Menez Dregan

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Menez Dregan
Image illustrative de l'article Menez Dregan
fouille en cours
Coordonnées 47° 59′ 11″ nord, 4° 28′ 31″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région française Bretagne
département du Finistère
Localité voisine Plouhinec
Période de formation Paléolithique inférieur
Type de roche ancienne grotte marine

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Menez Dregan

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Menez Dregan

Menez Dregan est un site préhistorique de la commune de Plouhinec, près d'Audierne dans le Finistère (Bretagne, France). Il a livré des niveaux d'habitat du Paléolithique inférieur datant de 350 à 500 000 ans BP. Des indices de feux entretenus découverts dans les niveaux inférieurs comptent parmi les plus anciens connus dans le monde.

La grotte est protégée par une carapace de plaques métalliques en dehors des campagnes de fouilles. L'allée couverte de Menez Korriged et la nécropole mégalithique de la Pointe du Souc'h sont proches de Menez Dregan.

Historique des recherches[modifier | modifier le code]

Découvert en 1985 par Bernard Hallégouët, le site a fait l'objet de sondages en 1988 et 1989 et est fouillé depuis 1991. En dehors des campagnes de fouille, le site est protégé par une carapace de plaques métalliques afin de le protéger de l'érosion marine et des fouilles clandestines[1].

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Séquence stratigraphique[modifier | modifier le code]

Le gisement occupe un couloir d'abrasion marine se terminant par une ancienne grotte dont le plafond s'est effondré. La séquence stratigraphique comprend une alternance de dépôts littoraux, de couches d'effondrements et de dépôts de versants, parfois tronqués par l'érosion marine.

La grotte effondrée a abrité à maintes reprises, entrecoupées par des périodes de dépôts marins qui attestent des variations du niveau de la mer, des groupes humains entre - 500 000 et - 250 000 avant J.-C.. Ces hommes ont laissé dans la grotte des centaines d'outils et d'éclats de taille, principalement des éclats de silex et des galets aménagés (choppers), ainsi que des vestiges de foyers attestés par la présence de silex brûlés et de végétaux carbonisés, qui sont parmi les plus anciennes traces connues au monde de la maîtrise du feu par l'homme[2].

Des conditions géochimiques très particulières ont permis une relative conservation des ossements, exceptionnelle en Bretagne. Les vestiges osseux sont toutefois très dégradés et il est généralement impossible de les déterminer par les méthodes paléontologiques classiques. Des méthodes basées sur l'étude de l'ADN conservé dans les os ont permis de déterminer la présence de périssodactyles et d'artiodactyles.

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Présence de foyers et d'indices de combustion[modifier | modifier le code]

La couche 5c a livré une structure constituée de huit pierres disposées en cercle, associée à une concentration de charbon de bois et à quelques silex rougis par l'action du feu. La couche 5e/5 a livré une structure composée de six galets de quartz disposés en arc de cercle entourant une concentration charbonneuse. Des mesures de susceptibilité magnétique indiquent qu'il s'agit d'un foyer dans lequel le feu a été entretenu et localisé. Les sédiments chauffés de ce foyer ont été datés par RPE (369 000 +/- 47 000 ans BP et 396 000 +/- 45 000 BP).

À la base de la séquence, les couches 7 et 9 (465 000 +/- 65 000 ans BP) ont également livré des indices de combustion qui pourraient correspondre à l'une des plus anciennes traces de feu maîtrisé par l'homme.

Industrie lithique[modifier | modifier le code]

L'industrie lithique est relativement homogène sur l'ensemble de la séquence. Elle comprend une composante dominante sur éclats, surtout en silex, et des galets taillés essentiellement en grès. Les matériaux utilisés sont locaux et ont été taillés sur place. L'outillage sur éclat comprend des denticulés, des encoches et des racloirs. Quelques rares bifaces, généralement partiels, ont également été mis au jour. Cette industrie a été rattachée au faciès colombanien défini par J.-L. Monnier.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Ménez et Stéphane Hinguant, "Fouilles et découvertes en Bretagne", éditions Ouest-France, 2010, [ISBN 978-2-7373-5074-0]
  2. Yves Ménez et Stéphane Hinguant, "Fouilles et découvertes en Bretagne", éditions Ouest-France, 2010, [ISBN 978-2-7373-5074-0]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hallégouët, B., Hinguant, S., Gebhardt, A. et Monnier, J.-L. (1992) - « Le gisement paléolithique inférieur de Menez Dregan 1 (Plouhinec, Finistère). Premiers résultats des fouilles », Bulletin de la Société préhistorique française, t. 89, 3, pp. 77-81.
  • Monnier, J.-L., Hallégouët, B., Hinguant, S., Van Vliet-Lanoe, B., Falguères, Ch., Laurent, M., Bahain, J.-J., Marguerie, D., Mercier, N., Geigl, E. et Molines, N. (1996) - « Menez Dregan (Plouhinec, Finistère) et le Paléolithique inférieur à l’ouest de la France », in: Actes du XIIIe Congrès UISPP, Facchini, F., Palma di Cesnola, A., Piperno, M. et Peretto, C., (Éds.), Forlì, ABACO éd., vol. 2 - Lower and Middle Palaeolithic, pp. 99-108.
  • Gaillard, Le Goffic, Monnier, Menez Dregan, Éditions Jean-Paul Gisserot, 16 pages, (ISBN 978 275580 514 7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]