Maurice Bon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Maurice Yves Bon
Naissance
Elliant (Finistère)
Décès (à 23 ans)
Gorodets (Russie)
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme French-roundel.svg Armée de l'air
Unité Groupe de chasse « Normandie »
Grade Aspirant
Conflits Seconde Guerre mondiale

Maurice Yves Bon, né le à Elliant (Finistère) et mort pour la France le 13 octobre 1943 à Gorodets dans le secteur de Lenino-Baievo (Russie), était un aviateur français de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Maurice Yves Bon est né le à Elliant (Finistère)[1],[2]. Il est le fils de René Bon et de Marie-Jeanne Pelleter. Lorsqu'il est encore enfant, la famille vient habiter route de Douarnenez à Quimper. Maurice Bon étudie à l'école primaire Saint-Joseph jusqu'à son certificat d'études primaires. Il entre ensuite au collège jésuite du Likès à Quimper, où il passe son brevet[3]. En 1936, Maurice Bon est élève de la section secondaire. Il joue du bugle dans l’harmonie du lycée[4].

Avide d'action et de dévouement, il milite activement dans le scoutisme[5]. Il est un des membres les plus marquants de la 3ème troupe de Quimper[3], composée exclusivement d’élèves externes du Likès[4]. Leur aumônier, l'abbé Marcel Kerbrat, capitaine de réserve[3], servira comme chef de bataillon en 1939-1940[3] puis deviendra un militant actif dans la Résistance et sera assassiné par la Gestapo à la veille de la Libération[3]. Lorsque la BBC donne le signal de l'insurrection bretonne, le 3 août 1944, Brest est transformée en forteresse tenue par 40 000 Allemands qui abattent sans distinction résistants et civils. Sous prétexte de faire évacuer des civils, l'abbé Kerbrat, membre des Forces françaises de l'intérieur, vient chercher des jeunes combattants dans la ville. Il est arrêté, on ne sait comment, mais on ne retrouvera jamais son corps ni celui de ses compagnons[6]. Trois de ses camarades de classe de 1ère B seront aussi résistants, arrêtés par la Gestapo, et mourront en déportation : Joseph Salaün, le professeur d’anglais, Joseph Cluyou, de l'Île-Tudy et Alain Fily, de Plogonnec[4].

Une section d'Aviation populaire est créée en 1937 à Pluguffan près de Quimper[3] : l'Aéro-club de Cornouaille[1]. Maurice Bon est un des premiers à s'y inscrire[3], à 17 ans[4]. Il y est élève de 1937 à 1938[1]. Il réalise son premier vol le 20 juin 1937[3], et bien vite se fait remarquer par un sang-froid peu ordinaire[4]. Il obtient son brevet du 1er degré le 28 décembre 1937. Il passe avec succès le 2ème degré le 10 juin 1938, sur Caudron Luciole, et obtient[3] son brevet de pilote[1] de tourisme[3].

Après avoir effectué une préparation militaire en décembre 1938 (il totalise déjà 96 heures de vol)[3], il s'engage dans l'Armée de l'air[1],[2] le 31 janvier 1939. Il est incorporé au Bataillon de l'air n°109 de Tours, puis détaché au Centre de préparation du personnel navigant (CPPN)[3] d'Angers[4] comme élève-pilote le 23 février 1939[3]. Il est breveté pilote militaire[1] le 21 avril 1939[2],[3].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Transféré au Bataillon de l'Air n°103 de Châteauroux[2] le 1er septembre 1939, il est promu caporal-chef deux jours plus tard[3], et sergent le 1er novembre 1939[2]. Il passe ensuite par la base d'Avord, puis par le Centre d'instruction de la chasse (CIC)[3] du Mas des Causses, à Montpellier, où il achève son entraînement au tir et à l'acrobatie aérienne[4]. Il y vole sur Morane-Saulnier MS.230, Dewoitine D.500, North American NAA-57, Bloch MB.151 et Morane-Saulnier MS.406. Assistant, impuissant, à l'avancée de l'armée allemande qui envahit la France, il écrit à ses parents le 28 avril 1940 qu'il enrage de ne pas être au front. À Montpellier, la guerre ne se fait pas sentir. Il n'y a même pas de bombardement ennemi, et jamais le décollage sur alerte des quelques MS.406 qui restent n'est ordonné. L'armistice du 22 juin 1940 le trouve encore à Montpellier[3]. Il n’obtient que de convoyer des avions au front[4].

Son entraînement enfin terminé[3], il rejoint le groupe de chasse 2/1, basé au Luc en Provence, le 26 juillet 1940[2]. L'armistice a été signé quatre jours plus tôt. Il est démobilisé le 31 août 1940 et dirigé sur la base d'Orange le lendemain 1er septembre. Il rejoint ensuite un camp du mouvement « Jeunesse et montagne[3] » à Chamonix[4]. Réintégré dans l'armée de l'air le 9 mai 1941, il retrouve le GC 2/1, sous les ordres du commandant Robillon. Il est affecté à la 3e escadrille, commandée par le capitaine Nodet. Il vole sur Bloch MB.152 et Potez 25 TOE[3].

N'y tenant plus, il fait des démarches afin de partir aux colonies[4]. S'étant porté volontaire pour servir en Afrique-Occidentale française, Maurice Bon arrive par bateau à Dakar, où il passe un mois. Il s'y trouve à Noël 1941[3]. Le 17 mars 1942, il est affecté aux formations aériennes de Madagascar[2], à Tananarive-Ivato. Il vole fréquemment sur Morane-Saulnier MS.406. Le 5 mai 1942, une panne de moteur le contraint à atterrir en pleine brousse. En octobre, il effectue 10 h 40 minutes de vol de guerre et se déplace sur différents aérodromes de l'île[3].

A la suite du ralliement de Madagascar à la France libre en 1942[1], Maurice Bon signe le 18 janvier 1943 un engagement dans les Forces aériennes françaises libres à Ivato[2],[3]. Il se porte volontaire pour rejoindre le Groupe de chasse « Normandie » en URSS[1]. Il quitte Madagascar le 14 avril 1943, à bord d'un Lockheed modèle 18, à destination du Caire[3]. Promu aspirant le 4 mai 1943, il rejoint le Normandie en Russie le 15 mai 1943[2]. Après un entraînement très rapide sur Yak-7, il prend sa place comme pilote à l'escadrille. Il participe activement à la dure bataille d'Orel[3]. Rapidement, il s'y distingue, remportant 6 victoires aériennes homologuées[1]. Il inaugure son palmarès le 19 juillet 1943, en abattant un Junkers Ju 88 dans la région de Znamenskaïa. Le 30 août, il abat un Junkers Ju 87, et le lendemain, un Heinkel He 111, mais cette victoire n'est pas homologuée. Du 4 septembre au 7 octobre 1943, il ajoute 4 nouvelles victoires à son palmarès au-dessus d'Ielnia et de Smolensk[3].

Il est abattu le 13 octobre 1943[1],[2]. Il est en mission au nord de Gorki sur le secteur de Lenino-Baievo avec Pierre Pouyade, Yves Mourier, Joseph Risso, Roland de La Poype et Roger Denis lorsque leur groupe de 12 Yak rencontre huit Focke-Wulf Fw 190. Trois Fw 190 sont abattus, mais Roger Denis et Maurice Bon ne rentrent pas[5]. Alors qu'il attaque un chasseur ennemi, Maurice Bon est lui-même touché par l'arrière par un autre Fw 190. Son avion percute le sol, où le moteur s'enfonce de trois mètres[3]. Le corps de Maurice Bon est identifié et enterré par les Russes sur place près de l'église de Gorodets détruite[5], à une quinzaine de kilomètres au nord de Gorki. Le 17 octobre, des pilotes russes du 20e Régiment de la Garde, revenant du front, confirment la mort de l'aspirant Maurice Bon. Ses papiers sont rapportés le 26 octobre[3]. C'était sa 72ème mission de guerre. Il avait accompli 58 h 35 de vol de guerre et obtenu six victoires aériennes homologuées, plus une probable[2],[5]. Bien que le lieu de sa sépulture fut identifié[3], et malgré les efforts déployés par sa famille après la guerre[5], le corps de Maurice Bon ne lui fut jamais restitué[3], ce qui fait de lui aujourd'hui peut-être le seul « pilote oublié » du Normandie-Niemen à reposer en terre soviétique. Sa sépulture a été retrouvée seulement en 2012 à Stefanovo[7] (ou Szhefinovo), un petit village de Biélorussie dans le district de Goretsky et la région de Moguilev[8]. Elle se trouve dans le cimetière militaire[9] où 805 soldats soviétiques et ce seul pilote français sont enterrés dans une fosse commune[8]. Depuis près de soixante-dix ans, sa tombe a été entretenue régulièrement par les habitants[10].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

« Cet aéroport a été baptisé du nom de Maurice Bon de l'escadrille Normandie-Niémen tombé pour la France dans le ciel de Russie le 13 octobre 1943. »

Chaque 13 octobre, la mémoire de Maurice Bon est honorée devant cette stèle par les autorités civiles et militaires locales.

  • Sa ville natale d'Elliant a donné le nom de Maurice Bon à une de ses rues[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j et k Laurent Laloup, « Maurice Yves Bon », sur Histoires de Français Libres ordinaires, (consulté le 6 décembre 2019).
  2. a b c d e f g h i j et k Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 129.
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae et af « BON Maurice », sur ABSA 39-45 (consulté le 6 décembre 2019).
  4. a b c d e f g h i j k et l « PORTRAIT : Maurice Bon, ancien élève, héros de l’escadrille Normandie-Niemen », sur Le Likès, (consulté le 6 décembre 2019).
  5. a b c d e f g et h « BON Maurice », sur Cieldegloire.com (consulté le 6 décembre 2019).
  6. Nicolas CHAFFRON, « Jusqu'aux dernières heures, la Résistance recrute », sur Ouest-France, (consulté le 7 décembre 2019).
  7. Bruno Rivière, « A la recherche de Maurice Bon, pilote oublié du Normandie-Niemen », sur Aerobuzz.fr, (consulté le 6 décembre 2019).
  8. a et b « Actualité du 4 novembre 2019 », sur Memorial Normandie Niemen, (consulté le 7 décembre 2019).
  9. Adjudant Fanny Boyer, rédactrice au Cerpa, « 13 octobre 1943, disparition de Maurice Bon, as oublié du « Normandie-Niémen » » (consulté le 7 décembre 2019).
  10. Laurent BONNAUD, « Maurice Bon, le pilote oublié du Normandie-Niemen », sur Agence Bretagne Presse, (consulté le 7 décembre 2019).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]