Mellin de Saint-Gelais

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Mellin de Saint-Gelais, dessin de François Clouet, Chantilly, Musée Condé.

Mellin de Saint-Gelais (ou Melin de Saint-Gelays ou de Sainct-Gelais), né à Angoulême vers 1491 et mort à Paris le 14 octobre 1558, est un poète français de la Renaissance, qui eut les faveurs de François Ier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était fort probablement le fils naturel de Jean de Saint-Gelais, marquis de Montlieu, qui appartenait à la petite noblesse angoumoise. Son prénom venait d'une mauvaise graphie du nom de Merlin, magicien des légendes arthuriennes. Il était proche de son oncle, Octavien de Saint-Gelais, évêque d'Angoulême depuis 1494, lui-même poète et traducteur de l'Énéide en français.

Mellin, qui avait étudié à Bologne et à Padoue, était réputé comme médecin, astrologue et musicien autant que comme poète. Il revint en France vers 1523 et, par son adresse dans les vers légers, sut se faire apprécier à la cour des Valois où François Ier aimait et protégeait les arts. Il devint aumônier du Dauphin, abbé de Reclus dans le diocèse de Troyes et bibliothécaire du roi à Blois.

Il jouit d'une popularité immense jusqu'à la publication de la Défense et illustration de Joachim du Bellay en 1549, livre où Saint-Gelais n'était pas excepté du mépris qui y était exprimé pour les poètes contemporains. Il essaya de se moquer des innovateurs en lisant à haute voix devant Henri II les Odes de Ronsard en les prononçant de façon ridicule, jusqu'au moment où la sœur du roi, Marguerite de Valois, saisit le livre et le lut elle-même.

Ronsard accepta les excuses de Saint-Gelais pour cet incident, mais Du Bellay se moqua de son adversaire dans Le Poète courtisan. Il traduisit la Sophonisbe de Gian Giorgio Trissino, qui fut représentée à Blois en 1556 devant Catherine de Médicis.

Mellin de Saint-Gelais est souvent donné à tort, notamment par Joachim du Bellay dans sa préface à la seconde édition de L'Olive, comme l'inventeur du « sonnet à la française » ou « sonnet de Marot[1] ». Saint-Gelais n'en reste pas moins le champion du style marotique. Il mourut à Paris en 1558.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Grente (dir.), Dictionnaire des lettres françaises, Paris, Fayard. Vol. 3: Le XVIe siècle, éd. revue et mise à jour sous la dir. de Michel Simonin, 2001, XLII, 1217 p. (ISBN 2-253-05663-4)
  • Henri Joseph Molinier, Essai biographique et littéraire sur Octovien de Saint-Gelays, évêque d'Angoulême (1468-1502), Rodez : Carrère, 1910. XXI, 307 p., Université de Toulouse, thèse de 1910
  • Henri Joseph Molinier, Mellin de Saint-Gelays : études sur sa vie et sur ses œuvres, Rodez : Carrère, 1910, XXXII, 614 p., Université de Toulouse, thèse de doctorat, 1910. Réédition : Genève : Slatkine, 1968
  • Mellin de Saint-Gelais, Œuvres poétiques françaises, éd. établie, présentée et annot. par Donald Stone, Paris, Société des Textes Français Moderne. Vol. 1 : 1993, XXIX, 312 p. (ISBN 2-86503-230-2) Vol. 2 : 1995, XV, 348 p. (ISBN 2-86503-238-8)
  • Luigia Zilli, présentation de la tragédie Sophonisba, dans Enea Balmas et Michel Dassonville (dir.), La tragédie à l'époque d'Henri II et de Charles IX, Première Série, Vol. 1 (1550-1561), 2e tirage, Florence et Paris, 1989, p. 237-250. (Comporte notamment un point de départ bibliographique sur la vie de Mellin de Saint-Gelais et l'ensemble de son œuvre.)
  • Thierry Martin, Poésie homosexuelle en jobelin, de Charles d’Orléans à Rabelais, GKC, 2007, p. 58-77

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir à ce sujet la partie "Le sonnet en France" de l'article sonnet.

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