Mehran Karimi Nasseri

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Mehran Karimi Nasseri

Mehran Karimi Nasseri (en persan مهران کریمی ناصری, prononcé [meɦˈrɔːn kʲæriːˈmiː nɔːseˈriː]), né en 1942 à Masjed Soleiman, en Iran), et surnommé « Sir Alfred Mehran », est un réfugié iranien qui a vécu dans le terminal 1 de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle du 8 août 1988 jusqu'en août 2006 (soit 18 ans)[1], date à laquelle il a été hospitalisé pour une cause inconnue.

Son histoire a inspiré, entre autres, le film Le Terminal de Steven Spielberg avec Tom Hanks ainsi que Tombés du ciel de Philippe Lioret.

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Mehran Karimi Nasseri est né en Iran, à Masjed Soleiman. Son père était médecin, et bien que Nasseri affirme que sa mère était une infirmière écossaise, sa famille le conteste[2]. Il arriva au Royaume-Uni en septembre 1973 afin d'étudier durant trois ans à l'université de Bradford.

Alors qu'il était au Royaume-Uni, il participa en mars 1974 à des manifestations contre Mohammed Reza Pahlavi, le Chah iranien alors au pouvoir. Il retourna en Iran le 7 août 1975, après que les fonds fournis pour les bourses d'études furent subitement coupés. D'après son propre récit, à l'arrivée à l'aéroport de Téhéran, il fut emmené par la police secrète iranienne, et fut emprisonné et torturé pendant quatre mois avant d'être expulsé du pays. Personne ne fut en mesure de vérifier cette version, il est uniquement vérifié que Nasseri fut parmi les 20 étudiants qui furent interrogés en 1970 après des manifestations contre une nouvelle réglementation de l'université de Téhéran.

Son errance en Europe[modifier | modifier le code]

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Revenant en Europe, il demande l'asile à Berlin, en Allemagne de l'Est, puis aux Pays-Bas en 1977 mais ses demandes furent rejetées. Il fit de même en France, en 1978 (il échoua après une demande en appel), et en Yougoslavie. En 1979, il formula la même requête en Italie, sans succès. Il essaye de nouveau en France, en 1980, en vain. Demandant à émigrer au Royaume-Uni, on lui refusa, et il ne fut pas autorisé à entrer dans le pays par l'aéroport de Londres Heathrow. Il essaya une nouvelle fois d'entrer en Allemagne de l'Ouest, mais il fut stoppé à la frontière belge avant que la Belgique ne l'accepte.

Le 7 octobre 1980, sa requête d'asile lui fut concédée par la Commission des Nations unies pour les réfugiés. Il vécut en Belgique jusqu'en 1986, quand il décida de repartir pour le Royaume-Uni, a priori pour chercher celle qu'il croit être sa mère. Avec des papiers en règle, il embarque sur le ferry le 16 novembre 1984 pour Folkestone. Arrivé en Grande-Bretagne, il commet l'erreur de retourner sa carte de réfugié du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) à Bruxelles, pensant ainsi ne plus pouvoir se faire renvoyer vers la Belgique. C'est un mauvais calcul car il se fait expulser d'Angleterre et, comme il est désormais considéré en situation irrégulière pour les Belges, ceux-ci lui ferment leur frontière. Il semble que cela marque le début du déclin des facultés intellectuelles de celui qui commence à se faire appeler « sir Alfred ». Il se retrouve finalement à Boulogne-sur-Mer en 1985, où la France le condamne à trois mois de prison pour séjour irrégulier sur le territoire national.

Son séjour à Roissy[modifier | modifier le code]

Après sa sortie de prison, on le retrouve au terminal 1 de Roissy. Son esprit n'est plus très clair selon des médecins de l'aéroport. Il prétendit avoir été attaqué, et son sac volé alors qu'il attendait le RER afin de se rendre à l'aéroport, pour partir pour Heathrow. Il réussit à embarquer, mais arrivant à l'aéroport londonien sans les papiers nécessaires, le personnel de l'aéroport le renvoya d'où il venait. Il passe alors cinq mois à la prison parisienne de Fleury-Mérogis puis, sa peine purgée, retourne de nouveau à l'aéroport de Roissy.

En 1992, des avocats français obtiennent que la France lui accorde un titre de séjour. Mais pour cela, les autorités françaises exigent qu'il présente sa carte de réfugié accordée en Belgique. Cela crée une situation kafkaïenne puisque Bruxelles exige qu'il se rende en personne pour la retirer alors qu'il n'a pas de papiers pour sortir du territoire.

Sa situation n'aboutit qu'en 1999. En juin, son avocat, Me Bourget, accompagné du docteur Bargain, l'amène au tribunal de Bobigny dont dépend la zone aéroportuaire de Roissy pour qu'il retire enfin ses nouveaux papiers. Mais à la surprise générale, Merhan Karimi Nasseri refuse : « Je refuse de signer ces papiers, ils ne sont pas à mon nom. Je ne suis plus celui que j'ai été. Je m'appelle désormais sir Alfred Merhan et je ne suis pas iranien. Mon père était suédois et ma mère, danoise. » Il est alors impossible de le raisonner.

Il retourne alors volontairement dans le hall de départ du terminal 1 de l'aéroport. Il réside au niveau bas boutiquaire, au milieu de nombreux cartons, sur une banquette près de la boutique Relay où son livre autobiographique[3] peut être acheté. Il reçoit du courrier postal et a des visiteurs. Contrairement à ce que beaucoup croient, il n'a jamais été bloqué en zone de transit et était donc libre de ses mouvements. Les travaux de rénovation du terminal l'ont obligé à déplacer son domicile sans changer d'étage. Il a quitté l'aéroport pour être hospitalisé à la fin juillet 2006 pour une raison inconnue.

À sa sortie de l'hôpital fin janvier 2007, Alfred Mehran est pris en charge par l'antenne locale de la Croix-Rouge française de l'aéroport. Il est hébergé quelques semaines dans un hôtel proche de l'aéroport, puis transféré le mardi 6 mars dans un foyer d'accueil d'Emmaüs France dans le 20e arrondissement de Paris.

Films[modifier | modifier le code]

Références - Sources[modifier | modifier le code]

  1. Stranded at the Airport
  2. (en) Paul Berczeller, « The man who lost his past », The Guardian,‎ 2004-09-06 (consulté le 2008-08-01)
  3. The Terminal Man (ISBN 0-552-15274-9)
  4. Source: Article dans l'Express