Mattiaques

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Nord-est de la Gaule vers 70 ap. J.-C. avec les frontières (provinciales et linguistiques) et la localisation des peuples gaulois et germains.

Les Mattiaques (en allemand: Mattiaker, en latin Mattiaci) étaient un peuple germanique mentionné dans La Germanie de Tacite. Ces Germains, proches des Chattes, étaient cantonnés entre le Main et la Lahn, dans le quadrilatère dont Francfort, Mayence (Mogontiacum), Coblentz (Colonia Claudia Ara Agrippinensium) et Wetzlar sont les sommets. Très tôt soumis aux Romains, leur ville principale était Mattiacum (ou Aquae Mattiacorum), l'actuel Wiesbaden[1]. Selon le Dictionary of Greek and Roman Geography, leur ethnonyme serait composé des éléments 'matte', qui signifierait « prairie », et 'ach', qui signifierait « eau » ou « bain »[2].

« Les Mattiaques nous obéissent au même titre ; car la grandeur du peuple romain a étendu jusqu'au delà du Rhin et de ses frontières anciennes le respect de ses lois. Les demeures et le territoire des Mattiaques sont sur l'autre rive, leurs âmes et leurs cœurs sont avec nous : du reste, ils ressemblent aux Bataves si ce n'est que l'énergie du sol et du climat natal leur donne un esprit plus belliqueux. »

— Tacite, La Germanie.

En 69, les Mattiaques participèrent à la révolte de Civilis, un citoyen romain d'origine batave qui s'était soulevé contre Rome et, en compagnie des Chattes et des Usipètes, assiégèrent en 70 la forteresse romaine de Mogontiacum (Mayence) qui résistera à leurs assauts.

Plus tard, les numeri (régiments) des Mattiaques (Mattiaci seniores[3] et Mattiaci juniores[4]) figurent dans la Notitia dignitatum parmi les troupes auxiliaires palatines[5],[1].

Pour Émilienne Demougeot, les Mattiaques n'étaient pas des Germains mais des Celtes (germanisés ?), qui avaient été englobés par les Chattes[6]. Pour d'autres, les Mattiaques étaient d'anciens Chattes de Mattium (en)[7], une forteresse détruite en 15 par Germanicus[8], qui s'étaient établis au sud du Taunus[9].

En 1909 fut découvert dans la nécropole de Saint-Seurin de Bordeaux (l'ancienne Burdigala), le sarcophage d'un légionnaire romain, chrétien, Flavinus (ou Elainus) qui faisait partie du corps des Mattiaci seniores, et sur lequel on lit cette épitaphe : « Ci-gît Flavinus, du régiment des Mattiaques seniors, qui a vécu quarante-cinq ans et laissé dans un profond désespoir sa femme et ses fils »[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Revue des études anciennes, Volume 12, Swets & Zeitlinger, 1967, p. 71.
  2. (en) P L Kessler, « Kingdoms of the Germanic Tribes - Mattiaci », sur www.historyfiles.co.uk (consulté le 25 février 2017)
  3. chariobaude, « Mattiaci seniores – Mattiaques seniors », sur comitatusgaulois, (consulté le 25 juin 2016)
  4. chariobaude, « Mattiaci Iuniores Gallicani – Mattiaques juniors Gaulois », sur comitatusgaulois, (consulté le 25 juin 2016)
  5. Geneviève Aliette de Rohan-Chabot Maillé (marquise de), Recherches sur les origines chrétiennes de Bordeaux, A. & J. Picard, 1960, p. 132.
  6. Émilienne Demougeot, La Formation de l'Europe et les invasions barbares, Aubier, coll. « Historique », (ISBN 2700701461 et 9782700701463, OCLC 802841986), p. 92 & 152
  7. Capitale des Chattes dont la localisation est incertaine.
  8. Soazick Kerneis, « Les celtiques: servitude et grandeur des auxiliaires bretons dans l'Empire romain », Collection des thèses de l'école doctorale de Clermont-Ferrand, Les Presses universitaires de la Faculté de droit de Clermont-Ferrand, Université d'Auvergne ; LGDJ,‎ , p. 81
  9. Leendert Gerrit Westerink, Traité des premiers principes : De la procession, Volumes 1 à 4, Trad. par François-Régis Chaumartin, Isd, 2003, p. 133. (ISBN 2251014519)
  10. « Épitaphe de Flavinus (ou Elainus) » sur le site PETRAE (système d’enregistrement des inscriptions latines et grecques mis au point à l’Institut Ausonius).

Sources anciennes[modifier | modifier le code]