Maurice Harmel

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Maurice Harmel
Biographie
Naissance
Décès
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BuchenwaldVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Maurice Harmel, né le à Turenne (Corrèze), mort au camp de concentration de Buchenwald, le , est, à l'origine de son militantisme, un syndicaliste français des PTT. Devenu journaliste, il écrit dans la presse de la CGT, défendant les thèses de Léon Jouhaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le postier syndicaliste[modifier | modifier le code]

Maurice Harmel est le pseudonyme que prend Louis Antoine Thomas, aux débuts des années 1920, pour collaborer à la presse confédérale de la CGT.

Commis des PTT, sa vocation journalistique s'exerce tout d'abord, à partir de 1907, dans les pages de La Guerre sociale, hebdomadaire socialiste et syndicaliste[1] dirigé par Gustave Hervé.

Militant syndicaliste, Louis Thomas prend part aux grèves postales de 1909. Il est révoqué lors du second mouvement gréviste cette année, en mai 1909, il se tourne définitivement vers le journalisme, principalement dans la presse interprofessionnelle de la CGT.

Le journaliste cégétiste[modifier | modifier le code]

À l'automne 1909, il participe au petit groupe (le "noyau" comme ils se nomment eux-mêmes) qui autour de Pierre Monatte crée la revue syndicaliste La Vie ouvrière. C'est lui qui aurait proposé pour titre de la revue, la reprise du titre d'articles de Fernand Pelloutier[2] Le , il est parmi les collaborateurs du premier numéro du quotidien La Bataille syndicaliste et devient l'un des proches de Léon Jouhaux. Il se situe dans le courant dit réformiste, qui se défie de la phraséologie révolutionnaire. Au cours des débats au sein du mouvement syndical, il prend après la Grande guerre une place importante dans la défense des idées chères à Léon Jouhaux, en particulier en matière économique. Pourtant il n'occupe aucune place officielle dans la Confédération. Il écrit dans les organes syndicaux, L'Atelier, Le Peuple. De 1921 à 1939 il est un des éléments essentiel de la rédaction de ce quotidien de la CGT[3].
En mars 1938, l'équipe proche de Léon Jouhaux lance un hebdomadaire : Messidor, Maurice Harmel en est le rédacteur en chef[4] Suivant une évolution inverse de celle de René Belin, Maurice Harmel défend à partir de cette base médiatique une politique de fermeté face au nazisme. Il est favorable au rapprochement des partisans de Jouhaux avec les anciens unitaires. Mais le pacte Hitler-Staline de l'été 1939 l'indigne autant que les accords de Munich de septembre 1938 entre Hitler et les puissances occidentales.

Le syndicaliste résistant[modifier | modifier le code]

Fort logiquement il s'engage dans la Résistance syndicale, livrant des articles à Résistance ouvrière et à Libération (journal, 1941-1964). C'est alors qu'il remet un article pour ce journal à un correspondant, qu'il est arrêté en mai 1944. Déporté à Buchenwald, il meurt dans un commando de ce camp.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La guerre sociale, un journal "contre", la période héroïque 1906-1911, éditions les nuits rouges, Cahors, 1999.
  2. Depuis 70 ans, la VO, Paris, 1979, éditions de La Vie ouvrière, page 22.
  3. Le peuple à la Une, éditions du Peuple, 1995, page 68 : "Maurice Harmel est l'un des principaux rédacteurs, notamment enpolitique étrangère".
  4. Claude Estier,la gauche hebdomadaire, 1914-1962, A. Colin, Paris 1962. Messidor, l'hebdomadaire de la démocratie syndicale, pages 88-91. Voir aussi dans l'ouvrage sur Léon Jouhaux cité en sources, les pages 206-208

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, notice "Louis Thomas", pages 174-175. rédigée par Jean-Louis Panné, tome 42, 1992.
  • Bernard Georges, Denise Tintant, Marie-Anne Renaud, Léon Jouhaux dans le mouvement syundical français, Puf, 1979.