Max Wechsler

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Max Wechsler
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Max Wechsler en 2019.
Naissance
Décès
(à 94 ans)
Paris
Nationalité
Activité
signature de Max Wechsler
signature

Max Wechsler est un peintre français né le à Berlin et mort le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Max Wechsler naît en 1925 à Berlin dans une famille juive. Après la nuit de Cristal (Reichspogromnacht ou Reichskristallnacht), il est envoyé en France et parvient à rejoindre Paris chez un oncle en .

Ses parents et grands parents, restés à Berlin, sont déportés et assassinés à Auschwitz en 1943[1].

Pendant l’occupation, via le réseau des Éclaireurs israélites de France (EIF), il est recueilli à la Maison des enfants de Moissac[2], puis, après l’invasion de la zone sud, passe en Suisse le et rejoint le camp de Davesco, près de Lugano.

À la fin de la guerre, il choisit de s’installer en France, à Paris. Apatride, il obtient la nationalité française en 1980.

Il débute au journal Vaillant comme illustrateur et graphiste, métier qu’il exercera à temps partiel jusqu’au début des années 1990, principalement pour les Presses de la Cité. Ses rencontres avec le peintre Serge Fiorio pendant la guerre durant son séjour à Moissac, puis avec René Moreu, qui fut rédacteur en chef du Vaillant, seront déterminantes[1].

Dans les années 1950 et 1960, il peint dans une veine surréaliste des compositions fantastiques faites, selon Pierre Gaudibert, de « déploiements organiques […] expansion d’enroulements, gonflements, fissures », et constituant des « Figures symboliques témoignant d’une œuvre de souffrance » pour A. Pacquement. Ces œuvres sont exposées par Pierre Gaudibert au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris lors de la première manifestation de l’ARC en 1968[3].

Il rencontre en 1975 Christine Fleurent, son épouse[réf. souhaitée].

Il cesse volontairement de peindre de 1973 à 1977[4], puis se tourne ensuite vers une abstraction qu’il n’abandonnera plus : série d’œuvres sur toile, surfaces striées comme lacérées dans la matière.

En 1984, il abandonne le châssis pour de grandes œuvres sur toile intégrant des collages de différents matériaux, papiers et journaux en une matière dense et épaisse, qu’il intitulera « Recouvrements papiers ». Ces très grands formats sont inspirés par l’espace de l’atelier acquis en 1985 dans le quartier de La Bastille, où il travaillera jusqu’à la fin de sa vie[réf. nécessaire].

Il rencontre le peintre Michel Parmentier, qui partage l’atelier plusieurs mois avec lui en 1988. Il expose à nouveau de grands formats à la Galerie Jean Fournier, à Paris, en 1986[5].

Il se lie en 1989 avec le critique et poète Maurice Benhamou[réf. souhaitée].

Dans les années 1990, son processus créatif se réduit à un seul matériau : l’imprimé. Les caractères typographiques sont réduits, agrandis, transformés pour créer des œuvres sans bords ni centres, des espaces lumineux, où la matière engendre la couleur[réf. nécessaire].

Univers en expansion de l’illisibilité qui témoigne paradoxalement de la permanence de l’origine, de l’impossible disparition. « Papiers marouflés » de très grand ou très petit format, Max Wechsler dit : « la lettre sans cesse transformée, déstructurée résiste, se révèle indestructible… J’associe ainsi la part de ce qui sera ignoré à jamais de celle qui demeurera indélébile »[réf. nécessaire][style à revoir].

Dans les années 2000, Berlin accueille l’artiste dans sa ville natale, et lui consacre plusieurs expositions importantes : au Musée juif de Berlin[6], à la Villa Oppenheim, à la Galerie KunstbüroBerlin[7], et à la Berlinische Galerie, institution à laquelle il fait une importante donation en 2010[8].

En 2003, il reçoit le prix Maratier[9].

À Paris, il expose régulièrement au Musée d'Art et d'Histoire du judaïsme[10] où sa donation est présentée en 2017[11], à la galerie Guislain-Etats d’Art, à la Galerie ETC[12], à la Galerie Dutko[13] et à Paray-Le-Monial, au musée du Hiéron[14], auquel il fait également une donation.

Il réalise ses dernières œuvres en 2019 et meurt à Paris le [1].

Expositions[modifier | modifier le code]

Acquisitions publiques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « L'artiste Max Wechsler s'est éteint », sur Le Quotidien de l'Art (consulté le 23 février 2021)
  2. « La donation Max Wechsler exposée au mahJ jusqu'au 30 juillet », sur Moissac ville de Justes oubliée, (consulté le 23 février 2021)
  3. « Archives de l'exposition "Max Wechsler", [présentée à l'ARC du 26 novembre au 30 décembre 1968] | Paris Musées », sur www.parismuseescollections.paris.fr (consulté le 23 février 2021)
  4. « Max Wechsler », sur Wall Street International, (consulté le 23 février 2021)
  5. « Max Wechsler, Galerie Jean Fournier, Paris, France, 13/09-09/10/86 », sur artpress, (consulté le 24 février 2021)
  6. (de) « Schriftbilder », sur Jüdisches Museum Berlin (consulté le 23 février 2021)
  7. (de) « Biografie », sur KunstBüroBerlin (consulté le 23 février 2021)
  8. (en) « Wechsler and Kaufmann », sur berlinischegalerie.de (consulté le 23 février 2021)
  9. « La fondation Pro mahJ », sur Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, (consulté le 23 février 2021)
  10. « Vis-à-Vis, Paris, France, 21e siècle, 1er quart », sur Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, (consulté le 23 février 2021)
  11. « Collections en ligne », sur Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme (consulté le 23 février 2021)
  12. « Max Wechsler », sur Galerie ETC | Paris (consulté le 23 février 2021)
  13. (en) « MAX WECHSLER », sur Galerie Dutko (consulté le 23 février 2021)
  14. a et b « Max Wechsler – Musée du Hiéron », sur www.musee-hieron.fr (consulté le 23 février 2021)
  15. Point contemporain, « Max Wechsler - 05/09 au 05/10 - Galerie ETC, Paris », sur Agenda des expositions par Point contemporain (consulté le 2 mars 2021)
  16. « Max Wechsler — Solo Show — Galerie Dutko Ile St. Louis — Exposition », sur Slash Paris (consulté le 2 mars 2021)
  17. « MAX WECHSLER | Cnap », sur www.cnap.fr (consulté le 2 mars 2021)
  18. « Max Wechsler », sur Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, (consulté le 2 mars 2021)
  19. « | Cnap », sur www.cnap.fr (consulté le 23 février 2021)
  20. Musée national d’art moderne-Centre Pompidou, « Musée national d’art moderne – Centre Pompidou », sur Navigart.fr, (consulté le 23 février 2021)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographie[modifier | modifier le code]

  • Ruth Martius (dir.), Max Wechsler. Respiration du silence, Berlin, Jovis Verlag, 2012.

Catalogues d’exposition[modifier | modifier le code]

  • Max Wechsler. Peintures, introduction de Pierre Gaudibert, Paris, musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 1968.
  • Maurice Benhamou, Max Wechsler. L’immobilité, autrement dit le silence, Paris, Éditions Espace-Abstraction, 1990.
  • Maurice Benhamou, Quatre peintres de la couleur tensive, Paris, Éditions Espace-Abstraction,1997.
  • Max Wechsler, Autrement dit, textes de Maurice Benhamou, René Guiffrey, Saralev H. Hollander, Rütjer Rühle, Max Wechsler, Paris, Éditions Espace-Abstraction, 2002.
  • Max Wechsler. Unter der Oberfläche, Papiers marouflés, Berlin, Villa Oppenheim, 2006.
  • Max Wechsler. Entfaltung der Tiefe, Berlin, Villa Oppenheim, 2007.
  • Maurice Benhamou, De la peinture, Paris, galerie ETC, 2019.

Articles[modifier | modifier le code]

  • Maurice Benhamou, « Max Wechsler », dans Une collection pour la grande arche, Paris, AXA - Caisse des dépôts et consignations,1989.
  • Maurice Benhamou, « L’immobilité autrement dit le silence », dans De la peinture à proprement parler, Paris, L’Harmattan, 2011.
  • Maurice Benhamou, « Max Wechsler. Dessins », Sans Titre 1 et Sans titre 2, Paris, Éditions Espace-Abstraction, 2014.
  • Maurice Benhamou, « Le vide et la lettre », dans Max Wechsler, Paris, galerie ETC, 2019.
  • Annika Brockschmidt, « Flüstertone », Der Tagesspiegel, Berlin, 14 juillet 2012.
  • Dominique Dendraël, « Infiniment », dans Max Wechsler, en signe de vie, Paray-le-Monial, musée du Hiéron, 2012.
  • Dominique Dendraël, « Max Wechsler à St Matthäus-Kirche de Berlin », décembre 2014.
  • Dominique Dendraël, « L’infini de la création », L’Art en partage, Paray-le-Monial, musée du Hiéron, 2018, p. 20-27
  • Lydia Harambourg, « Max Wechsler, plis et replis », Gazette de l’hôtel Drouot, Paris, février 2005.
  • Andreas Haus, “Max Wechsler/Schriftfragmente », Kunstverein Kunsthaus Potsdam, Potsdam, 2013.
  • Heidi Jäger, « Aufgebrochene Sprachlosigkeit » Potsdamer Neueste Nachrichten, Potsdam, 23 février 2012
  • Kai Müller, « Meine Bilder atmen für mich », Der Tagesspiegel, Berlin, 22 Janvier 2006.
  • Michel Nuridsany, « Silence radieux, Max Wechsler à contre-courant », Le Figaro, Paris, octobre 1990.
  • Alfred Pacquement, « Max Wechsler, Sans titre, 1986 », Paris, Fonds national d’art contemporain, 1989.
  • Heinz Stahlhut, « Wortmaterial », Museums Journal, Berlin, avril-juin 2010, p. 59.
  • Cathie Silvestre, « À la rencontre de Max Wechsler », Esquisse(s), n° 5, automne 2013.
  • Elisabeth Wagner, « Materiale Nachbarschaften. Max Wechslers Papiers Marouflés », Literarische Nachbarschaften, Die Mosse-Lectures an der Humboldt-Universität zu Berlin, Berlin, n° 8, 2016, p. 79-96.
  • Daniel Zaoui, « En écho à Max Wechsler », Esquisse(s), n° 5, automne 2013.
  • Jeannette Zwingenberger, « Werke aus Wortwirbeln », ParisBerlin, Paris, juin 2013, p.74-79.

Liens externes[modifier | modifier le code]