Maximilien Théodore Chrétin

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Maximilien Théodore Chrétin, peintre, sculpteur et archéologue français, né à Paris en 1797 et mort à Paris 6e le 18 mars 1865[1]. Membre correspondant des Académies de Bordeaux et de Toulouse, il est surtout resté célèbre comme sculpteur-faussaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il se disait le neveu de Robespierre. Il a travaillé dans l'atelier de Guérin, mais en est sorti à 15 ans pour s'engager dans les dragons et participer aux dernières campagnes de l'Empire. Il a été démobilisé à Auch.

À la suite d'un concours, il est nommé professeur de dessin à Auch. En 1825, il s'est établi à Nérac où il s'est marié et a ouvert un atelier de peinture.

Nérac[modifier | modifier le code]

Le "faux" de Nérac : bas-relief représentant Tetricus et son fils (MSR 2000.33.1)

Maximilien Théodore Chrétin, sculpteur, a participé en 1833 aux fouilles de ruines romaines découvertes à Nérac. Il y monta la fable d'une villa impériale à Nérac du temps des Tetricus avec la complicité de l'archéologue Alexandre Du Mège. Il vendit en 1833 plusieurs bas-reliefs représentant Tetricus, son fils, Claude le Gothique à la Société archéologique du Midi de la France, et une mystérieuse Nera et des inscriptions latines, qu'il prétendait avoir découvert lui-même. Après un mouvement d'enthousiasme du milieu archéologique, dont Prosper Mérimée, un examen plus attentif de Charles-Benoît Hase, de l'Institut, puis du baron de Sacy a conduit à y voir des faux.

Un procès est engagé contre lui et son beau-frère Lalard par le maire de Nérac pour soustraction frauduleuse d'objets. Chrétin reconnut devant le tribunal de Nérac en 1835 en être l'auteur. Une inscription avait troublé Alexandre Du Mège : M. T. C. N. D. P. Théodore Chrétin avoua dans l'hilarité générale que ces initiales correspondaient à « Maximilien Théodore Chrétin natif de Paris ». Il fut acquitté de l'accusation de vols d'objets archéologiques[2].

Le faux bas-relief du triomphe de Tétricus est conservé dans les réserves du musée Saint-Raymond de Toulouse, sous le numéro d'inventaire 2000.33.1.

Germigny-des-Près[modifier | modifier le code]

Il a quitté Nérac en 1838. On le retrouve en 1847 pour la restauration de la mosaïque de l'église de Germigny-des-Prés. Il a la chance de découvrir une inscription originale de Théodulf sous la mosaïque. Il a aussi fait une fausse inscription sur un pilier pour donner la date de 806 pour la bénédiction du monument. Théodore Chrétin a alors proposé de restaurer la mosaïque, fort heureusement la révolution de 1848 a arrêté l'autorisation de sa propositions de la refaire entièrement[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris, acte de décès n°628 dressé le 19/03/1865, vue 16 / 31
  2. (Jules Andrieu 1886).
  3. Anne-Orange Poilpré, Le décor de l'oratoire de Germigny-des-Prés : l'authentique et le restauré, p. 281-297, Cahiers de civilisation médiévale, 1998, no 41-163 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Andrieu, Bibliographie générale de l'Agenais et des parties du Condomois et du Bazadais incorporées dans le département de Lot-et-Garonne, t. premier, Paris, Alphonse Picard éditeur, (lire en ligne), p. 170-172
  • Hubert Delpont, Histoire d'une arnaque, Maximilien-Théodore Chrétin et l'empire de Tétricus, Nérac, Albret, , 210 p. (ISBN 2913055125)
  • (en) Paul Meyvaert, Maximilien Théodore Chrétin and the Apse Mosaic at Germigny-des-Prés, Gazette des Beaux-Arts, Mai-Juin 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]