Maxime Gremetz

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Maxime Gremetz
Maxime Gremetz lors d'une manifestation, le 1er mai 2010 à Amiens.
Maxime Gremetz lors d'une manifestation, le à Amiens.
Fonctions
Député français

(18 ans, 1 mois et 14 jours)
Circonscription 1re circonscription de la Somme
Législature Xe, XIe, XIIe, XIIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Jean-Claude Dessein
Successeur Siège vacant
Pascale Boistard (élue en 2012)

(2 ans, 1 mois et 12 jours)
Circonscription 1re circonscription de la Somme
Législature VIIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Scrutin proportionnel de liste

(3 ans, 1 mois et 19 jours)
Circonscription 1re circonscription de la Somme
Législature IVe (Cinquième République)
Prédécesseur René Lamps
Successeur Jean-Claude Dessein
1er vice-président du Conseil
régional de Picardie

(10 mois et 2 jours)
Élection 28 mars 2004
Président Claude Gewerc
Conseiller régional de Picardie

(5 ans, 11 mois et 13 jours)
Élection 28 mars 2004
Président Claude Gewerc
Député européen

(4 ans, 11 mois et 23 jours)
Législature 3e

(6 ans, 9 mois et 13 jours)
Législature 1re et 2e
Successeur Sylvie Mayer
Conseiller général de la Somme
Élu dans le canton d'Amiens-Ouest

(8 ans et 13 jours)
Élection 15 mars 1970
Successeur Marie-Stéphanie Kaczmarek
Biographie
Date de naissance (77 ans)
Lieu de naissance Canchy (France)
Nationalité Français
Parti politique PCF (1955-2006)
Colère et espoir (depuis 2007)
Profession Métallurgiste
Députés de la Somme

Maxime Gremetz, né le à Canchy en France, est un homme politique français. Responsable du Parti communiste français puis membre Colère et espoir, il est élu député de la Somme pendant plus de 30 ans, député européen, conseil général de la Somme et vice-président du conseil régional de Picardie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de neuf enfants, né d'un père bûcheron, Maxime Gremetz s'engage au Parti communiste français (PCF) à 15 ans. Métallurgiste de formation, il travaille à l'entreprise Valeo à Amiens, où il est élu délégué du personnel[1].

Membre fidèle du Parti communiste[modifier | modifier le code]

Maxime Gremetz est élu au conseil général de la Somme en 1970. Dirigeant de la fédération communiste de la Somme, il est élu au Comité central en 1973, au Bureau politique en 1976 et au secrétariat du Comité central du PCF en 1979.

Très vite, il se spécialise en politique étrangère. Il devient le successeur de Jean Kanapa pour la politique extérieure du PCF, la Polex. En juin 1978, tout juste élu député, il organise à Paris une conférence de tous les partis communistes d'Europe, qui réunit ceux des pays socialistes et ceux dans l'opposition légale des pays occidentaux. Dans les faits, deux groupes dominent : les PC français et italien pour les PC occidentaux et le Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) pour les pays socialistes. C'est la période de l'Eurocommunisme et le PCF cherche à s'affirmer sur le plan diplomatique, même si les positions défendues restent celles de l'URSS.

En mai 1980, il suit pour le PCF la visite de Jean-Paul II en France ; à cette occasion, il se félicite que le pape polonais « ne remette pas en cause le système social de la Pologne ». Comme membre de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, il soutient constamment la position soviétique sur les grands conflits que connaît le monde : Afghanistan, Proche-Orient, Crise des euromissiles, etc. En novembre 1980, il publie un commentaire très critique sur l'élection présidentielle aux États-Unis, en contestant son caractère démocratique en raison de son taux d'abstention. En août 1982, alors que le PCF participait au gouvernement français, il conteste fermement la légitimité de l'élection de Bachir Gemayel comme président de la République libanaise, à cause de la présence de chars israéliens devant la Chambre des députés, où se tenait l'élection, alors que François Mitterrand venait de féliciter le nouvel élu.

Député de la 1re circonscription de la Somme de 1978 à 1981, de 1986 à 1988 et de 1993 à 2011, il est réélu le avec 59,33 % des voix sans l'investiture du PCF, qui a même présenté un candidat contre lui. C'est le deuxième score le plus important au niveau national pour le second tour de cette élection.

Il mène la liste d'union de la gauche aux municipales 2001 à Amiens, que le maire sortant Gilles de Robien remporte au premier tour.

Aux régionales de 2004, il mène une liste PCF qui obtient au premier tour le meilleur score national du Parti, avec plus de 10 % des voix. Sa liste fusionne avec celle conduite par le socialiste Claude Gewerc au second tour, qui emporte la présidence de la région Picardie, Maxime Gremetz négociant alors la première vice-présidence.

En rupture avec le PCF[modifier | modifier le code]

Rapidement après les élections régionales, ses relations avec la majorité régionale et les instances locales et nationales communistes se dégradent. Élu le représentant du Conseil régional à l’Agence régionale de l'hospitalisation (ARH), Claude Gewerc, président socialiste de la région Picardie, l'accuse d'avoir sollicité les voix des conseillers régionaux du Front national. Gremetz perd sa vice-présidence[2], et les trois secrétaires départementaux du PCF de Picardie « dénoncent avec vigueur » la manœuvre de la droite et de l'extrême droite qui ont, selon eux, porté leurs voix sur Maxime Gremetz, proposant à ce dernier de démissionner de l'Agence régionale d'hospitalisation, ce qu'il refuse. Il gagne ensuite un procès en diffamation, en , contre Claude Gewerc.

En , le PCF refuse de renouveler sa carte au député picard, lequel a fait trancher le différend, en sa faveur, par le Tribunal de grande instance de Paris en mars 2006. Aux législatives de 2007, les militants communistes de la première circonscription de la Somme investissent le maire de Camon, Jean-Claude Renaux[3], mais Gremetz emporte le scrutin malgré l'étiquette de dissident (Communistes en Somme) avec 59 % des voix.

Pour les municipales de 2008, il réclame des listes PCF et PS séparées au premier tour des municipales, comme lors des élections précédentes. Il menace, avant d'y renoncer en [4], de conduire une liste dissidente à celle d'union de la gauche menée par un socialiste et à laquelle participe le secrétaire de la section d'Amiens Laurent Beuvain avec le soutien de son parti[5]. Malgré un 1er tour décevant (41 % des voix), la liste d'Union de la Gauche obtient 42 conseillers sur 52, dont Laurent Beuvain, qui siègent dans le même groupe municipal « Unis et solidaires »[6].

Présentant sa propre liste aux régionales de 2010, face au président socialiste sortant Claude Gewerc et à la liste Front de gauche menée par le communiste Thierry Aury, il obtient 6,20 % des suffrages au premier tour, ce qui l'empêche de se maintenir au second tour.

Candidat lors des cantonales de 2011 pour le canton d'Amiens-4-Est, il est battu par le conseiller général socialiste sortant, Jean-Louis Piot, qui réalise 60,93 % des voix[7].

Jugeant ne plus pouvoir remplir ses fonctions dans des « conditions satisfaisantes » après son exclusion de son groupe politique à l'Assemblée nationale, Maxime Gremetz démissionne de son mandat de député le [8]. Son siège de député reste vacant jusqu'aux élections législatives de 2012, une élection partielle ne pouvant être organisée dans les douze mois qui précèdent la fin du mandat de l'Assemblée nationale.

Une personnalité controversée[modifier | modifier le code]

Maxime Gremetz est une personnalité controversée pour son attitude colérique, et sa carrière est émaillée d'incidents publics.

En 1998, il est condamné pour avoir bousculé lors d'une cérémonie officielle un gendarme avec sa voiture, avant d'interpeller vivement Charles Baur, président du conseil régional de Picardie, ainsi que le maire d'Amiens Gilles de Robien, sur la gratuité d'une autoroute (A16, partie ouest entre Amiens Nord et Dury), puis est gracié par le président Jacques Chirac en 2002[9]. Lors d'une séance du conseil régional de Picardie, le , il est accusé d'avoir repoussé et fait chuter le socialiste Gilles Seguin. Reprochant au groupe communiste de l'Assemblée nationale de le priver de parole, il saccage le bureau de Daniel Paul[10].

Le , il est condamné pour licenciement abusif par le conseil des prud'hommes d'Amiens à verser plus de 50 000 euros à quatre anciens collaborateurs qu'il avait remerciés pour « faute grave » ou « incompétence »[11],[12]. Ses adversaires au sein du PCF lui reprochent des formes de harcèlement moral, des propos injurieux, des violences verbales, un changement de serrure intempestif, et un fonctionnement peu collectif (Déclaration du Comité de section d’Amiens du PCF de février 2006[13]).

Le , il est exclu temporairement de l'Assemblée nationale et privé pour deux mois de la moitié de son indemnité parlementaire après avoir interrompu une réunion parlementaire consacrée aux accidents nucléaires de Fukushima au Japon, en intimant l'ordre aux ministres de déplacer leurs voitures mal garées selon lui[14],[15]. Le 28 mars 2011, le juge des référés du Conseil d'État se déclare incompétent pour examiner le recours contre cette sanction[16]. À la suite de cette affaire, il est exclu le de son groupe parlementaire (Gauche démocrate et républicaine)[17].

En novembre 2011, il bloque un véhicule de transport de fonds avec sa Citroën, il fait usage de sa cocarde de parlementaire, alors qu'il n'est plus en fonction : le 27 novembre 2012, le tribunal correctionnel d'Amiens le poursuit pour « entrave à la circulation des véhicules sur une voie publique » et « usage public et sans droit de document justificatif d'une qualité professionnelle ou d'un insigne réglementés par l'autorité publique » ; il condamne Maxime Gremetz à une amende de 2 000 euros et à une inscription au casier judiciaire[18],[19].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Mandats nationaux et européens[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reportage « In Situ : Maxime Gremetz, député PC de la Somme », La Chaîne parlementaire /SoWhatProductions, 2011
  2. « Gremetz dépouillé de ses délégations à la région », Libération, 1er février 2005
  3. « Le PCF présente un candidat contre Maxime Gremetz », sur Nouvebs.com, .
  4. Jean-Michel Bezat, « Opération drague dans les barrages français », sur Le Monde, .
  5. « FAKIR »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 16 mai 2017).
  6. http://www.amiens.fr/citoyen/elus_amiens.asp.
  7. « Cantonales : peu de casse chez les têtes d’affiche », sur europe1.fr, .
  8. « Maxime Gremetz quitte son poste de député », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne).
  9. « Grâce présidentielle pour Maxime Gremetz », sur l'Humanité, .
  10. « http://www.marianne2.fr/Maxime-Gremetz,-la-bete-de-Somme_a177117.html »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 16 mai 2017)
  11. http://afp.google.com/article/ALeqM5hjj7K--R_rHM8NGNcbXa8L-D5moQ
  12. Social : Maxime Gremetz, patron indélicat ? - France - LCI
  13. VIROT, « Gremetz : demande d’exclusion du député PCF », sur Bellaciao.fr, .
  14. Débats parlementaires, Assemblée nationale, 16 mars 2011, consulté le 31 décembre 2013. Extrait vidéo de la séance, Public Sénat.
  15. "Maxime Gremetz exclu temporairement de l'Assemblée Nationale", nouvelobs.com, 23 mars 2011.
  16. Ordonnance de référé du Conseil d'État no 347869.
  17. « Maxime Gremetz exclu de son groupe à l'Assemblée nationale », 20minutes.fr, 12 avril 2011
  18. « AMIENS Maxime Gremetz condamné à 2 000 euros d'amende », Le Courrier Picard, 27 novembre 2012
  19. « SOMME Les zéros de conduite de Gremetz », Le Courrier Picard, 28 novembre 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]