Maud Fontenoy

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Maud Fontenoy
Illustration.
Maud Fontenoy en 2006.
Fonctions
Ambassadrice des classes de mer auprès du ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse
Biographie
Date de naissance (44 ans)
Lieu de naissance Meaux (France)
Nationalité Française
Profession Navigatrice

Maud Fontenoy, née le à Meaux (Seine-et-Marne), est une navigatrice et ancienne femme politique française. En tant que navigatrice, elle pratique la rame et la voile.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et vie privée[modifier | modifier le code]

Maud Fontenoy est la fille de Marc Fontenoy, président-directeur général d'un groupe immobilier[1] et de Chantal Franchino, pharmacienne[2], morte d'un cancer en 2016[3].

Passionnée de voile, elle suit la formation de l'école de voile des Glénans et navigue toute sa jeunesse en compagnie de ses parents. Impressionnée par la performance sportive de Gérard d'Aboville, premier Français à traverser l'océan Atlantique à la rame dans le sens ouest-est, elle se forme à cette discipline. Elle pratique aussi la natation et l'équitation.

Elle étudie le droit et travaille durant une époque comme agent immobilier[4].

En 2006, elle est opérée d'un cancer du col de l'utérus[5].

Le à La Réunion, avec le photographe Thomas Vollaire, elle donne naissance à son premier enfant[6], un garçon prénommé Mahé en hommage à l'officier de marine Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais[4],[7]. À Papeete (Tahiti), elle donne naissance à une fille, Hina, le , puis, le , à un garçon prénommé Loup[8], dont le père est Raphaël Enthoven[5].

En , elle a un garçon – Côme – avec Olivier Chartier[9], alors conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine[10] épousé à Gassin le [11],[12],[13].

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Traversée de l'océan Atlantique nord à la rame[modifier | modifier le code]

Le , encouragée et parrainée par Gérard d'Aboville[14], elle entreprend à l'âge de 25 ans la traversée de l'océan Atlantique nord dans le sens ouest-est. Partie de Saint-Pierre-et-Miquelon, elle rejoint la Corogne en Espagne le après 117 jours de mer, 3 700 km parcourus et une vingtaine de chavirages[15]. Elle est la première femme à avoir réalisé cette traversée précise de l'Atlantique Nord.

En 1969 le Britannique Tom McClean est le premier à traverser l'Atlantique Nord à la rame, rejoignant l'Irlande depuis Terre-Neuve en 71 jours. En 1980 Gérard d'Aboville est le premier navigateur Français à traverser l'océan Atlantique en solitaire à la rame du Cap Cod aux États-Unis à Brest en 71 jours et 23 heures. Depuis 2004 le record de la traversée est détenu par le navigateur français Emmanuel Coindre en 62 jours, le seul à doubler ce parcours d’Ouest en Est depuis Chatham dans le Massachusetts à Brest en 2002 puis à La Baule en 2004.

Traversée de l'océan Pacifique sud à la rame[modifier | modifier le code]

Le , Maud Fontenoy quitte le port de Callao au Pérou pour tenter de rallier la Polynésie française en suivant l'itinéraire du radeau Kon-Tiki de Thor Heyerdahl qui avait fait cette traversée en 1947. Elle comptait ramer pendant 4 ou 5 mois, sans assistance, sur son canot Océor long de 7,5 mètres et large de 1,6 mètre.

Arrivée le après 72 jours de mer[16] et 6 780 kilomètres[16] elle touche l'île de Hiva Oa aux îles Marquises[17]. Le radeau Kon-Tiki avait réalisé le même trajet (en réalité 1 000 kilomètres de plus) en 101 jours, aidé d'une voile rudimentaire.

Maud Fontenoy est donc la première femme à réaliser l'exploit de cette traversée sur l'océan Pacifique sud d'est en ouest à la rame et sans assistance.

Tour de l'hémisphère sud à la voile à contre-courant[modifier | modifier le code]

Le patrouilleur La Boudeuse qui escorte le voilier pendant le tour de l'hémisphère sud[18].

Le , elle commence un parcours à la voile de 14 500 kilomètres, en solitaire et sans assistance, en parcourant les mers du Sud de l'est vers l'ouest, c'est-à-dire à contre-sens des vents et courants dominants. Partie de l'île de La Réunion à la barre de L'Oréal Paris, l'ancien monocoque Adrien de Jean-Luc Van Den Heede, elle passe par le cap de Bonne-Espérance, le cap Horn puis le cap Leeuwin avec pour objectif de revenir à son point de départ cinq mois plus tard.

Le , à une dizaine de jours de son arrivée prévue au port de la Pointe des Galets, elle démâte et manque de se blesser au large des côtes australiennes alors qu'elle a déjà parcouru un tiers de l'océan Indien. Dans un premier temps, elle pense abandonner[19] mais parvient à réparer dans la nuit du 10 au et tente de rejoindre La Réunion malgré tout.

Le , elle rencontre dans l'océan Indien le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc qui l'escorte pendant deux jours. Elle arrive au large de La Réunion le matin du et boucle son périple devant Saint-Denis l'après-midi[20].

Le navire est également escorté par le patrouilleur de la marine nationale française, La Boudeuse, dès le , avec à son bord, son père Marc Fontenoy, dirigeant de Fontenoy groupe immobilier, et 30 hommes d'équipage[18].

Le , après 151 jours, elle rejoint son point de départ à La Réunion[21]. Elle est ainsi la première femme à avoir réalisé ce tour de l'hémisphère sud de La Réunion à La Réunion en traversant les 3 océans dans les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants, à contre courant. L’objectif était de montrer aux enfants des écoles que tout rêve peut-être réalisé.

Le Comité mondial des records de voile (WSSRC) a considéré qu'en partant de l'île de La Réunion et en faisant le tour de l'Antarctique, Maud Fontenoy avait parcouru 12 000 nmi, et non les 21 600 nmi qui lui permettraient de revendiquer le tour du monde[21],[22]. Le titre de vainqueur du tour du monde à la voile en solitaire sans assistance d'est en ouest (c'est-à-dire contre les vents et les courants dominants) reste donc celui détenu depuis l'année précédente par Dee Caffari, première femme à l'avoir accompli[21],[23].

Le voilier Tahia, ancien porte-drapeau de la fondation Maud Fontenoy.

Maud Fontenoy Foundation[modifier | modifier le code]

Depuis 2008, la Maud Fontenoy Foundation, enregistrée aux Pays-Bas « s’engage en France et dans le monde pour préserver les océans »[24],[25]. La fondation est soutenue par des grands groupes privés et institutionnels[26].

Elle mène des actions d’éducation à l'environnement marin auprès de la jeune génération et du grand public avec le soutien d'un comité d'experts[27] et en partenariat avec le ministère de l'Éducation nationale[28]. Son objectif, à la fois écologique et social, se résume par cette formule : « Sauver l’océan, c’est sauver l’Homme »[29]. Elle est représentée en France par l'association Maud Fontenoy France[30],[31].

En 2014, à la suite de ses déclarations en faveur de la recherche scientifique autour du nucléaire, des OGM, des pesticides et du gaz de schiste[32],[33], Nicolas Hulot qui soutenait la navigatrice, coupe les ponts avec Maud Fontenoy. Yvon Le Maho, directeur de recherche au CNRS ainsi que le biologiste Gilles Bœuf, président du Muséum national d'histoire naturelle, démissionnent quant à eux du comité scientifique de la fondation, reprochant à Maud Fontenoy de les avoir cités dans la page des remerciements de son ouvrage Ras le bol des écolos[34].

En 2015, une pétition intitulée « Débarquons Maud Fontenoy des écoles » est lancée en France[Par qui ?], accusant la fondation de diffuser une idéologie économique jugée libérale à travers des « kits pédagogiques »[35]. La fondation a répondu via un communiqué dans lequel elle affirme respecter son devoir de neutralité, et souligne que les ouvrages pédagogiques sont déclarés être de valeur par un comité d'experts et d' inspecteurs généraux de l’Éducation nationale[36].

Engagement écologique[modifier | modifier le code]

En 2009, Maud Fontenoy est nommée porte-parole pour les océans de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et du Réseau Océan mondial pour les océans [37],[38],[39].

Elle a été vice-présidente du Conservatoire du littoral[40], de [41] à 2014[42].

Maud Fontenoy s'engage en 2014 pour la promotion d'une écologie présentée comme pragmatique[43], qu'elle défend dans l'ouvrage Ras le bol des écolos. Elle y dresse un état des lieux de la situation de la planète et de solutions scientifiques et technologiques qu'elle juge inaudibles dans les débats écologistes[44]. La presse retient surtout le fait qu'elle y aborde la recherche sur le gaz de schiste[45], énergie qu'elle qualifie « [d']atout écologique[4] » lorsqu'elle est exploitée via des techniques non-polluantes[46]. Cet engagement, après la publication de plusieurs guides concernant l'écologie, suscite des critiques - le magazine Elle la décrit ironiquement à ce propos comme « l'abbé Pierre militant en faveur de l'optimisation fiscale[4] ».

Elle continue son engagement personnel en rédigeant plusieurs ouvrages sur l'écologie. Avec Les raisons d'y croire, en 2015, elle se positionne pour le développement de solutions technologiques et domaines de recherche, comme le biomimétisme.

En 2016, elle réaffirme son engagement pour une écologie pragmatique et non-manichéenne à travers le livre Des tempêtes j'en ai vu d'autres. Elle y défend ses positions politiques et sa vision d'une écologie capable, selon elle, de profiter à la fois à l'environnement et aux populations[47].

En , elle s'engage pour la préservation de l'océan qu'elle décrit comme « un géant aux pieds d'argile » à travers le livre Les mers et les océans pour les nuls[48].

Toujours en 2019, elle est nommée par le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer : « Ambassadrice des classes de mer auprès du ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse »[49].

En 2020, elle publie Bleu, un Océan de Solutions, un livre illustré par les photographies de Yann-Arthus Bertrand[50]. Elle publiera l'année suivante La mer au secours de la Terre, sorte de guide pratique à destination des élus et du grand public pour agir pour et avec l’Océan[51].

En septembre 2021, Maud Fontenoy participe aux côtés du Président de la République Emmanuel Macron à une réunion de travail en comité restreint dédiée aux enjeux maritimes et à l’économie bleue, organisée lors d’une sortie en mer sur le Alfred Merlin, nouveau navire d’expédition archéologique du DRASSM[52].

Elle participe, au titre d'Ambassadrice des classes de mer auprès du ministère de l’Éducation nationale, au One Ocean Summit organisé à Brest en février 2022[53].

En juin 2022, elle lance un appel invitant "à faire de la mer une priorité" dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche[54].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Maud Fontenoy est candidate aux élections régionales de en Île-de-France, sur la liste de l'UMP, conduite par Jean-François Copé[55] (14e sur 23 de la liste Seine-et-Marne), mais n'est pas élue[56].

En 2012, elle soutient la candidature de Nicolas Sarkozy, dont elle est une proche depuis plusieurs années, à l'élection présidentielle[57],[58]. Elle participe, le , au congrès fondateur du parti Les Républicains (LR), auquel elle adhère au nom d'une écologie « modérée et réaliste »[59] (s'opposant à l'écologie politique). Elle y est nommée déléguée à l’Environnement de la commission exécutive. Elle soutient à nouveau Nicolas Sarkozy pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016 et, dans le cadre de sa campagne, est nommée oratrice nationale chargée de l'environnement[60]. En , elle intègre le pôle projet de la campagne de François Fillon (vainqueur de la primaire) sur le sujet de la mer et de l'environnement[61].

De 2015 à 2021, elle est 8e vice-présidente du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, chargée du Développement durable, de l'Énergie et de la Mer[62]. Elle figurait sur la liste de Christian Estrosi lors des élections régionales de , en no 2 sur la liste du Var[63].

En février 2022, elle finit par « jurer qu’on ne l’y reprendra plus » dans le magazine Paris-Match : « Quand on s’implique en politique, même de loin, on déclenche la foudre. On vous fait dire n’importe quoi. Face à l’importance des enjeux, les guerres politiciennes m’ont écœurée »[64].

Médias[modifier | modifier le code]

En juillet et août 2007, Maud Fontenoy anime l'émission À contre courant sur Europe 1, tous les matins de h à 10 h 30[65].

En , chaque semaine, elle anime l'émission Terre-Mère sur LCI en compagnie de Jean-Louis Caffier[66].

En , elle rejoint la rédaction de Valeurs actuelles pour la rubrique « environnement-santé »[67] pour quelques mois.

En février 2022, elle présente Un océan de solutions, un programme court diffusé sur C8[68].

Autres engagements[modifier | modifier le code]

Maud Fontenoy devient la marraine officielle de la chaîne hôtelière Exclusive Hotels en [69],[70], qui fusionne en 2011 avec Châteaux et Hôtels Collection[71].

En 2008, elle est, avec Patrick Poivre d'Arvor, la marraine de la 40e édition de la Course Croisière EDHEC[72]. Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Elle fait partie des « personnalités qualifiées » nommées au Conseil économique, social et environnemental (CESE) français par le gouvernement français entre et [73].

Elle est marraine de la promotion 2019 de l'école d'ingénieurs SeaTech[74].

Maud Fontenoy est la marraine officielle de la réplique lorraine du Majesty of the Seas [75]

Décorations[modifier | modifier le code]

Le , elle reçoit les insignes de chevalier de l'ordre national du Mérite et de l'ordre du Mérite Maritime des mains de Nicolas Sarkozy, président de la République[76],[77].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Récits personnels[modifier | modifier le code]

  • Maud Fontenoy (préf. Gérard d'Aboville), Atlantique face nord : Première féminine à la rame, Paris, Robert Laffont, , 172 p., 22 cm (ISBN 2-221-10195-2)
  • Maud Fontenoy (préf. Patrick Poivre d'Arvor, postface de Michel Polacco), Le Pacifique à mains nues, Paris, Robert Laffont, , 171 p., 22 cm (ISBN 2-221-10527-3)
  • Maud Fontenoy, 150 jours à contre-courant : Mon carnet de bord, Paris, Chêne, , 248 p., 26 cm (ISBN 978-2-84277-783-8)
  • Maud Fontenoy, Le sel de la vie, Arthaud,

Autres[modifier | modifier le code]

Elle est co-productrice et co-réalisatrice des documentaires suivants :

  • À contre-courant, 2007, Gedeon programmes (75 minutes)
  • Tahia, cap sur les Caraïbes, 2011, EuropaCorp TV (90 minutes)
  • L'incroyable voyage, 2012, Gedeon programmes (52 minutes)
  • Paradis Blanc, 2012, Gaumont Télévision (52 minutes)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notre histoire - Fontenoy Groupe Immobilier », sur fontenoy.com (consulté le ).
  2. « Maud Fontenoy Biographie » (consulté le ).
  3. « Trouver un avis de décès », sur avis-deces.linternaute.com (consulté le ).
  4. a b c et d Marie-Dominique Lelièvre, « Maud Fontenoy mène sa barque », Elle, no 3563,‎ , p. 108-110.
  5. a et b Lili Chablis, « Maud Fontenoy : En guerre contre le père de son troisième enfant ! », France Dimanche,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Maud Fontenoy, l'hyperactive écologiste », Anne Vidalie, L'Express, .
  7. Valérie Rivière, « Maud Fontenoy a accouché d'une petite fille, Hina », linternaute.fr, .
  8. « Bienvenue à Loup, le bébé de Maud Fontenoy né à Tahiti », (consulté le ).
  9. « Maud Fontenoy et Olivier Chartier vont se marier », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. Thomas Montet, « Maud Fontenoy enceinte : Bientôt maman pour la 4e fois ! », Purepeople,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. « Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo, Claude Lelouch, Hélène Darroze au mariage de Maud Fontenoy et Olivier Chartier dans le Var », Var-Matin,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. « Mariage de Maud Fontenoy à Gassin – Promouvoir ensemble notre territoire ! », sur pro.gassin.eu (consulté le ).
  13. « Maud Fontenoy s'est mariée avec Olivier Chartier », Closermag.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « Les aventures de la navigatrice meldoise Maud Fontenoy dans un livre », leparisien.fr,‎ 2004-03-19cet00:00:00+01:00 (lire en ligne, consulté le )
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  16. a et b Voir sur oceanrowing.com.
  17. « Maud Fontenoy réussit la traversée du Pacifique à la rame », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. a et b « Maud Fontenoy escortée par la Marine nationale », sur tempsreel.nouvelobs.com, .
  19. AFP, « Tour du monde à l'envers : Maud Fontenoy "ne baisse pas les bras" », LeMonde.fr, (consulté le ).
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  21. a b et c Patricia Jolly, « Questions sur un exploit », LeMonde.fr, (consulté le ).
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  26. « Maud Fontenoy Fondation - Nos partenaires Fondation Carrefour, Groupe Socoda », sur maudfontenoyfondation.com (consulté le ).
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]