Maurice Kann

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Maurice Kann
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Rodolphe Kann (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Maurice Édouard Kann (1840-1891) est un banquier et collectionneur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de banquiers de Francfort-sur-le-Main dont une branche s'était établie à Paris, à Londres et à Vienne au XIXe siècle, Maurice Kann épouse Marianne Charlotte Halphen (1845-1906), dont un fils, Édouard Gustave Kann (1873-1927), avocat à la Cour d'appel de Paris[1] et une fille, Madeleine.

En 1866, il arrive à Paris suite à l'annexion de Francfort (sa ville de naissance dont il était citoyen) par les Prussiens. Jusqu'en 1872, il est associé à la maison de banque de son cousin, Maximilien Édouard Kann. Entretemps, il s'occupa de la filiale à Londres durant le siège de Paris en 1870-1871[2].

Avec son jeune frère Rodolphe (1845-1905), il fait fortune au Cap et à Johannesburg (Afrique du Sud) dans le commerce du diamant et de l'or durant les années 1880, associés à la firme Jules Porgès[3].

En 1897, lui et son frère acquièrent, selon René Gimpel[4] la propriété de madame Samuel Pozzi, située aux 49-51 de l'avenue d'Iéna. Rodolphe est également grand collectionneur de tableaux — il posséda douze Rembrandt, quatre Hals, de remarquables Ruysdael et Hobbema.

Maurice conserve pour lui-même la parcelle de 784 m2 formant le no 49 et fait abattre la maison en pierre de taille qu'elle supporte pour faire édifier par Ernest Sanson un vaste hôtel particulier.

L'appartement de réception est conçu pour présenter sa collection de tableaux et d'œuvres d'art, « moins importante en nombre mais supérieure en qualité » que celle de son frère[4], qui fut dispersée lors de plusieurs ventes publiques entre Paris et Vienne, de 1905 à 1911[5].

Cet ensemble prestigieux comprenait près de 800 tableaux, des ivoires gothiques, des bronzes, des faïences italiens, des bijoux de la Renaissance, des émaux limousins, des porcelaines et des tapisseries.

Citations[modifier | modifier le code]

« Cette fois nous préférâmes acheter plus cher les belles toiles et laisser le reste, si difficile à liquider »

— Gimpel, carnet du 21/08/1918, p. 69

« Quant à la collection de Rodolphe Kann, son catalogue fut rédigé par Jules Manheim en ce qui concerne les objets d'art du Moyen Âge et de la Renaissance (tome 1) et par Édouard Rahir pour le XVIIIe siècle et les manuscrits (tome 2), le tome consacré aux tableaux des écoles flamande et hollandaise étant préfacé par Wilhelm Bode et rédigé par l'éditeur et marchand d'art Charles Sedelmeyer. Acquise avant celle de Maurice Kann pour l'énorme somme de 17 millions de francs par les frères Duveen, de Londres, et Gimpel, elle fut quasiment entièrement revendue en deux ans, entre autres aux Altman, Widener, Huntington, Morgan, pour plus de quarante millions »

— Gimpel, idem.

Bibliographie sur cette collection[modifier | modifier le code]

  • Wilhelm Bode, La Galerie de tableaux de M. Rodolphe Kann, à Paris, in-quarto, ill. de 100 héliogravures (Vienne, Société des Arts graphiques); traduit en français par Auguste Marguillier.
  • Wilhelm Bode, Catalogue de la collection Rodolphe Kann de Paris, deux volumes et 244 reproductions (Paris, Sedelmeyer, 1907).
  • Auguste Marguillier, « La collection de M. Rodolphe Kann », dans Les Arts [Paris, Manzi et Joyant, anc. Goupil], no 13 à 15, janvier-mars 1909.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Base Léonore cote L1394003, Archives nationales de France.
  2. Cyril Grange, Une élite parisienne : les familles de la grande bourgeoisie juive (1870-1939): Les familles de la grande bourgeoisie juive (1870-1939), Paris, CNRS éditions, 2016, tableau 1.4.
  3. Site de la famille Porgès, en ligne
  4. a et b René Gimpel, Journal d'un collectionneur marchand de tableaux, Calmann-Lévy, 1963, carnet du 15 novembre 1925, p. 306
  5. Une commode de Bernard II Vanrisanburgh (ou van Riesen Burgh) vers 1735-1737, portant l'étiquette du marchand-mercier parisien Edme Calley, ayant fait partie de la Collection Rodolphe Kann (vente de 1907) figure dans la vente de l'étude Tessier, Sarrou et associés à Paris-Drouot du 28 juin 2017 (in: La Gazette Drouot du 9 juin 2017, p. 150.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Kann (1870-1948), son cousin, également collectionneur d'art