Mathieu Criaerd

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Mathieu Criaerd
Biographie
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Décès
Activité

Mathieu Criaerd, né en 1689, mort le , est un menuisier et ébéniste français appartenant à une famille de menuisiers et ébénistes, fils d'un marchand bruxellois[1], travaillant à Paris au XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a été reçu maître dans la Corporation des Menuisiers-ébénistes le . Il avait son atelier dans la rue Traversière-Saint-Antoine, dans le cœur du quartier de la fabrication de meubles de Paris. Il utilisait le timbre M.CRIAERD.

Les premières commodes fournies par Mathieu Criaerd sont droites ou cambrées en tombeau dans le style Régence. Elles étaient plaquées de bois sombre, palissandre ou amarante, ou de satiné. Elles sont ornées des bronzes utilisés au début du XVIIIe siècle. Les commodes sont recouvertes d'un marbre épais à bords moulurés, simplement posé sur le bâti. Les marbres sont de la brèche violette, de la griotte, de la fleur de pêcher, du gris des Ardennes.

C'est grâce au marchand mercier Thomas-Joachim Hébert (en), (1687 - 1773), que Mathieu Criaerd a reçu la commande de meubles décorés en vernis Martin dans le goût français en 1743, pour la chambre bleue de Mme de Mailly au château de Choisy . La table à écrire a disparu ainsi que la commode qui se trouvait dans l'hôtel Rothschild rue Saint-Florentin. Seule l'encoignure avec des motifs de chinoiserie, garnie de chutes et de sabots ciselés est restée et se trouve aujourd'hui au musée du Louvre[2]. Cette série a rencontré un grand succès et a lancé la carrière d'Hébert auprès des clients fortunés comme marchand d'un mobilier raffiné et d'objets d'art à la cour de Louis XV.

Commode estampillée Criaerd pour le cabinet intérieur du Dauphin au château de Versailles, en 1748

Mathieu Criaerd a fourni une commode pour le cabinet intérieur du Dauphin au château de Versailles, en 1748.

Une autre commode, a été livrée par Thomas-Joachim Hébert, le , au château de Compiègne, pour la chambre de la reine Marie Leszczynska, au couvent des Carmélites à Compiègne[3],[Note 1].

Criaerd est spécialisé dans le mobilier plaqué avec de la laque chinoise ou d'imitation de laque, ou de marqueterie florale, avec des bronzes rococo[4].

À plusieurs occasions, il a fourni des carcasses de meubles à l'atelier de Jean-François Oeben, comme le montre le fait qu'il soit son créancier à sa mort en 1763. Comme l'observe François Watson, cette relation est « une indication suffisante de sa très grande qualité ».

Après la mort de sa femme en 1767, Criaerd a mis fin à son activité et a cédé son atelier à son plus jeune fils Sébastien-Mathieu Criaerd, connu sous le nom "Criaerd le jeune", qui a élargi l'aspect commercial de l'entreprise à titre de courtier dans l'ameublement.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Antoine Criaerd, son frère aîné, ébéniste de 1720 à 1750.
  • Antoine-Mathieu Criaerd (vers 1724-), ébéniste reçu maître le .
  • Sébatien-Mathieu Criaerd, frère cadet du précédent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette commode a été vendue aux enchères, à Paris, chez Christie's, le , pour un montant de 361 000 euros

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Vittet, Le marchand Thomas-Joachim Hébert (1687-1773) et l'ébénisterie de son temps, dans, Stéphane Castelluccio, Le commerce du luxe à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles: échanges nationaux, p. 194, Peter Lang SA, 2009 (ISBN 978-3-03911-804-5) (lire en ligne)
  2. Musée du Louvre : Commode de la chambre bleue du château de Choisy
  3. Christie's, « Commode royale d'époque Louis XV », sur christies.com, (consulté le 20 novembre 2015).
  4. Musée du Louvre : Commode de la collection Grog-Carven

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]