Ménagerie royale de Versailles

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La ménagerie de Versailles fondée par Louis XIV.

La ménagerie royale de Versailles fut le premier grand projet de Louis XIV à Versailles. Elle fut édifiée avant même la création du grand canal. La construction fut confiée à l’architecte Louis Le Vau qui démarre les travaux en 1663[1]. Abandonnée, à la Révolution, elle tomba en ruines et n'existe plus de nos jours.

Le joyau du parc de Versailles[modifier | modifier le code]

Veüe et perspectiue de la Ménagerie de Versaille du costé de la porte Royale, estampes du XVIIe.

La ménagerie de Versailles est un lieu de splendeur et d'émerveillement, où l'on découvre des animaux exotiques et sauvages venus du monde entier. C'est un but de promenade, et une étape obligée des grandes fêtes et réceptions de Louis XIV. C'est là, où toute l’Europe des Lumières vient voir, des oiseaux-mouches, des colibris, perroquets et autruches, un éléphant, un dromadaire... Contrairement à la ménagerie du château de Vincennes, que Louis XIV a créé en 1661, pour le spectacle de combats d'animaux sauvages, la ménagerie de Versailles était un lieu de plaisir et de découverte pour la cour, les visiteurs, les artistes et les scientifiques. Elle était aussi bien entendu un objet politique pour montrer la puissance du roi, qui charge son ministre Colbert de faire venir ces animaux exotiques, rares et curieux du monde entier, par des achats de la Compagnie française des Indes orientales[2]. Ainsi des nobles de nombreuses cours d'Europe vont imiter la splendeur de Versailles, en créant leur propre ménagerie. Ainsi au château de Chantilly en 1663, au palais Het Loo en 1672, au palais de Belém en 1726, à Madrid en 1774, au palais du Belvédère de Vienne en 1716, au palais de Sanssouci de Potsdam.

La ménagerie est centrée autour d'un bâtiment octogonal couvert par en dôme en ardoise[3]. A l'étage, un balcon entoure le bâtiment permettant une vue sur les différents enclos disposés en éventail[3]. Sur le devant du bâtiment se trouve une cour d'honneur. Pour l'agencement général des bâtiments de la Ménagerie et des cours des animaux, Louis Le Vau s'est visiblement inspiré de la volière du patricien romain Varron à Casinum, qu'il connaissait sans doute grâce à une estampe de Pirro Ligorio. De là dérive l’idée du château débouchant sur un pavillon dont les enclos disposés autour reproduisent la forme[4].

Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne, 1710.

Louis XIV fait agrandir et restaurer la ménagerie en 1698 par Jules Hardouin-Mansart, pour l'offrir à Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne, l'épouse énergique du dauphin qui illuminait la cour. La ménagerie devient alors également une résidence d'agrément pour un après-midi[3]. Elle possède alors un jardin d'agréments, une salle « fraiche » avec jeux d'eau et décors de rocaille et même une chapelle[3]. Des bâtiments de ferme avec communs, étables, basse-cour, pigeonnier, laiterie et jardin potager lui sont ajoutés[3].

Marie-Adélaïde de Savoie s'amuse à y baratter et à y jouer la paysanne jusqu'à sa mort tragique en 1712, à l'âge de vingt-six ans avec son fils et son mari, laissant Louis XIV inconsolable[5].

Décadence et disparition[modifier | modifier le code]

Plan de la ménagerie sous Louis XV.

La ménagerie est négligée pendant la Régence, et en 1722 on y réinstalle un éléphant, et quelques animaux sauvages pour distraire le jeune Louis XV, à qui le comte de Maurepas offre un lionceau et un tigre. Le jeune roi délaisse la ménagerie de sa mère, pour se faire construire sa propre ménagerie expérimentale. L'entretien est délaissé et l'architecte Gabriel constate sa dégradation dès 1751. Les animaux sont quasiment en liberté dans des bâtiments en ruine, lorsque Louis XVI réfléchit au transfert des animaux rescapés au jardin des plantes à Paris. Avec la Révolution, la plupart des animaux sont mangés ou vendus, et on ne retrouve que cinq rescapés en 1793. Sieyès récupère le domaine en 1800. Les derniers animaux sont transférés de la ménagerie en ruine au muséum d'histoire naturelle, où l'on peut encore voir le rhinocéros de Louis XV empaillé[2].

Le premier zoo des temps modernes[modifier | modifier le code]

C'est la première ménagerie construite dans un style Baroque, style ensuite copié par de nombreux autres monarques à travers l'Europe. Ainsi, le 31 juillet 1752 l'empereur François Ier du Saint-Empire érigea son fameux zoo de Schönbrunn à Vienne (Autriche).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Baraton et Jean-Pierre Coffe, La véritable histoire des jardins de Versailles, Plon, 2007, p. 45.
  2. a et b Alain Baraton et Jean-Pierre Coffe, La véritable histoire des jardins de Versailles, Plon, 2007, p. 45-51.
  3. a, b, c, d et e Les Jardins de Versailles par Pierre-André Lablaude, éd. Scala 1995. Page 72.
  4. Joan Pieragnoli, La Ménagerie de Versailles, Versalia n°15, 2010, p. 174-175.
  5. http://lesmenines.mabulle.com/index.php/2006/02/05/21101-mare-adelaide-de-savoie---une-savoyarde-primesautiere

Liens externes[modifier | modifier le code]

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