Maurice Rocher

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Maurice Rocher
Naissance
Évron, France
Décès (à 76 ans)
Versailles, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession
Formation

Maurice Rocher, né le à Évron (Mayenne), et mort le à Versailles, est un artiste peintre expressionniste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maurice Rocher suit les cours de l'école des arts appliqués du Mans puis des Beaux-Arts de Paris et, de 1936 à 1939, des Ateliers d'art sacré de Maurice Denis et de George Desvallières dont il apprécie l'enseignement. Homme de foi, il fréquente alors régulièrement l'abbaye de Solesmes. En 1948, il est l'un des co-fondateurs du Centre d'art sacré où il enseigne jusqu'en 1952, enseignement interrompu en 1949-1950 par un séjour à la Casa de Velázquez à Madrid.

L'œuvre picturale de Maurice Rocher est organisée autour de quelques grands thèmes, chacun traité et approfondi de façon spécifique par une longue série de peintures. Les principaux thèmes de l'œuvre sont :

  • Les crucifixions et Ecce homo, 1954-1965
  • les notables, 1965-1967
  • Les nus, 1968-1970
  • les églises, 1970-1972
  • les suppliciés, 1985-1990
  • Les couples, 1985-1987
  • les visages-matières

D’abord influencé par Constant Permeke, dont il adopte le modelé elliptique et les teintes brunes, il opte en 1965 pour des personnages rouges et roses, et commence une série d'églises (classiques puis déstructurées) qu'il poursuivra tout sa vie. En 1966, l'image du prêtre révolutionnaire Camillo Torrès inspire une série de Suppliciés déclinés obsessionnellement jusqu'à sa mort. À partir de 1970, il enrichit sa palette de teintes plus vives et diversifie ses fonds (souvent noirs) dans des Visages aux teintes plus douces et des Notables, « salauds sartriens[réf. nécessaire] », aux verts et bleus parfois violents. Ces années sont aussi marquées par une production abondante de gouaches, encres et lavis. En 1983, la rencontre d'une femme enrichit le thème des scènes à plusieurs personnages, puis celui récurrent des Couples, parfois intitulés Mangeuses d'homme.

Pour lui, la matière prime, il ne part pas d'un sujet établi mais se laisse guider par son instinct, c'est en cela qu'il revendique une influence de l'expressionnisme. Les Visages-Matière composés à partir de restes de peinture témoignent de cette approche. Bien que la forme l'emporte souvent sur le sujet, il reste un peintre figuratif. Il expose régulièrement à Paris dans diverses galeries et côtoie les peintres de la nouvelle figuration : Bengt Lindström, John Christoforou ou Orlando Pelayo, à la galerie Ariel.

De 1946 à 1965, Maurice Rocher a conçu les verrières (vitraux au plomb ou dalles de verre) de plus d'une centaine d'édifices religieux, en France et à l'étranger, dans le cadre de la reconstruction suivant la Seconde Guerre mondiale, ou pour des églises nouvelles. Il déclarait cependant ne plus être croyant à la fin de sa vie[1].

Il meurt à Versailles en 1995, laissant un œuvre important composé de plusieurs centaines de toiles et d'œuvres sur papier.

Récompense[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

« La palette de Maurice Rocher est exclusivement faite de noirs, de blancs et de quelques terres. Art fortement engagé dans les boues du réel. Son thème est l'homme qu'il prend aux deux pôles à la fois charnels et sacrés de sa vie, la naissance et la mort. Une muette et comme animale tendresse y paraît, qui est plutôt compassion qu'apaisement. Cependant; au-dessus de ces personnages tout raidis dans leur acquiescement à un destin qu'ils accomplissent dans la nuit, le ciel nuageux se blanchit de lueurs d'aube. Le vitrail vient curieusement compléter cet art volontaire et un peu triste par une joie de couleurs enfin libérées qui semble bien déployer aux hautes fenêtres des églises la joie même de l'homme racheté et régénéré. »

— Joseph Pichard[2]

« Microcosme d'un contexte social très contemporain, reflet d'un regard pessimiste sur la destinée humaine, l'art de Maurice Rocher épingle sans relâche les prototypes d'une société veule et hypocrite qui dissimule sa moralité douteuse sous les oripeaux ridicules et pompeux des rites sans âme d'un pouvoir établi. Personnages galonnés, veuves abusives, notaires bouffis, ambassadeurs auto-satisfaits, dictateurs suffisants, composent cette iconographie féroce et sarcastique, chargée de vecteurs sociologiques. Rien de moins innocent que ces visages tuméfiés, soumis à l'ire d'une touche gestuelle et baroque qui lézarde à plaisir des morphologies aux chairs ravinées. »

— Gérard Xuriguera[3]

« Dans une voie peu fréquentée hormis par Rouault, Soutine et Permeke, Maurice Rocher s'est fait le portraitiste d'une humanité souffrante. Sa peinture est le miroir des tares cachées d'une âme paroxystique. Corps et visages sont sabrés par un pinceau qui exploite toutes les richesses d'une palette goyesque. Des fulgurances en noir et rouge zébrées de blanc dictent les formes convulsives d'êtres de chair et de sang. »

— Lydia Harambourg[4]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Grand-Duché de Luxembourg[modifier | modifier le code]

Mexique[modifier | modifier le code]

Taiwan[modifier | modifier le code]

Vatican[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • De l'expressionnisme en peinture, Rezé, Séquences,
  • Journal 1945-1983, Laval, Éditions Siloé,
  • Journal, Barèges, Centre international de l'Hospitalet,

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Aujourd’hui je ne suis plus croyant », propos recueillis par Nathalie Cottin dans Entretiens avec Maurice Rocher, Éditions Altamira, Paris, 1994.
  2. Joseph Pichard, L'Art sacré moderne, Arthaud, 1953, pages 122-123.
  3. Gérard Xuriguera, Regard sur la peinture contemporaine, Arted, 1983, pages 196-198.
  4. a et b Lydia Harambourg, « Maurice Rocher, hommage », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°12, 24 mars 2017, page 246.
  5. Ctalogue écrit par Jean-Jacques Lévêque.
  6. Catalogue écrit par Maurice Lelong.
  7. Cette dernière intitulée Suppliciés. Voir article de Lydia Harambourg dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, n° 40 du 16 novembre 2007.
  8. Normandie Magazine, « Des natures mortes à Honfleur », n° 260, novembre 2013.
  9. Abécédaire des films sur l'art moderne et contemporain, Centre national des arts plastiques/Centre Georges-Pompidou, Paris, 1985, p. 238.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999
  • Nathalie Cottin, Maurice Rocher, Peintures 1986-1993, Paris, Éditions Altamira,
  • Nathalie Cottin, Entretiens avec Maurice Rocher - Le peintre, Dieu, la femme, Paris, Éditions Altamira,
  • Lydia Harambourg, Dictionnaire des peintres, École de Paris 1945-1965, Ides et Calendes, Neuchâtel 1993
  • Collectif (sous la dir. de Paul André), L'Art sacré au XXe siècle en France, Éditions de l'Albaron - Société Présence du Livre, 1993
  • Gérard Xuriguera, Maurice Rocher, Paris, Éditions Mayer,
  • Gérard Xuriguera, Les années 50 - Peintures, sculptures, témoignages, Arted, 1984
  • Jean Lemanceau, Gérard Xuriguera et Jean-Marie Dunoyer, Maurice Rocher, Femmes et Notables, Paris, Éditions Art Moderne,
  • Gérard Xuriguera, Regard sur la peinture contemporaine, Arted, 1983
  • Gérard Xuriguera, Maurice Rocher, Paris, Éditions Art Moderne,
  • Joseph Pichard, L'Art sacré moderne, Arthaud, 1953

Liens externes[modifier | modifier le code]