Maya Surduts

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Maya Surduts, née le à Riga en Lettonie et morte le à Paris, est une militante féministe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Merija[1] Surduts est née dans une famille juive communiste[2] athée. Son père est physicien et sa mère psychologue. Le parti communiste étant interdit à cette époque, le père de Merija Surduts, a été surveillé et poursuivi pendant des années. Son père est finalement arrêté (sans doute en 1935), mais grâce à des pressions directes sur le procureur, il est finalement libéré. En 1936, profitant de l'arrivée du Front Populaire en France, celui-ci émigre, puis est rejoint par sa famille en 1938[3].

Pendant l’occupation allemande, elle s’installe à Nice, resté jusqu’en novembre 1942 en zone libre. Lorsque cette partie du territoire est à son tour occupée, la famille est dénoncée à la Gestapo, mais parvient à s'enfuir et à s'installer à Valdeblore en Italie[4]. Pour plus de sécurité elle est finalement placée en famille d’accueil entre 1945 et 1946.

En 1948, elle part avec sa mère rejoindre son grand-père, qui, comme de très nombreux juifs baltes, s'est installé en Afrique du Sud. Sa mère y milite contre les discriminations raciales[5],[6].

De retour en France, elle étudie le russe à l'Institut national des langues et civilisations orientales.

Elle côtoie Marceline Loridan, Régis Debray et Edgar Morin[4]. Elle commence à militer contre la guerre d'Algérie, ce qui lui vaut un interrogatoire[4].

Combats militants[modifier | modifier le code]

En 1962, elle voyage aux États-Unis, et participe à la Marche sur Washington pour l'emploi et la liberté de 1963, marquée par un discours bien connu de Martin Luther King. Elle parvient ensuite à s'installer Cuba, qu'elle rejoint via Mexico, et à y obtenir un visa, et un emploi de traductrice. Elle reste sur l'île pendant 8 ans mais, critique envers le régime de Fidel Castro, elle en est expulsée fin 1971, et retourne en France[4].

Maya Surduts est d’abord membre d'organisations d'extrême gauche telles que le groupe Révolution ! puis de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR)[1]. Elle intervient dans le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC), qui milite pour légaliser l’avortement. Elle y est convaincue de la nécessité et de l'importance de la lutte pour la cause des femmes[4].

En 1988, elle appartient à l'équipe de soutien à la candidature de Pierre Juquin aux élections présidentielles[1]. Elle est élue à la direction de la LCR.

En 1990, elle crée la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception (CADAC) dont elle devient la présidente, tout en étant l'une des porte-parole duCollectif national pour les droits des femmes (CNDF) où cohabitent de nombreuses organisations, syndicats, associations, partis politiques[7]. Du fait de ce travail de fédération et à la pression exercée sur le pouvoir, elle réussit à faire inscrire dans la loi le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, en 1993[4]. Elle rejoint également Ras l'front, créé dans ces années 1990, contre le Front National[5]. Avec le CNDF, Maya Surduts mène la lutte contre les violences faites aux femmes qui permet d'obtenir l'adoption d'une loi en juillet 2010[8].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Valérie Haudiquet et Maya Surduts, Le Droit des femmes à disposer de leur corps, Paris, Éditions Syllepse, coll. « Arguments et mouvements », , 144 p. (ISBN 978-2849504703)
  • Margaret Maruani, Tenir au travail. Entretien avec Maya Surduts, Paris, La Découverte, coll. « Travail, genre et sociétés », , 248 p. (ISBN 978-2707175731)
  • Margaret Maruani, Rachel Silvera, Maya Surduts, un féminisme de luttes, Paris, La découverte, coll. « Travail, genre et sociétés » n° 29, 2013, p. 5-22

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Sylvie Braibant, « Maya Surduts, debout nuit et jour pour les droits des femmes », TV5 Monde, 13 avril 2016.
  2. « Mort de Maya Surduts, grande voix du féminisme », Le Monde, 13 avril 2016.
  3. « Mort de Maya Surduts, figure du féminisme des années 70, Le Parisien, 13 avril 2016.
  4. a b c d e et f Johanna Luyssen, « Décès de Maya Surduts, féministe historique, humaniste indocile », Libération,‎ (lire en ligne).
  5. a et b Emmanuel Ratier, Ras l'Front, Facta, , p. 85.
  6. Philippe Lançon, « À 58 ans, Maya Surduts est l'âme de la manifestation pour le droit à l'avortement, samedi à Paris. De Riga au Cap en passant par La Havane, itinéraire d'une militante brute de décoffrage. Et s'il n'en reste qu'une... », Libération,‎ (lire en ligne).
  7. « La revanche des féministes », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  8. « LOI n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Parcours de militants, entretiens réalisés par Gilles Manceron et filmés par Jean-Claude Mouton, BDIC, Nanterre, 2004, 51 min (VHS) Projeté dans le cadre de l'exposition « Droits de l'homme, combats du siècle » présentée au Musée d'Histoire contemporaine-Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, Paris, du 30 avril au 18 décembre 2004.
  • Témoigner pour le féminisme. Témoin : Maya Surduts, film réalisé par Carole Roussopoulos, Archives du féminisme, Angers, 2009?, 52 min (DVD) Rushes montés du film Debout ! une histoire du mouvement de libération des femmes (1970-1980) de Carole Roussopoulos, 1999.

Liens externes[modifier | modifier le code]