Douglas DC-8

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Douglas DC-8
DC-8 de la KLM
DC-8 de la KLM

Rôle Avion de ligne
Constructeur Drapeau : États-Unis Douglas Aircraft Company
puis McDonnell Douglas
Équipage 3 (1 pilote, 1 copilote et 1 officier mécanicien navigant)
Premier vol
Mise en service
Retrait Toujours en service
Premier client United Airlines et Delta Air Lines
Production 556
Dimensions
Longueur 45,87 m
Envergure 43,41 m
Hauteur 13,21 m
Aire alaire 257,4 m²
Masse et capacité d'emport
Max. à vide 54,88 t
Max. au décollage 140,6 t
Passagers 200
Motorisation
Moteurs 4 turboréacteurs Pratt & Whitney JT3C-6 ou JT4A-9
Poussée unitaire 60,06 kN
Poussée totale 240,24 kN
Performances
Vitesse de croisière maximale 940 km/h
Vitesse maximale 990 km/h
Autonomie 7 250 km
Plafond 9 150 m
Charge alaire 546,2 kg/m²
Rapport poussée/poids 0,217

Le DC-8 est un avion de ligne quadriréacteur, moyen et long-courrier, construit de 1959 à 1972 par Douglas Aircraft Company, puis McDonnell Douglas après la fusion de l'entreprise. C'est l'un des premiers avions civils à réaction et l'un des emblèmes de l'ère du jet.

Son premier vol d'une durée de deux heures environ eut lieu le 30 mai 1958 de Long Beach à Edwards Air Force Base en Californie, avec à bord notamment Donald Douglas père et fils [1]et sa mise en service en 1959 dans les compagnies United Airlines et Delta Airlines. Face à Boeing avec son 707 (premier vrai succès commercial d'un avion à réaction civil), Douglas n'avait que son DC-7 à moteurs à hélice conventionnels. Le constructeur avait tardé à lancer son projet d'avion à réaction et ce délai fit que le DC-8 ne vint sur le marché qu'en 1959 : le DC-8 eut néanmoins un gros succès au début. Par la suite, le fait qu'il ne soit disponible qu'en une seule taille de fuselage jusqu'en 1966 fut un handicap commercial vis-à-vis du 707, plus flexible.

Il a été construit à 556 exemplaires selon différentes séries adaptées aux vols intérieurs, aux vols internationaux ou avec des fuselages rallongés.

Historique[modifier | modifier le code]

Le DC-8 fut parmi les premiers avions à réaction civils et fut construit lors de la période appelée de l'ère du jet. Cependant il avait déjà un peu de retard sur ses principaux concurrents, à savoir que le premier avion commercial à réaction, le De Havilland Comet, fit son premier vol en juillet 1949 et entra en service en 1952. Une série de crash entraine la suspension des vols du Comet en 1954, date a laquelle Boeing fit voler son 707. L’équipe de Douglas évaluait, avant même le premier vol du DC-7, la faisabilité d’un avion de ligne à réaction mais au vu des crashs du Comet le projet fut plus que ralenti. Plus encore Douglas songea à une version allongée du DC-7D, en mettant en avant une technique éprouvée.

Ce ne fut qu’un an après le premier vol du B-707, que Douglas entreprit l’étude du DC-8 en 1955[2].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Si le DC-8 n'eut pas le succès auprès des militaires de son concurrent de chez Boeing, il n'en fut pourtant pas moins un avion apprécié pour certaines opérations, principalement lié au transport de fret. C'est ainsi que les aviations espagnoles, gabonaises, omaniennes, péruviennes, philippines, et thaïlandaises utilisèrent cette machine.

Le cas de la France et des États-Unis est particulier :

  • L'Armée de l'Air utilisa ses DC-8 autant comme avion de transport de fret que comme plateforme de CME. Dans ce dernier cas ce sont deux avions qui furent transformés sous la désignation de Sarigue[3] jusqu'à leur retrait au début du XXIe siècle.
  • L'US Navy de son côté eut recours à une version d'entraînement à la guerre électronique avec son seul et unique EC-24A[4], un appareil désormais retiré du service et conservé à Davis Monthan.

Passage du mur du son[modifier | modifier le code]

Le , au cours d'un vol d'essai entre Long Beach et Edwards Air Force Base, un DC-8 passe exceptionnellement le mur du son à une altitude de 40 350 pieds[5]. L'inspection réalisée après le vol n'a pas relevé de dommages sur l'appareil.

Versions[modifier | modifier le code]

Le cockpit d'un DC-8
L'intérieur d'un DC-8 avec des rangées 2+3 sièges
  • De 1959 à 1965 : même structure, pour l'essentiel des améliorations des moteurs
    • DC-8 10 Pratt & Whitney JTC3C-6s
    • DC-8 20 Pratt & Whitney JT4A-9
    • DC-8 30 Pratt & Whitney JT4A-11
    • DC-8 40 Rolls-Royce Conway
    • DC-8 50 Pratt & Whitney JT3D-3 première version pouvant être convertible en cargo/passagers, quinze exemplaires construit sans hublot pour le transport à 100 % de cargo[6].
    • DC-8 Jet Trader, spécialisé dans le transport de fret
  • De 1966 à 1972 : l'équipe de développement ayant fini le DC-9, Douglas put enfin proposer des versions au fuselage modifié.
    • DC-8 61 : version allongée de 11 mètres, pour être un moyen-courrier de grande capacité
    • DC-8 62 : version allongée de 2 mètres et adaptée pour augmenter le rayon d'action
    • DC-8 63 : version 61 bénéficiant des améliorations apportées au 62.

Nouveaux moteurs[modifier | modifier le code]

Après 1980, comme tous les avions à réaction de l'époque, le DC-8 est très bruyant. Face au risque de voir l'avion interdit d'utilisation dans certains aéroports, McDonnell Douglas propose de convertir les avions des séries 62/63 en échangeant les moteurs contre des nouveaux beaucoup plus silencieux. Ces séries portent alors le nom de 72/73.

Les DC-8 furent modifiés avec un nouveau type de réacteur plus moderne, plus économique, le General Electric Snecma CFM56. Cette modification fut entreprise dans l’usine de Tulsa de McDonnell Douglas. Bien que la capacité de passagers soit la même, ces nouveaux moteurs permettent non seulement de respecter les nouvelles normes de bruits, mais aussi allongent l’autonomie des DC-8, avec pour le DC-8-71(ex -61) passant de 11 506 à 14 146 km, le DC-8-73 (ex -63) de 12 391 14 612 km et le DC- 72 (ex -62) de 13 680 à 15 996 km[7].

Ancien Douglas DC-8 Sarigue de l'Armée de l'air française

En France[modifier | modifier le code]

En France, le DC-8 équipe en particulier les compagnies UTA/TAI et Air Afrique basés au Bourget. Il équipa, également, l'Armée de l'air française au sein de l'Escadron de transport 3/60 Estérel. Deux exemplaires furent transformés pour des missions SIGINT (Sarigue 1 et Sarigue 2), mis en œuvre par l'Escadron électronique 51 Aubrac.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le 30 mai 1958 dans le ciel : Le Douglas DC-8 effectue son premier vol - Stéphanie Meyniel, Air-journal.fr, 30 mai 2014
  2. (en) Bill Yenne, McDonnell Douglas : A Tale of Two Giants, Crescent Books, 1985 (ISBN 978-0-5174-4287-6) p. 136
  3. Douglas DC-8-33 SARIGuE 45570 / FE (cn 45570/134) F-RAFE (ex F-BIUZ) - Piperpote
  4. (en) Picture of the Douglas EC-24A (DC-8-54AF) aircraft - Airliners.net
  5. (en) The Supersonic Flight - DC-8 Jet
  6. (en) Bill Yenne, McDonnell Douglas : A Tale of Two Giants, Crescent Books, 1985 (ISBN 978-0-5174-4287-6) p. 137
  7. (en) Bill Yenne, McDonnell Douglas : A Tale of Two Giants, Crescent Books, 1985 (ISBN 978-0-5174-4287-6) p. 141

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) John Whittle, H.J. Nash et Harry Sievers, The McDonnell Douglas DC-8, Saffron Walden, Air-Britain,‎ (ISBN 0851300243)
  • (en) Cearley, George Walker. The Douglas DC-8: A Pictorial History. Dallas: G.W. Cearley, Jr., 1992
  • (en) Douglas Aircraft Co. The DC-8 Story. Long Beach, CA: Douglas Aircraft Company, 1972
  • (en) Douglas Aircraft Co. Douglas DC-8 Maintenance Manual. Long Beach, CA: Douglas Aircraft Company, 1959. OCLC 10621428
  • (en) René Francillon, McDonnell Douglas Aircraft Since 1920: Volume I, London, Putnam,‎ (ISBN 0-87021-428-4)
  • (en) Hubler, Richard G. Big Eight: A Biography of an Airplane. New York: Duell, Sloan, and Pearce, 1960
  • (en) Lundkvist, Bo-Goran. Douglas DC-8. Coral Springs, FL: Lundkvist Aviation Research, 1983, OCLC 62220710
  • (en) McDonnell-Douglas. The DC-8 Super-Sixty. Long Beach, CA: McDonnell Douglas Corp. Sales Engineering Div., 1968
  • (en) McDonnell-Douglas. The DC-8 Handbook. Long Beach, CA: McDonnell Douglas Corp. Sales Engineering Div., 1982
  • (en) Guy Norris et Mark Wagner, Douglas jetliners, Osceola, WI, MBI,‎ (ISBN 0760306761)
  • (en) Jon Proctor, Mike Machat et Craig Kodeta, From props to jets : commercial aviation's transition to the jet age 1952-1962, North Branch, MN, Specialty Press,‎ (ISBN 1580071465)
  • (en) Ugo Vicenzi, Early American jetliners : Boeing 707, Douglas DC-8 and Convair CV-880, Osceola, WI, MBI Pub,‎ (ISBN 0760307881)
  • (en) Terry Waddington, Douglas DC-8, Miami, FL, World Transport Press, Inc,‎ (ISBN 0962673056)
  • (en) Stewart Wilson, Airliners of the world, Fyshwick, Australia, Aerospace Publications,‎ (ISBN 1875671447)
  • (en) Stewart Wilson, Boeing 707, Douglas DC-8 & Vickers VC10, Fyshwick, A.C.T, Aerospace Publications,‎ (ISBN 1875671366)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]