Mellionnec

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mellionnec
Le château de Tregarantec.
Le château de Tregarantec.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Canton Rostrenen
Intercommunalité Communauté de communes du Kreiz-Breizh
Maire
Mandat
Marie-José Fercoq
2014-2020
Code postal 22110
Code commune 22146
Démographie
Gentilé Mellionnecois, Mellionnecoise
Population
municipale
418 hab. (2013)
Densité 17 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 10′ 32″ N 3° 17′ 43″ O / 48.1755555556, -3.2952777777848° 10′ 32″ Nord 3° 17′ 43″ Ouest / 48.1755555556, -3.29527777778
Altitude 230 m (min. : 143 m) (max. : 281 m)
Superficie 24,22 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor

Voir sur la carte administrative des Côtes-d'Armor
City locator 14.svg
Mellionnec

Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor

Voir sur la carte topographique des Côtes-d'Armor
City locator 14.svg
Mellionnec

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Mellionnec

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Mellionnec

Mellionnec [mɛljɔnɛk], en breton « Melioneg » ( souvent prononcé « Méc'héneuc »), est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne. La toponymie du nom Mellionnec correspond au nom breton melchon voulant dire trèfle, qui est une variante de meillion au même sens. Le suffixe eg est l'endroit où il y a... Donc nous pouvons dire qu'à Mellionnec auparavant se trouvait un champ de trèfle suffisamment important pour que ce lieu soit reconnu de par cette caractéristique.

Mellionnec fait partie du territoire Pourlet,(anciennement Pays Gwenedour) caractérisé autrefois par ses costumes aux mille boutons. Ce pays faisait partie autrefois du diocèse de Vannes et Mellionnec et sa voisine Plélauff en étaient les paroisses les plus reculées au Nord. Dans le mot Gwenedour on retrouve en effet le nom breton Gwened autrement dit, pays de Vannes. Pour en revenir au costume celui-ci sera porté par les hommes jusqu'en l'entre deux guerres. C'était en quelque sorte l'habit de sortie. Au XIXe siècle, l'habit des hommes est en lin et de ce fait est de couleur "écrue". Toutes les couches de la société le portent. Au XXe siècle, le gilet et la veste seront faits de velours et seuls les gens d'une certaine condition pourront l'acquérir. Les femmes âgées porteront cette tenue de fête jusqu'au milieu des années 1960. On peut admirer encore ce costume dans les fêtes folkloriques. Le cercle du Croisty en Morbihan est actuellement l'un des dépositaires de ces habits traditionnels du pays Pourlet.

Géographie[modifier | modifier le code]

Mellionnec petit bourg du « kreiz breizh » Centre-Bretagne se situe à la limite du Morbihan. Le Scorff, cours d'eau important qui traverse le département du Morbihan, prend sa source dans le village de Saint-Auny.

Histoire[modifier | modifier le code]

Révolution[modifier | modifier le code]

Le 19 juin 1795, les Chouans au retour de leur coup de main sur la poudrière de Pont de Buis, firent une halte à Trégarantec avant de se séparer en deux groupes [1].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Mellionnec porte les noms de 77 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale[2].

Un soldat originaire de Mellionnec, François Laurent[3], du 247e régiment d'infanterie fut fusillé pour l'exemple le à Châlons-sur-Marne (Marne) pour « abandon de poste devant l'ennemi suite à une automutilation » par décision du conseil de guerre de la 4e armée[4].

Le 9 décembre 1933, la cour spéciale de justice militaire a annulé le jugement du conseil de guerre de la 4e armée, qui avait condamné le 18 octobre 1914 François Marie Laurent, à la peine de mort pour abandon de poste en présence de l'ennemi. De ce fait, la mémoire du soldat injustement sacrifiée sera réhabilitée et sa famille retrouvera enfin son honneur. La cour condamnera l'Etat à payer des dommages-intérêts à Mme Laurent ainsi qu'à ses deux enfants. Une cérémonie officielle organisée principalement par M. Le Guen, ancien maire de Mellionnec, se déroulera en cette commune en 1934. Après la cérémonie, un banquet réunissant environ 600 personnes sera servi. Mme Laurent, malgré ses très modestes moyens, remit au moment des toasts un magnifique chronomètre à M. Plateau, délégué de l'union fédérale des anciens combattants, qui avait si bien défendu la cause de son mari.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

De nombreux maquisards de la commune participèrent à la lutte contre l'oppresseur. Certains y laissèrent la vie.

L'ancien lieutenant de marine François Le Guyader, habitant Mellionnec, est engagé dans la résistance dans le mouvement Libération-Nord section de Guéméné sur Scorff. Cet homme participe en tant que chef de section aux combats de Kergoët en Langoëlan le 1er juillet 1944. Finalement c'est une victoire de la résistance contre l'occupant. Dans le combat, François Pimpec de Mellionnec sera tué, alors que le lieutenant Le Guyader ainsi que le sergent parachutiste Bonis seront capturés par les Allemands. On retrouvera le corps de François le Guyader à la fin de la guerre, avec de nombreux autres cadavres, dans une fosse sur la commune de Berné en Morbihan. François Quintric qui participa aux combats de Langoëlan sera arrêté le lendemain du coup de force de la Résistance, à la suite d'une dénonciation, dans l'une des dépendances du château de Trégarantec. Il sera emmené au Faouët, il y subira des interrogatoires et sera torturé et à la suite de ces sévices trouvera également la mort.

François le Guyader, François Pimpec et François Quintric seront inscrits sur le monument aux morts de Mellionnec en compagnie de 9 autres militaires morts pour la France dans la Seconde Guerre mondiale[2].

L'après-Seconde-Guerre-mondiale[modifier | modifier le code]

Un sous-officier originaire de Mellionnec, Edmond Le Louarn[5] est mort pendant la Guerre d'Algérie.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1959 1983 Jean-Marie Le Corre   Agriculteur
mars 2001 2008 Odette Delplace Non apparentée  
mars 2008 en cours Marie-Josée Fercoq    
Les données manquantes sont à compléter.

Adhérent à BRUDED Bretagne Rurale et Rurbaine pour une Développement Durable[6]

Les associations locales[modifier | modifier le code]

  • Ty Film - festival du film documentaire le dernier week-end de juin.
  • Kizellan - exposition biennale dans le bourg de Mellionnec.
  • Les Amis du Bois du Barde.
  • Kreiz Breizh Village d'Europe.
  • Association des parents d'élèves.
  • La Marmite - activités d'aïkido et de shojindo.
  • Mellianimaction - organisation de manifestations pour toutes les générations.
  • L'intelligence des mains - mettre en place des marchés d'artisanat d'art.
  • Les Arapates.
  • La SLIP (Structure Locale d'Initiatives Populaires) - organisation d’événements populaires, festifs, culturels, sportifs

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'Eglise Saint Jean Baptiste fut rebâtie en 1647 du temps du recteur Le Coguic. Le clocher et la tribune furent endommagés par la foudre le 24 février 1935. Le maître autel date du XVIIe siècle.
  • Le château de Trégarantec, partiellement inscrit au titre des Monuments historiques[7].
  • La chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié, inscrite au titre des Monuments historiques[8]. Elle a été édifiée par la famille de Boutteville au début du XVIe siècle. La chapelle abrite une Piéta et une statue de Saint Gildas. Cette dernière fut semble t-il retirée de l'édifice au moment de la Révolution par les fidèles puis enterrée afin d'échapper à la destruction. Elle retrouvera naturellement sa place dans la chapelle après les événements. Le canal de Nantes à Brest borde la chapelle où il forme une sorte d'anse. Dans le lit du canal coule le ruisseau original, le petit Doré sur lequel fut bâti un pont gallo-romain tout près de la chapelle. Ce pont existe toujours et il est visible lorsque le canal est vidé. Ce pont reliait au début du XIXe siècle, Mellionnec à Plouguernével situé sur l'autre rive.
  • La chapelle de Saint-Auny date du XVIIe siècle. Elle abrite en son sein, une statue en bois de Saint Julien.
  • De nombreux puits se trouvent sur la commune notamment au bourg, à Kerguillic et à Trégarantec. Des anciens fours à pain, relativement en bon état sont visibles aux hameaux de Kermer et Restehalés.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

François-Marie Laurent un breton originaire de Mellionnec est un soldat fusillé pour l'exemple. C’est au cours d’un combat dans la nuit du 1er au 2 octobre 1914 que ce soldat est légèrement blessé en Champagne sous les yeux de son capitaine. La dernière phalange de son petit doigt de la main gauche est arrachée. Suivant les recommandations de son capitaine, il va se faire soigner dans un poste de secours par le docteur Buy. Le médecin, trouvant la blessure trop légère, le soupçonne de s'être automutilé et de vouloir se dérober à ses obligations militaires. Ce soldat ne s'exprime que malhabilement en français. Il sera accusé d'abandon de poste, condamné par le Conseil de guerre et fusillé le 19 octobre 1914. Le 9 décembre 1933, il est réhabilité et sa famille reçoit la somme de 10 000 francs. La mairie de Mellionec fait enlever la plaque de marbre où étaient inscrits les noms des soldats tués. Par la suite, elle fait graver directement sur le monument le nom des soldats en incluant celui de F.-M. Laurent dans son ordre alphabétique[9],[10],[11]

Jules-Charles Le Bozec (1898-1973), sculpteur, membre des Seiz Breur( mouvement intellectuel breton).Cet homme acquit notamment sa notoriété en sculptant de nombreux monuments aux morts. Natif de Saint Mayeux en Côtes du Nord; il vécut l'essentiel de son existence à Mellionnec.

Glenmor 1931/1996 fut propriétaire du manoir du Poul sur la commune. Il écrivit dans ce lieu de nombreuses chansons qu'il enregistrait ensuite dans le studio qu'il fit aménager dans une des dépendances du manoir. Ce manoir avait auparavant appartenu à la famille De Robien, dont René Gabriel appelé le Seigneur du Poul se distingua, hélas dans le mauvais sens. Homme brutal, il fut considéré par ses sujets comme un tyran. Il fréquenta également les brigands et côtoya la célèbre Marion du Faouët qu'il hébergea quelque temps au manoir. Cet homme mourut le 30 septembre 1772 à l'âge de 61 ans.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 418 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 120 1 163 1 168 1 154 1 403 1 255 1 193 1 234 1 188
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 210 1 143 1 104 1 093 1 117 1 261 1 200 1 227 1 252
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 322 1 411 1 418 1 407 1 437 1 335 1 179 1 148 970
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 -
889 749 628 567 420 440 405 418 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chiappe Jean-François,1971. George Cadoudal ou la liberté. Librairie Académique Perrin, 659 p.
  2. a et b Memorialgenweb.org - Mellionnec : monument aux morts
  3. François Laurent, né en 1885 à Mellionnec
  4. http://www.letelegramme.fr/histoire/fusilles-pour-l-exemple-ils-furent-51-en-bretagne-15-11-2014-10426033.php
  5. Edmond Le Louarn, né le à Mellionnec, adjudant à la base aérienne 113 à Saint-Dizier, mort le à Saïda (Algérie)
  6. http://www.bruded.org/adherents-developpement-durable/collectivites/mellionnec,2,44,14.html
  7. « Notice no PA22000003 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. « Notice no PA00089326 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. Article de l'Académie de Rennes
  10. Les semailles de guerre, de Roger Laouenan et N. Offenstadt
  11. Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective, Paris, Odile Jacob Poches, 2002
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2008, 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]