Maude Barlow

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Maude Barlow.

Maude Barlow, (24 mai 1947) est un auteur et une activiste canadienne. Cette militante aborde plusieurs aspects de la vie contemporaine, dont le droit des femmes à l’équité sociale et économique, les questions reliées à l’environnement et à la justice. Elle est récipiendaire de nombreux prix et distinctions, dont le prix Nobel alternatif en 2005.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une enfance traditionnelle et chrétienne — église le dimanche et scoutisme[1] — passée en Nouvelle-Écosse, Maude Barlow part pour Ottawa. Son père Bill McGrath, travailleur social et héros de la guerre, a fait campagne pour l'abolition de la peine de mort. Il lui a appris l'importance de défendre des idéaux. Sa mère Flora Wilkie la conduit à reconnaître la sagesse d'un commentaire fait par Virginia Woolf : « Car nous, c’est à travers la pensée de nos mères que nous pensons, si nous sommes femmes... »[2]. Les préoccupations sociales de ses parents ont été en partie responsable du choix qu'elle a fait plus tard de devenir une activiste[1].

Dans Democracy à la Maude[3], sa mère raconte que Maude Barlow est née le jour de l'anniversaire de la reine Victoria et que, pendant toute sa petite enfance, elle a cru que les feux d'artifice étaient pour elle! Ses sœurs ont toujours su qu'elle serait une « réformatrice »[4]. Très tôt, elle a défendu ses idées. « Sur toutes les photos, Maude avait la bouche ouverte », se souvient l'une de ses sœurs.

En 1965, elle épouse Garnet Barlow. Après la naissance de ses deux fils Charlie et Billy, elle s'engage dans le mouvement féministe, militant pour l'intégration des femmes dans les milieux de travail. Son mariage n'a pas duré, sans doute parce que, comme le dit Maude elle-même : « Il était le premier garçon dont je suis tombée amoureuse »[1]. Plus tard, elle épouse l'avocat Andrew Davis et reste très amie avec son ancien mari.

En 1975, Maude fait partie d'un groupe de femmes qui travaillent pour faire progresser la condition des femmes dans les prisons. En 1980, elle est directrice du bureau pour l'égalité des chances pour les femmes à Ottawa où elle aide à l'intégration des femmes dans les emplois non traditionnels (la police par exemple).

En 1983, Pierre Elliott Trudeau lui demande de concevoir le programme politique du gouvernement concernant les femmes[1]. Maude Barlow brigue, ensuite, un siège parlementaire à l'assemblée d'Ottawa. Mais elle ne sera pas retenue lors de l'assemblée d'investiture. Après cet échec, elle se retire de la politique.

À l'automne 1985, Mel Hurtig fonde le Conseil des Canadiens, une organisation de défense des citoyens, dont Maude assure la présidence depuis 1988. Elle est aussi la cofondatrice du Projet Planète bleue, qui travaille au niveau international pour le droit à l'eau. Maude Barlow préside également le conseil de Food & Water Watch et, elle est également un membre exécutif du San Francisco International Forum on Globalization.
En 2001, Maud Barlow écrit un texte essentiel de lutte contre le mouvement de mondialisation et particulièrement l'AGCS. Maude Barlow, surnommée la « Ralph Nader du Canada »[5], est conseillère au Conseil pour l'avenir du monde.

Le 27 février 2008, Amy Goodman reçoit Maude Barlow, dans son émission Democracy Now!, au cours de laquelle celle-ci expose que, désormais, l'eau est considérée comme un bien de consommation au même titre que le pétrole, et que la pénurie d'eau est proche. Le 14 octobre 2008, à l'O.N.U, Miguel d’Escoto Brockmann a nommé Maude Barlow, Conseillère principale du Président de l’Assemblée pour les questions de l’eau[6].

Projet Planète Bleue[modifier | modifier le code]

Cette association travaille au niveau international pour le droit à l'eau.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Maude Barlow a reçu des doctorats honorifiques de huit universités canadiennes pour son travail de justice sociale.
* Elle a reçu le Prix « Lannan Cultural Freedom Fellowship 2005/2006 ».
* Avec Tony Clark, Maude Barlow est récipiendaire du prix Nobel alternatif en 2005, « pour leur travail exemplaire au niveau mondial et de longue date pour rendre le commerce équitable et la reconnaissance du droit humain fondamental d'accès à l'eau. »
* En 2008, elle reçoit le prix Hommage, le prix le plus prestigieux en environnement décerné au Canada.
* Le 3 juin 2009, un doctorat honorifique en droit de l'Université Trent, à Peterborough, en Ontario.

Citation[modifier | modifier le code]

« Sous le modèle actuel de mondialisation, tout est à vendre. Les zones autrefois considérées comme notre patrimoine commun sont marchandisées, commercialisées et privatisées à un rythme alarmant. Aujourd'hui, plus que jamais, les cibles de cette agression comprennent les blocs constitutifs de la vie comme nous la connaissons sur cette planète, notamment l'eau douce, le génome humain, les semences et variétés de plantes, l'air et l'atmosphère, les océans et l'espace extra-atmosphérique. La défense de ces richesses communes est l'une des grandes luttes idéologiques et sociales de notre temps. »

— Maude Barlow, Discours d'acceptation du prix Nobel alternatif 9 décembre 2005

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« La situation est on ne peut plus claire: la planète est sur le point de manquer d'eau douce. Mais cette ressource vitale ne doit pas devenir une marchandise qu'on vend au plus offrant. L'eau douce appartient à la Terre ainsi qu'à tous les êtres vivants. Personne n'a le droit de s'approprier cette richesse pour en tirer profit. Mondialement de simples citoyens se sont mobilisés. Refusant la transformation de l'eau en marchandise, ces citoyens et citoyennes s'emploient à reprendre le contrôle de ce patrimoine commun, devenant ainsi les « gardiens » des réseaux qui alimentent notre milieu de vie. »[5]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Maude Barlow est l'auteure de best-sellers et coauteure de 16 livres publiés dans plus de 50 pays ; une partie de ses écrits est traduit en français :

  • Maude Barlow et Tony Clarke, La Bataille de Seattle : Sociétés civiles contre mondialisation marchande, Fayard,‎ 2002, 385 p. (ISBN 978-2213612454)
  • Maude Barlow et Tony Clarke, L'or bleu : L'eau, nouvel enjeu stratégique et commercial, Boréal,‎ 2005 (ISBN 978-2764603895)
  • Maude Barlow et Tony Clarke (trad. Paule Noyart), L'or bleu : L'eau, le grand enjeu du XXIe siècle, Hachette Littératures,‎ 2007, 390 p. (ISBN 978-2012792999)
  • Maude Barlow (trad. Françoise Forest), Vers un pacte de l'eau, Editions Ecosociété,‎ 2010, 245 p. (ISBN 978-2-923165-59-2)

Outre de nombreux rapports, Maud Barlow est coauteur avec Elizabeth May, Heather-Jane Robertson, Bruce Campbell, Jim Winter. Elle est aussi l'auteur d'une autobiographie :

  • (en) Maude Barlow, The Fight of My Life: Confessions of an Unrepentant Canadian, HarperCollins Publishers,‎ 1998, 256 p. (ISBN 978-0002557610)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  • Autres sources
  1. a, b, c et d Ann Farrell 2003
  2. in A Room of One's Own
  3. Documentaire réalisé par Patricia Kearns et produit par l'Office national du film du Canada.
  4. Nouvelle gauche 1998
  5. a et b [[#Secours 2005|Coalition pour une gestion responsable de l'eau 2005]]
  6. CartadeMaude.pdf

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geseko von Lüpke et Peter Erlenwein, « Nobel » alternatif, 13 portraits de lauréats, Sète, La Plage,‎ 2008, 213 p. (ISBN 978-2842211912), p. 173 à 183

Filmographie[modifier | modifier le code]

Maude Barlow apparaît dans plusieurs documentaires :

L'Office national du film du Canada a tourné un documentaire sur Maude Barlow : Democracy à la Maude et CBC Television une biographie Life and Times.

Autres sources[modifier | modifier le code]

Sites en français[modifier | modifier le code]

Sites étrangers[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]