Maurice Kamto

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Maurice Kamto
Illustration.
Maurice Kamto en octobre 2018
Fonctions
Président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun
Biographie
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Bafoussam (Cameroun)
Nationalité Camerounais
Parti politique MRC
Diplômé de Université de Nice
Université de Yaoundé
Profession Professeur, avocat
Religion Christianisme

Maurice Kamto, né en 1954, est un avocat de métier, ancien ministre délégué à la justice et homme politique camerounais. Connu pour avoir conduit la délégation camerounaise lors des négociations pour la rétrocession de la presqu'île de Bakassi, territoire disputé avec le Nigeria voisin. En 2004, il est ministre délégué auprès du ministre de la Justice. Il présente sa démission en 2011, puis devient une figure de l'opposition au régime de Paul Biya. A la tête du parti MRC, il se présente à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 au Cameroun.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, famille et études[modifier | modifier le code]

Maurice Kamto est issue d’une famille modeste de la ville de Bafoussam. Il effectue des études à l’université de Yaoundé[1], où il obtient une licence en droit public. En 1980, il obtient un diplôme d’études approfondies de droit public fondamental et un diplôme d’études approfondies de droit international à la faculté de droit de l’Université de Nice[1].

En 1982, il est diplômé de l'Institut international d’administration publique de Paris. En 1983, il obtient un doctorat d'État en droit à la faculté de droit de Nice[2]. En 1988, il reçoit le Prix de l’Académie des sciences d’outre-mer. Il est agrégé des facultés françaises de droit la même année. Il devient ensuite doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de Yaoundé II.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il est successivement professeur aux universités de Yaoundé, de Ngaoundéré et, depuis 1994, à l’université de Yaoundé II. Il enseigne également à l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), et à l’École nationale d'administration et de magistrature (ENAM) de Yaoundé. Il est régulièrement invité par plusieurs universités occidentales et africaines.

Il est membre et conseiller juridique de la délégation camerounaise de la conférence diplomatique de Rome pour la création de la Cour pénale internationale (membre du comité de rédaction) en juillet 1998.

Il est par ailleurs membre de la commission du droit international des Nations unies, dont il est un temps le président[3].

En 2019, il reste inscrit dans le répertoire des avocats au barreau de l'arrondissement de Paris sous le numéro de toque G0502 avec date de serment le 10/12/1997[4].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Conflit Cameroun-Nigeria de Bakassi (1994-2008)[modifier | modifier le code]

Maurice Kamto s’est présenté comme avocat du Cameroun devant la Cour internationale de justice (CIJ) : il est membre de la commission mixte Cameroun-Nigéria-Nations unies dans la résolution du conflit opposant le Cameroun et le Nigeria sur la presqu'île de Bakassi, frontalière et revendiquée des deux pays. Cette contribution décisive [5] sera sans doute le moteur de sa nomination au poste de ministre délégué auprès du vice-Premier ministre, ministre de la Justice, garde des Sceaux du Cameroun en décembre 2004.

Démission du gouvernement et interdiction de discours (2011-2012)[modifier | modifier le code]

Il choisit cependant de démissionner du Gouvernement en novembre 2011 et lance, le 13 août 2012, avec d'autres personnalités politiques, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) à Yaoundé. Ce nouveau parti d'opposition, qui en agrège plusieurs, a pour objectif de réanimer le débat politique dans ce pays où l'opposition est en général fragmentée. Le Cameroun compte en effet plus de 200 partis politiques et l'élection présidentielle de 2011 comportait à elle seule 23 candidats.

Il déclare vouloir « proposer au peuple camerounais des idées nouvelles » et affirme sa conviction « qu’un changement de régime ne s’opère pas nécessairement dans la violence ». Le lancement du MRC est cependant interdit en dépit de l'existence d'une autorisation de manifestation signée par les autorités l'ayant interdit.

Élection présidentielle de 2018[modifier | modifier le code]

Le 8 octobre 2018, au lendemain de l'élection présidentielle, aux résultats contestés[6], il revendique la victoire[7]. Mais le Conseil constitutionnel rejette ses recours et le donne en deuxième position, avec 14,23 % des voix[8].

Le 28 janvier, il est arrêté par les autorités du Cameroun à Douala en compagnie de plusieurs cadres, sympathisants du MRC, journalistes et membres de sa famille au domicile d'Albert Dzongang. L'arrestation fait suite au marches et protestations du 26 janvier 2019[9]. Ils sont conduits au GSO à Yaoundé.

Il est accusé de plusieurs chefs d'inculpation et transféré 14 jours plus tard à la prison centrale de Kondengui.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Maurice Kamto a reçu plusieurs distinctions honorifiques[1] :

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il est auteur et co-auteur de plusieurs publications notamment Regards sur le droit public en Afrique: Mélanges en l'honneur du Doyen Joseph-Marie Bipoun-Woum.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Maurice Kamto — Biographie
  2. Pouvoir et droit en Afrique noire : essai sur les fondements du constitutionnalisme dans les États d'Afrique noire francophone, Université de Nice, 1983 [1]
  3. (en) « Report of the International Law Commission _ Representación Permanente ante las Naciones Unidas », sur http://enaun.mrecic.gov.ar (consulté le 6 janvier 2019)
  4. « Annuaire », sur Avocats de Paris (consulté le 15 février 2019)
  5. Kamto démissionne
  6. Tanguy Berthemet, « Au Cameroun, le principal opposant à Paul Biya est en détention », Le Figaro,‎ 2-3 février 2019, p. 8 (lire en ligne).
  7. AFP, « Election/Cameroun: Maurie Kamto clame victoire, se met "hors-la-loi", selon le pouvoir », sur lepoint.fr, (consulté le 8 octobre 2018).
  8. « Cameroun : Paul Biya réélu président dans un pays morcelé », sur lepoint.fr, (consulté le 1er mai 2019).
  9. « Au Cameroun, le premier opposant du pays, Maurice Kamto, arrêté », lemonde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 janvier 2019).

Liens externes[modifier | modifier le code]