Maurizio Cattelan

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Maurizio Cattelan
CattelanLOVE.jpg
Naissance
Nationalité
Italien
Activités
Représenté par
Galerie Emmanuel Perrotin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Œuvres principales

Maurizio Cattelan est un artiste italien né à Padoue le 21 septembre 1960[1]. Il vit et travaille à New York.

Ses œuvres connaissent le succès à la fin des années 2000 sur le marché de l'art contemporain[2] et chez les collectionneurs[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formé de façon indépendante, il débute sa carrière à la fin des années 1980. Ses œuvres, qui prennent forme à partir d'objets et de personnes du monde réel, sont le résultat d'une opération irrévérencieuse contre l'art et les institutions[4].

Le musée Guggenheim de New York a présenté en janvier 2012 une rétrospective de son œuvre sur vingt-et-une années, intitulée « Maurizio Cattelan: All »[5].

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Cattelan ouvre sa propre galerie new-yorkaise (la « Wrong Gallery »), espace où rien ne se vend et qui demeure fermée de façon permanente.

HIM installé dos au public dans le Ghetto de Varsovie.

Cattelan crée des œuvres qui font toujours scandale et donnent lieu à toutes sortes d'interprétations, jusqu'à mettre en cause la religion et le sacré, comme La Nona Ora, sculpture qui représente une effigie, en cire et grandeur nature, du défunt pape Jean-Paul II terrassé par une météorite. L'artiste n'apprécia d'ailleurs pas la revente de La Nona Ora par son collectionneur ; pour illustrer son mécontentement, il scotcha son galeriste (Massimo De Carlo) au mur afin qu'il se vende lui-même.

En 1994, il persuade le galeriste Emmanuel Perrotin de passer un mois déguisé en lapin rose et pénis marchant, Errotin le Vrai Lapin. À une autre occasion, il fait pédaler sur place les gardiens du musée où on lui demande d'exposer. Sa sculpture Him (Adolf Hitler agenouillé et suppliant), réalisée en 2001, connut un énorme succès. Elle a été vendue aux enchères chez Christie's à New York le 8 mai 2016 par €15,037,403[6].

Réception par la critique[modifier | modifier le code]

Il entretient une allure de « ragazzo[7] » italien[réf. nécessaire]. Des médias rapportent qu'il est désigné comme « le Buster Keaton de l'art contemporain[8] » ou comme « l'idiot du village » de l'art contemporain[9] ». Le caractère provocateur de ses expositions est généralement évoqué[10],[11],[12].

Sélection d'œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1996 :
    • La Ballade de Trotski, composé d'un véritable cheval, vendue par Sotheby's en 2004.
    • Novecento, analogue (ou la même ?), véritable cheval empaillé suspendu, par des harnais de cuir, à un des hauts plafonds peints du Château de Rivoli (musée d'art contemporain).
  • 1997 :
    • Charlie don't surf (1997), enfant au pupitre, les deux mains clouées par des crayons, au musée d'art contemporain (musée au Château de Rivoli).
    • Autruche mâle naturalisée (1997), Une autruche, la tête enfoncée dans le parquet (Fonds national d'art contemporain).
  • 1999 :
    • La Neuvième heure (La Nona Ora), créée en 1999, une effigie, en cire et grandeur nature, du pape Jean-Paul II terrassé et cloué au sol par une météorite.
    • Mère, présentée à la Biennale de Venise, un véritable fakir en train de prier est enfoui sous le sable, ses mains seules sont en vue. Cette performance fut réalisée quatre fois une heure par jour.
  • 2001 :
    • Hollywood, des lettres blanches géantes identiques à celles d'Hollywood sont plantées sur une colline dominant la décharge publique de Palerme, la plus importante de Sicile. Dans le cadre de la biennale de Venise, il affrète un avion et fait admirer sa réalisation par la jet-set de l'art contemporain, déclarant : « L'art doit être en compétition avec la télévision. Si on n'utilise pas la même stratégie, on n'aura jamais de succès. »
    • Par peur de l'amour, un éléphant en uniforme du Ku Klux Klan.
    • Him, représentant un petit Adolf Hitler agenouillé comme s'il priait. Elle est l'objet d'une controverse lors de son exposition à Varsovie en novembre 2012[13].
  • 2004 :
    • Maintenant, présentée à Paris dans la chapelle des Petits-Augustins aux Beaux-Arts, représente la dépouille de John Fitzgerald Kennedy allongé dans son cercueil. Il s'agit d'un mannequin en cire, pieds nus dans un cercueil ouvert.
  • 2010 :
  • 2013 :
    • Kaputt, une série de cinq chevaux naturalisés accrochés à un mur par l'encolure, exposés à la Fondation Beyeler[15].
  • 2016 :
    • Not Afraid of Love[16], exposition de trois pièces majeures à la Monnaie de Paris, du 21 octobre au 8 janvier 2017.
  • 2018 :
    • Big Paintings, une série de peintures de grand format (297x210cm et 210x210cm) reprenant et détournant plusieurs classiques de l'histoire de l'art.[17],[18]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Cattelan, paura d'essere risucchiato dallo scarico della lavatrice dans La Stampa le 20 juillet 2010 : « L'artista Maurizio Cattelan, nato a Padova il 21 settembre 1960 » .
  2. Olivier Wicker, « L'échelle de la célébrité », Libération Nextcinéma,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Personnel de rédaction, « Against the odds », The Economist,‎ (lire en ligne)
  4. (it) « Cattelan, Maurizio nell'Enciclopedia Treccani », sur treccani.it (consulté le 20 septembre 2018).
  5. (en) Roberta Smith, « A Suspension of Willful Disbelief », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  6. http://www.christies.com/lotfinder/sculptures-statues-figures/maurizio-cattelan-him-5994820-details.aspx?from=salesummary&intObjectID=5994820&sid=3cd0ba02-0802-4f59-af84-1eaa86cd28f1
  7. Jeune homme.
  8. Interview dans Paris Match à lire sur parismatch.com.
  9. Site French Morning de New York frenchmorning.com.
  10. (it) Laura Larcan, « "Tutto" Cattelan al Guggenheim, irriverenza e provocazione », La Repubblica Arte, Recensioni,‎ (lire en ligne)
  11. Thierry Hay, « Maurizio Cattelan le provocateur expose à New York », culturebox.francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne)
  12. Jean Pierrad, « Maurizio Cattelan - L'art spaghetti ? », lepoint.fr,‎ (lire en ligne)
  13. Alice Bosio, « Une statue d'Hitler controversée à Varsovie », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  14. Article du Figaro
  15. Harry Bellet, « Bâle : les chevaux de Maurizio Cattelan », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  16. Programme de la Monnaie de Paris, site officiel, en ligne.
  17. Big Paintings
  18. (en) « Maurizio Cattelan on ArtStack - art online », sur My Favorite Arts (consulté le 20 septembre 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Hans Werner Holzwarth, Art Now Vol 3. A cutting-edge selection of today's most exciting artists, Cologne, Taschen, 2008, p. 88-91
  • (en) Uta Grosenick, Burkhard Riemschneider, Art Now. 137 Artists at the Rise of the New Millenium, Cologne, Taschen, 2002, p. 88-91
  • (en) « 6th Caribbean Biennal - A Project by Maurizio Cattelan », Les presses du réel, Dijon, 2001 (ISBN 978-2-84066-050-7)

Liens externes[modifier | modifier le code]