Maurice Pellé

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Officier général francais 3 etoiles.svg Maurice Pellé
Maurice, César, Joseph Pellé
Maurice Pellé
Le général Maurice Pellé, en 1919, uniforme de chef d'état-major de l’armée tchécoslovaque.

Naissance
Douai (Nord)
Décès (à 60 ans)
Toulon (Var)
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Flag of France.svg Armée française
artillerie
Grade Général de division
Années de service 1896-1924
Commandement major-général au GQG
153e division d'infanterie
5e corps d'armée
Conflits Première Guerre mondiale
Faits d'armes Bataille du Chemin des Dames
Bataille de la Marne (1918)
Distinctions grand-croix de la Légion d’honneur

Maurice César Joseph Pellé (né le à Douai – mort le à Toulon[réf. nécessaire] [1] est un officier général français qui commence sa carrière militaire à Madagascar puis comme attaché militaire en Allemagne. Il se trouve au Maroc au début de la première guerre mondiale. Il rejoint rapidement le général Joffre en qualité de major-général au GQG jusqu'en décembre 1916. Il dirige ensuite une division puis un corps d'armée jusqu'à la fin de la guerre. Il est par la suite envoyé en Tchécoslosvaquie où il est connu pour être le créateur de l'armée tchécoslovaque après 1919.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il entre à l’École polytechnique en 1882, puis comme sous-lieutenant à l’École d’application de l’artillerie en 1886.
Lieutenant en premier en octobre 1889 il est muté dans divers régiments d’artillerie avant d’être instructeur à l’école d’artillerie décembre 1889 à novembre 1891.
Capitaine en second le 9 avril 1892 adjoint à la direction de l’artillerie à Nice, il suit les cours de l’École supérieure de guerre en 1893, puis stagiaire à l’EM en 1895, il est officier d’ordonnance du ministre de la Guerre Billot en juin 1896.

Il est inhumé à Paris dans le cimetière des Batignolles (25e division).

Dans les colonies et les ambassades[modifier | modifier le code]

De 1900 à 1903, il est chef d'état-major du colonel Joffre à Madagascar.
Le colonel Pellé est attaché militaire à Berlin auprès de l'ambassadeur Jules Cambon de 1909 à 1912. Il rédige au cours de cette période de nombreux rapports sur la société allemande et rencontre de nombreuses personnalités allemandes notamment le Kaiser Guillaume lors des chasses. Il est un des officiers français les plus connaisseurs de l’Empire allemand.
En 1913, il est muté au Maroc comme chef d'état-major du Résident général Lyautey. Il commande les Troupes auxiliaires marocaines.

La première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le général Maurice Pellé commence la guerre en dirigeant la 2e brigade de tirailleurs de la division de marche marocaine. Très vite il est appelé auprès du général Joffre au Haut-commandement, où il exercera les fonctions de major général à la Direction supérieure de la Guerre et des Théâtres d'opérations extérieurs au Grand Quartier Général (GQG) jusqu’en décembre 1916.
Il retrouve un commandement opérationnel et dirige la 153e D.I et se distingue particulièrement à la bataille du Chemin des Dames. Général de division le 2 mai 1917, il prend la tête du 5e Corps d'Armée qu'il dirige jusqu'en janvier 1919. Avec ce corps, il participe aux batailles de Noyon, de la Marne et en Argonne.

Il est le chef de la mission militaire française en Bohême de janvier 1919 à décembre 1920 et devient le premier chef d'état-major de l'armée tchécoslovaque.
En 1921, il est Haut-commissaire de la République française en Orient, ambassadeur de France à Constantinople lors de l’avènement de Mustafa Kemal Atatürk. Il est cosignataire de l'armistice de Moudania.
Il est le représentant militaire et commande la délégation française, il est un des signataires du traité de Lausanne qui définit les nouvelles frontières de la Turquie et les droits de passage des différents détroits.

Participation à la création de l’armée tchécoslovaque[modifier | modifier le code]

À la suite de l'accord du 26 janvier 1919 entre la France et la nouvelle république de Tchécoslovaquie (après le démantèlement de l'empire austro-hongrois), le général Pellé est nommé à la tête de la mission militaire française à Prague[2] en 1919 afin de permettre la construction de la nouvelle armée tchécoslovaque. Au cours de cette période marquée par des tensions diplomatiques entre la Tchécoslovaquie, la Pologne et surtout la Hongrie. Le général Pellé devient le premier chef d'état-major des armées, puis de juin à novembre 1919, il est nommé généralissime. Lors de cette période, il réussit à bloquer l'avance des troupes hongroises et contre-attaque.

Il réorganise le ministère de la défense nationale et met en place des écoles militaires et des centres d'instruction pour le développement de l'armée tchécoslovaque.

Constantinople[modifier | modifier le code]

En janvier 1921, jeune marié de 59 ans et bientôt père, Maurice Pellé est envoyé à Constantinople comme haut–commissaire de la République française en Orient, avec rang d’ambassadeur. Une dernière fois il sert son pays en le représentant aux négociations et à la signature du Traité de Lausanne en juillet 1923. Il s’éteint prématurément en mars 1924, en laissant derrière lui son épouse Jára Braunerova et leur fille unique Maryška. L'état français lui organise des obsèques solennelles aux Invalides. 

"Je n’ai jamais vu d’homme moins ambitieux, moins attaché aux questions de vanité, aussi peu soucieux de son avancement. Il se donnait à sa tâche de toute son ardeur, mais c’était par goût et non par devoir ou par intérêt. Le jeu le passionnait, il y déployait des ressources d’intelligence et de finesse hors de pair ; c’était un artiste de l’action plus qu’un homme d’action". Jean de Pierrefeu, mars 1924                        

Hommages[modifier | modifier le code]

  • 1991 : Exposition « Le général Pellé, premier généralissime de l'armée tchécoslovaque », au musée de l'armée à Prague.
  • 2004 : Inauguration de son buste à l’ambassade tchèque à Paris.
  • Deux rues au Maroc et une à Beyrouth ont porté son nom. Une rue de Prague lui est dédiée.
  • Sa maison de Prague classée monument historique tchèque se trouve dans la rue Pelleova, éponyme.
  • 2012 février à septembre : Exposition au Mémorial de Verdun « Dans l'ombre de Joffre : le général Pellé, soldat, diplomate et artiste »
  • Septembre 2014 - avril 2015 : Exposition à l'École polytechnique de Palaiseau « Le général Pellé « La guerre ne tardera pas » : regards de Polytechniciens ».
  • Octobre 2015 - mars 2016 : Exposition « Pellé-Braunerova, destins croisés de France et de Bohême », au Stredoceske Museum de Rostoky-Prague.

Décorations et ordres[modifier | modifier le code]

Chevalier de la Légion d'honneur Chevalier, le 13 juillet 1903.
Officier de la Légion d'honneur Officier, le 10 juillet 1913.
Commandeur de la Légion d'honneur Commandeur à titre militaire le 28 octobre 1915.
Legion Honneur GO ribbon.svg Grand officier de la Légion d'honneur le 15 janvier 1920.
Croix de guerre 1914-1918 Élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur par décret du 16 mars 1924 (même jour que son décès, le brevet est envoyé à sa veuve à Prague).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Musée de la Grande Guerre » (consulté le 21 octobre 2016)
  2. Titre de chef de la Mission française en Bohême (récépissé de brevet de Gd Off. LH daté du 3 juin 1921 de Constantinople)
  3. « Cote LH/2084/16 », base Léonore, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raoul de Thomasson, Le général Pellé, Impr.-libr. Gauthier-Villars et Cie,
  • Jean Le Chatelier, Le Général Maurice Pellé 1863-1924: lettres et souvenirs, s.n.,
  • Philippe Hauser, De Berlin à Prague, la carrière exceptionnelle du général Maurice Pellé (thèse de doctorat), 2002
  • Radko Brach, Le général Maurice Pellé, premier chef d'État-major de l'armée tchécoslovaque, 2007
  • Isabelle Sandiford-Pellé, Général Pellé : carnet de croquis, 2010
  • Ronald Mattatia, « Le général Maurice Pellé », in Bulletin de la Société des amis de la bibliothèque et de l'histoire de l'École polytechnique, no 43, mai 2009 (en ligne)
  • Base Léonore de la Légion d'honneur : cote LH/2084/16
  • Maurice Pellé, Isabelle Sandiford-Pellé, Jean-Noël Grandhomme (présenté et annoté par) et Alain Savignol (collaboration), La guerre ne tardera pas : correspondance de Maurice Pellé, attaché militaire de France à Berlin de 1909 à 1912, Paris, Armand Colin Ministère de la défense, , 314 p. (ISBN 978-2-200-28763-4, OCLC 890078840).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]