Aller au contenu

Meloe proscarabaeus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Méloé printanier

Meloe proscarabaeus, le méloé printanier, parfois surnommé méloé enfle-bœuf[1] est une espèce d'insectes coléoptères de la famille des méloïdés.

Étymologie

[modifier | modifier le code]

Meloe viens du latin mel (miel) et oleum (huile), l’adulte pouvant excréter de l’hémolymphe jaunâtre ou roussâtre en cas de stress. Le nom d’espèce est formé de scarabaeus désignant les scarabées et de pro, avant, c’était un genre proche des scarabées auquel le Méloé printanier a appartenu, mais qui a disparu des classifications modernes.

Description

[modifier | modifier le code]
La femelle possède un gros abdomen non couvert par les élytres.
Mâle

Il est de couleur bleu-noirâtre, long d'environ 3 cm maximum, le mâle est plus petit. Les élytres, courts et mous sont légèrement écartés à l'arrière.

Accouplement (mâle en haut, femelle en bas).

Le cycle vital est complexe : les jeunes stades parasitent des hyménoptères. La femelle pond plusieurs milliers d'œufs dans le sol en les déposant par petits groupes séparés. La ponte a lieu au printemps et les œufs éclosent en larves pourvues de fortes griffes, les triongulins. Ces larves primaires grimpent sur les fleurs et attendent l'arrivée d'un hyménoptère. Celles qui réussissent à se faire transporter jusqu'au nid se détachent et se nourrissent d'un œuf, puis des réserves de pollen et de nectar[2]. Elles subissent des mues[3]. La nymphose a lieu après la période hivernale. L'adulte est phytophage. L'insecte se rencontre de fin mars à juillet.

Dérangés, les méloés émettent une sécrétion de lymphe contenant de la cantharidine (il s'agit d'une saignée réflexe). Cette substance est vésicante lorsqu'elle est appliquée sur la peau. Cette propriété a entraîné l'usage de cette sécrétion comme poison en Europe centrale, où elle fut aussi utilisé comme aphrodisiaque[2].

Une équipe de chercheurs allemands montre en 2026 que l'espèce présente un mimétisme chimique en émettant des terpènes normalement produits par des plantes. Ces travaux montrent que ce mimétisme permet d'attirer au moins quatre espèces de pollinisateurs, sans distinction de sexes, afin de le parasiter[2]. Cette découverte doit encore faire l'objet d'une publication scientifique.

Répartition

[modifier | modifier le code]

Cet insecte est assez courant en Europe en particulier sur les plaines argileuses et calcaires aux sols dégagés et herbeux. Il est protégé en Île-de-France et en Wallonie (Belgique)[4].

Références

[modifier | modifier le code]
  1. « Meloe proscarabaeus Linnaeus, 1758 », sur Inventaire National du Patrimoine Naturel
  2. a b et c Nathaniel Herzberg, « La ruse inédite d’un coléoptère pour piéger les abeilles », Le Monde « Science & médecine », no 25224,‎ , p. 7 (ISSN 0395-2037, lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  3. Michael Chinery, Insectes d'Europe en couleurs, Bordas, 1976, rééditions 1981 & 1987.
  4. « La biodiversité en Wallonie », sur wallonie.be (consulté le ).

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :