement influencé par cette prise de position[3]. C'est d'ailleurs lors de l'investiture du futur évêque Bourget à Nicolet, en juillet 1837, que Mgr Lartigue fera ses premières sorties publiques contre les patriotes.

Initiatives dans le secteur de l'éducation et social à Montréal[modifier | modifier le code]

Quand Ignace Bourget prend les rênes de l'administration épiscopale en 1840, après les événements de 1837-1838, la région de Montréal avait été davantage agitée et « troublée », en particulier sur le Richelieu et dans les Deux-Montagnes.

Jusque-là, et depuis 1657 à Montréal, les Messieurs de Saint-Sulpice, seigneurs temporels de l'île et responsables de « la paroisse » de Notre-Dame avaient, presque seuls et sous la juridiction des évêques de Québec, la gouverne du spirituel comme à la gérance du temporel. Ils avaient établi au milieu du siècle précédent des « chapelles de secours » ou églises succursales et fondé le collège de Montréal en 1767, mais cela ne correspondait pas au développement des villes.

L'évêque Bourget s'en rendit compte, et il voulut d'abord augmenter et fortifier son clergé et ses communautés par de nouvelles conversions et, pour cela, il multiplia les instituts et les institutions, les centres d'enseignement et les foyers d'activité charitable. À sa demande, les Sulpiciens, en plus de leur collège de Montréal, établirent un grand séminaire qui ouvrit ses portes en 1840. Les Frères des Écoles chrétiennes étaient à Montréal depuis 1837 ; Mgr Bourget les encouragea et les aida puissamment. Les sœurs de la congrégation de Notre-Dame de Montréal enseignaient depuis 1657 et l'évêque ne leur ménagea pas son concours, son assistance et ses bénédictions. Cependant,il estima que ces congrégations ne suffisaient plus à la tâche.

Depuis 1659 les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu et depuis 1747, les sœurs Grises de Mère d'Youville s'occupaient des malades, des démunis, des personnes âgées et des orphelins. Tout en les encourageant et en les soutenant Mgr Bourget jugea que leurs effectifs devaient s'augmenter ː avec une forte audace l'évêque de quarante ans s'occupa de faire venir de France ou de susciter au Canada même des instituts et des communautés de toutes sortes.

Pour l'instruction des garçons, existaient déjà le collège de Montréal, qui datait de 1767, le séminaire de Saint-Hyacinthe fondé en 1811 par Antoine Girouard, celui de Sainte-Thérèse établi en 1825 par le curé Ducharme et le collège de l'Assomption fondé en 1832 par le curé François Labelle et MM. Meilleur et Cazeneuve, qu'il encouragea et dont il suivit et assura les progrès. Mgr Bourget en ajouta plusieurs autres. En 1842, il fit revenir de France les Pères Jésuites, qui ouvrirent en 1848 leur collège Sainte-Marie de la rue Bleury.

En 1847, à la fin d'un voyage en Europe, il ramenait lui-même de France d'une part les premiers clercs de Saint-Viateur qui fondèrent cette année-là le collège de Joliette, à Joliette même, et deux ans après le collège Bourget à Rigaud, et d'autre part les religieux de Sainte-Croix, qui établirent aussitôt leur collège de Saint-Laurent. Pour la formation des jeunes filles, l'entreprenant évêque adjoignit aux Sœurs de la Congrégation, établies à Montréal depuis 1657, les Sœurs du Sacré-Cœur en 1842 et les Sœurs de Sainte-Croix en 1847, deux communautés qui essaimèrent de France, et les sœurs des saints Noms de Jésus et de Marie en 1843 et les sœurs de Sainte-Anne en 1850, quant à elles de fondation canadienne.

Pour l'œuvre des retraites et des missions, l'évêque fit venir, de France encore, en 1842, les Oblats de Marie, qui développerent le haut enseignement à Ottawa et dans leurs missions de l'Ouest et du Nord. Enfin, aux œuvres de charité et d'assistance des Sœurs de l'Hôtel-Dieu, qui existaient depuis les commencements de Ville-Marie, et des Sœurs Grises établies en 1747, il ajouta les Sœurs du Bon-Pasteur, qui vinrent de France en 1844, les sœurs de la Providence et les sœurs de la Miséricorde, instituts fondés par lui, à Montréal même, le premier en 1843 et le second en 1848.

L'évêque est également à l'origine de la Banque d'épargne de la cité et du district de Montréal.

Administrateur à l'écoute de ses fidèles[modifier | modifier le code]

Mgr Bourget, dans le cours de son administration épiscopale de près de quarante ans, se montra constamment attentif aux besoins spirituels et même matériels de ses ouailles et du pays. Il fut un apôtre ardent et vigilant de la colonisation. C'est lui qui confia aux Oblats, peu après leur arrivée au pays, les missions de la région de Bytown (Ottawa). C'est auprès de lui que le grand colonisateur du nord de Montréal, le curé Labelle (plus tard Mgr Labelle), trouva aide et direction dans ses premiers labeurs de 1868 à 1876. Et c'est encore Mgr Bourget qui l'un des pionniers de la pénétration dans les Cantons de l'Est. En 1852, le diocèse de Saint-Hyacinthe fut détaché de celui de Montréal.

Mgr Bourget avait été en 1852 l'un des promoteurs de la fondation de l'Université Laval à Québec. Quelques années plus tard, il demanda à Rome l'établissement à Montréal d'un autre siège universitaire, qui sera obtenu en 1889, quatre ans après sa mort (et deviendra en 1919 l'Université de Montréal).

Sur le territoire propre de sa juridiction, à Montréal comme dans les campagnes, il créa avec hardiesse environ 75 paroisses. Bon nombre[Combien ?] de ces paroisses sont créées dans la ville, à la suite de la division de Notre-Dame, la seule et unique paroisse de Montréal jusqu'en 1866. C'est aussi Mgr Bourget qui commence en 1870 la construction de la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde sur le modèle de Saint-Pierre de Rome.

Fondateur du Mouvement des zouaves[modifier | modifier le code]

En 1867 ou 1868, c'est encore surtout Mgr Bourget qui est à l'origine du mouvement des zouaves, qui mène à Rome, pour la défense de Pie IX, un millier de jeunes Canadiens.

Créations des monastères du Précieux-Sang et des Carmélites en 1874-1875[modifier | modifier le code]

C'est à Mgr Bourget également que Montréal doit ses deux monastères de pieuses recluses, celui du Précieux-Sang fondé en 1874 et celui des Carmélites fondé en 1875. La plupart de ces instituts ou communautés[Lesquels ?], établis ou fondés à Montréal par le grand évêque, se sont dans la suite répandus au-dehors, dans l'Ouest et aux États-Unis.

Ces nombreuses activités n'empêchèrent pas l'évêque d'être avant tout un homme de prière et d'oraison. Il est décrit comme priant sans cesse, sans ostentation, et se donnait aux œuvres de miséricorde. On[Qui ?] a dit qu'il écrivait ses mandements — une dizaine de volumes — à genoux, dans sa chapelle particulière, et on l'a vu aller en personne porter des secours aux pauvres et jusqu'à scier du bois la nuit pour les veuves chargées de famille et dans le dénuement.

Démission[modifier | modifier le code]

L'archevêque Bourget en 1882

Mgr Bourget administra son diocèse pendant trente-six ans, jusqu'au 11 mai 1876 où il démissionna. Il se retira bientôt après à Sault-au-Récollet à la Maison Saint-Janvier, où il arriva le 16 juin 1877. C’était une résidence qu’avait fait bâtir en 1853 le curé de la paroisse Visitation, Mgr Janvier Vinet, pour accueillir des personnes âgées. C'est là qu'il reçut son titre d'archevêque de Montréal.

Décès[modifier | modifier le code]

Après neuf ans de retraite et une longue agonie, il meurt à Sault-au-Récollet (Montréal-Nord) le 8 juin 1885. Le lendemain, un convoi comptant 1100 voitures[réf. nécessaire] met trois heures pour escorter sa dépouille depuis le Sault-au-Récollet jusqu'à l'église Notre-Dame. L'ancien supérieur de Saint-Sulpice, M. Colin, en prononçant son oraison funèbre à Notre-Dame le 12 juin 1885 s'exclame: « Mgr Bourget, c'était l'homme de Dieu qui attirait à lui par la grandeur de ses vertus et par l'éclat de cette sainteté qui rayonnait de sa personne, partout dans le diocèse et dans la province, depuis de si longues années. On allait à lui pour trouver en lui le saint évêque, pour voir en lui le saint évêque! Et c'est là toute l'explication de l'incomparable prestige dont il a joui... »

Hommages[modifier | modifier le code]

Monument de l'évêque Ignace Bourget, Montréal, vers 1907

Le 24 juin 1903 était érigé, devant la cathédrale de Montréal qu'il a lui-même fait bâtir, un monument en bronze, sur base de granit — œuvre du sculpteur Louis-Philippe Hébert —, à la mémoire de Mgr Bourget. Trente ans plus tard, en avril 1933, il a été inauguré dans la même cathédrale, une chapelle funéraire qui servira à l'inhumation des évêques et des archevêques de Montréal, mais qui a été voulue et ornée surtout en l'honneur de Mgr Bourget. Ses restes mortels y reposent désormais dans le tombeau central.

À l'automne de 1931, le Père Langevin, de la Compagnie de Jésus, fait publier un récit de la vie de l'évêque intitulé Monseigneur Ignace Bourget, deuxième évêque de Montréal: précis biographique.

Critiques d'aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Ignace Bourget soulève aujourd'hui certaines critiques, en raison de son rigorisme et de la censure qu'il exerçait. À titre d'exemple, l'historien Serge Bouchard dit de lui qu'il « est un tyran, un taliban catholique[4] », en faisant allusion à une circulaire du 21 juillet 1859, dans laquelle « Mgr Bourget recommande aux curés de décrier en chaire l'opéra, le théâtre, le cirque et les autres divertissements [jugés] profanes et scandaleux[5] ».

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le bois de la résidence aurait été récupéré pour construire une maison de la rue Jolliet qui est située dans le Vieux-Lauzon.
  2. Calvaire de Harlaka, emplacement de la maison natale de Ignace Bourget - wikimapia.org
  3. Dictionnaire biographique du Canada en ligne: http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=39507&query=bourget
  4. Bouchard, Serge, « Histoire d'Emma Albani », Émission radiophonique « De remarquables oubliés », Montréal, Radio-Canada, Première chaîne, 11 septembre 2006, 11e minute, 15e seconde. Accessible en ligne à partir de http://ici.radio-canada.ca/radio/profondeur/RemarquablesOublies/albani.htm
  5. Dictionnaire de la censure au Québec : littérature et cinéma, Saint-Laurent : Éditions Fides, 2006, p. 664

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sources : Archives de la Société d'histoire régionale de Lévis.
  • Figures canadiennes, Élie Auclair, 1933

Liens externes[modifier | modifier le code]