Mathieu-Antoine Bouchaud

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Mathieu-Antoine Bouchaud né le à Paris, où il est mort le , est un érudit, économiste et jurisconsulte français, collaborateur de l’Encyclopédie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un avocat aux Conseils à Paris, il dispose de 4 quartiers de noblesse d'une famille d'origine nantaise qui suivit le roi René d'Anjou lors de son installation à Aix en Provence.

Petit-neveu de Pierre Gassendi par le côté maternel, il est orphelin à 16 ans. Il poursuit des études de droit selon les conseils de deux oncles où il a pour ami d'Alembert. Passionné de musique, il épousa une cantatrice italienne en 1752 puis, veuf, prit pour seconde épouse une demoiselle de Fer en 1772.

Ami et collaborateur des Encyclopédistes, Bouchaud fut reçu agrégé de la faculté de droit de Paris en 1747, mais débuta bientôt après dans la carrière littéraire par les articles « concile », « décret de Graden », « décrétales » et « fausses décrétales », de l’Encyclopédie. Mais sa coopération à ce grand monument du XVIIIe siècle, tout en l’associant à la gloire des d'Alembert, des Diderot, etc., nuisit considérablement à son avancement : on le regarda comme un des adeptes de cette philosophie au triomphe de laquelle était consacrée l’Encyclopédie, et on lui fit attendre quinze ans une chaire de professeur, à laquelle il avait droit par ses talents et sa science.
Bouchaud se consola de cette injustice en cultivant les lettres et il devint avec Cuvier et Pastoret un des membres actifs de l’éphémère Société des Observateurs de l’Homme, avec laquelle Humboldt fut lui-même en contact suivi. Il fut également membre honoraire de l'Académie de Dijon et de celle d'Arras.

Après avoir publié une traduction des Œuvres dramatiques de Zeno (Paris, 1758, 2 vol. in-12), il adressa en 1766, à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, un Essai historique sur l’impôt du 20e sur les successions, et de l’impôt sur les marchandises chez les Romains et, la même année, cette compagnie le reçut au nombre de ses membres au fauteuil de M. Hardion. Bientôt, il obtint la chaire de droit qu’on lui avait d’abord refusée. Créée en 1774, la chaire de droit de Droit de la Nature et des Gens au collège de France, ce fut lui qui en fut chargé jusqu'en 1804. Enfin, en 1785, il fut nommé conseiller d’État par le Roi. Emprisonné quelques semaines pendant la Terreur à Paris, il fut élu membre de la 2e classe de l’Institut le 5 thermidor an V et passa dans la 3e classe lors de l’organisation de 1803.

Outre l’Essai cité, Bouchaud a encore publié plusieurs ouvrages justement estimés, dont les plus importants sont des Recherches historiques sur la police des Romains concernant les grands chemins, les rues et les marchés, Paris, 1784, in-8°, et un Commentaire sur la loi des Douze Tables, 1787 et une seconde édition 1803 qui fut dédiée au Premier Consul, in-4°, le meilleur et le plus complet qui eût encore été publié ; Théorie des traités de commerce entre les nations ; Paris, 1773.

Mathieu-Antoine Bouchaud a été membre des sociétés savantes suivantes[1] :

Source[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 6, Paris, Firmin-Didot, 1857, p. 856.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]