Maternage

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Le terme « maternage » est utilisé en France depuis les années 1990 pour qualifier des pratiques de soin au bébé et au jeune enfant fondées sur les besoins perçus de l'enfant : allaitement, portage par des moyens de portage physiologiques, sommeil partagé ou co-dodo, DME, voire de la langue des signes bébé[1] et de l'hygiène naturelle infantile, c'est-à-dire le fait de tenter d'écouter les besoins d'élimination de l'enfant.

Probablement ces pratiques ont-elles toujours existé, mais elles se sont développées explicitement aux États-Unis dans les années 1960 avec les travaux sur l'attachment parenting du pédiatre américain William Sears (lui-même inspiré par la théorie de l'attachement, développée par John Bowlby). Des magazines comme Mothering, Natural life magazine ont popularisé ces pratiques.

En France, la légitimation et la médiatisation de ces pratiques de « parentage proximal » ou « parentage de proximité » est venue de livres publiés par la pédiatre Edwige Antier, la psychologue Isabelle Filliozat, par Claude Didierjean-Jouveau[2] et Catherine Dumonteil-Kremer. Des forums, des blogs, des associations (La Leche League), des maisons d'édition (Éditions Jouvence, La Plage, éditions l'Instant Présent, Chroniques sociales, etc.), des magazines (L'Enfant et la Vie, Grandir autrement, Peps) ont contribué à populariser ces thèmes dans les années 2000.

Les taux d'allaitement (à 8 jours), s'établissant autour de 45 % dans les années 1970 et 1980 ont augmenté depuis la fin des années 1990[3] pour atteindre 66 % en 2007[4], 66 % en 2013[5] et 68 % en 2016[6].

On voit de plus en plus de bébés portés, et les polémiques engagées sur le cododo (mot entré dans le dictionnaire Robert en 2021[7]) ou via la critique du maternage d'Élisabeth Badinter[8] montrent que cette question a atteint le débat public.

Principes[modifier | modifier le code]

Les personnes pratiquant le maternage y incluent souvent aussi le respect des besoins de l'enfant lorsqu'il grandit, dans la lignée d'Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen ou des auteurs déjà cités, français ou anglosaxons. Certains parents s'engagent dans une réflexion pour l'éducation non-violente, sans cris, tapes, punitions, ou humiliations. Les études et les associations qui s'opposent aux châtiments corporels se sont multipliées dans les années 2000 (OVEO), à la suite des travaux d'Olivier Maurel, d'Alice Miller, de Jan Hunt.

Certains évoquent aussi la communication non violente, en se basant sur les travaux de Thomas Gordon, Marshall Rosenberg, Faber et Mazlich etc. Certains parents s'opposent à cette pratique, qu'ils jugent pernicieuse, consistant selon eux à utiliser des techniques de communication sans modifier fondamentalement l'attention aux besoins de l'enfant.

Critiques[modifier | modifier le code]

Ces questions rencontrent souvent l'opposition d'autres auteurs qui suspectent les tenants du parentage proximal de laxisme. Néanmoins ses adeptes se positionnent en dehors du clivage entre les éducations autoritaire et laxiste, et lui préfèrent la notion d'éducation démocratique ou d'accompagnement comme Alfie Kohn.

Le terme est souvent jugé non approprié en raison de l'exclusion de la dimension paternelle. C'est pourquoi l'usage tend à développer le terme de « parentage proximal » qui inclut le couple de parents[9]. Par ailleurs, des travaux récents montrent que le papa qui « paterne », en étant proche de la mère et de l'enfant, connait lui aussi une augmentation de son taux de prolactine[10], ces hormones qui conduisent à se mettre au service du bébé pendant les années où sa survie et son bien-être en dépendent[11].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Catherine Piraud-Rouet, Planète maternage, Marabout, 2008