May Ziadé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
May Ziadé
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de May Ziadé
Nom de naissance Marie Ziadé
Alias
May
Naissance
Nazareth
Décès (à 55 ans)
Le Caire (Égypte)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture arabe
français

Œuvres principales

Fleurs de Rêve
Bâhitat Al-Badiyah
Aïcha Teymour

May Ziadé (مي زيادة), de son vrai nom Marie Ziadé, née le à Nazareth et morte le 17 octobre 1941 est une poétesse, écrivaine, essayiste et journaliste libanaise, pionnière du féminisme oriental[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Née le 11 février 1886 à Nazareth d'un père libanais Elias Ziadé et d'une mère palestinienne Nazha Mouammar, May Ziadé passe sa jeunesse dans sa ville natale où elle poursuit ses études primaires avant de partir au Liban et plus précisément à Antoura pour finir ses études sécondaires au collège des Visitandines.

Elle rentre en 1904 à Nazareth mais la quitte en 1908 pour s'installer définitivement au Caire avec ses parents[3]. Elle s'inscrit à l'Université égyptienne pour étudier les littératures étrangères modernes.

Écrits et publications[modifier | modifier le code]

May commence l'écriture très tôt et dès l'âge de 16 ans, elle collabore à des plusieurs périodiques dont notamment la revue arabe al-Mahroussa dirigée par son père[3].

Elle publie en 1910 sous le pseudonyme Isis Copia, son premier recueil de poèmes en français: « Fleurs de rêve »[1],[3].

Elle publie ensuite en arabe deux biographies des deux principales dirigeantes du mouvement féministe en Égypte [1]:

  • Bâhitat Al-Badiyah (باحثة البادية) (biographie de Malak Hifni Nasif),
  • Aïcha Teymour (عائشة تيمور) (biographie de Aïcha Teymour).

Parmi ses publications en arabe, on note également :

  • Sawâneh fatât (سوانح فتاة) « Propos de jeune fille »,
  • Zulumât wa Ichâ'ât (ظلمات وأشعة) « Ténèbres et rayons » (poèmes lyriques en prose),
  • Al-Musâwât (المساواة) « L’Égalité » (étude sociologique),
  • Bayna l-Jazri wa l-Madd (بين الجزر والمد) « Flux et reflux » (réflexions littéraires),
  • Kalimât wa Ichârât (كلمات و إشارات) « Des signes et des mots »,
  • Al Saha'ef (الصحائف) « Les journaux »,
  • Ghayat Al-Hayât (غاية الحياة) « La signification de la vie ».

Maîtrisant plusieurs langues (dont notamment le français, l'anglais, l'italien et l'allemand), May traduit vers l'arabe plusieurs ouvrages d'auteurs occidentaux tels que Arthur Conan Doyle, Max Müller, Brada, etc[4].

Le Salon littéraire de May[modifier | modifier le code]

En 1912, May fonde un salon littéraire qui devient chaque mardi le rendez-vous incontournable des grands intellectuels de l'époque à l'instar de Taha Hussein, Mohamed Abduh, Qasim Amin, Abbas Mahmoud Al Akkad et Moustapha Sadek al-Rafi'i [5].

Militantisme[modifier | modifier le code]

May Ziadé est considérée comme étant une pionnière du féminisme oriental et comme étant « la première libanaise à poser le problème de la condition de la femme arabe et à traiter la question de l'articulation entre féminité et écriture » [6].

À travers les biographies de deux principales dirigeantes du mouvement féministe en Égypte, May appelle à émanciper la femme arabe et l'inciter à se comparer à l'homme, à être son égal et à bénéficier des mêmes droits.

May et Gibran Khalil Gibran[modifier | modifier le code]

Pendant 19 ans, May entretient une correspondance régulière avec Gibran Khalil Gibran qui se développée en une histoire d'amour platonique bien que les deux personnes ne se soient jamais rencontrées[5]. Cette correspondance commence en 1912 et finit par la mort de Gibran en 1931. May lui reste fidèle renonçant au mariage et à toute autre relation amoureuse[1].

Maladie et mort[modifier | modifier le code]

À la suite de la mort de son père en 1929, de son amant Gibran en 1931 et de sa mère en 1932 [5], May sombre dans une dépression et souffre de neurasthénie[1]. Elle est même internée dans un asile d’aliénés au Liban pendant 9 mois avant de sortir et revenir au Caire.

Elle n'arrive pas à surmonter la douleur causée par la mort de ses bien-aimés et meurt le 17 octobre 1941 au Caire.

Hommage[modifier | modifier le code]

En 1999, Le ministère libanais de la Culture choisit May Ziadé pour célébrer l’année sous le signe de « Beyrouth, capitale culturelle du monde arabe »[1].

En 2012, Google publie un doodle en hommage à l'écrivaine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (fr) « May Ziadé témoin authentique de son époque » sur le site internet de La Revue du Liban
  2. (fr) « May Ziadé »
  3. a, b et c Nehmetallah Abi-Rached, Béatrice Didier (dir.), Antoinette Fouque (dir.) et Mireille Calle-Gruber (dir.), Le dictionnaire universel des créatrices, Éditions des femmes, , « Ziyada, May [nazareth 1886 - Le Caire 1941] », p. 4718
  4. DDK, « Une érudition au service d’une sensibilité », La Dépêche de Kabylie,‎ (lire en ligne)
  5. a, b et c (ar) « 7 étapes dans la vie de la demoiselle May», Al Masry Alyoum, 12 février 2015
  6. (fr) «May Ziadé : Vie et écriture», Carmen Boustani, Les Cahiers du GRIF, N. 43-44, 1990. Liban. pp. 163-169

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :