Mataroa

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Le Mataroa dans le port d'Haïfa, le 15 juillet 1945.

Le Mataroa est un paquebot néo-zélandais, connu entre autres pour deux voyages effectués en 1945, l'un de réfugiés juifs à destination de la Palestine, l'autre d'intellectuels grecs à destination de la France.

Carrière maritime[modifier | modifier le code]

L’Aotea, un autre paquebot ayant servi la ligne entre le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour l'Aberdeen Line (en) (sous le nom de Themistocles) puis la Shaw, Savill & Albion Line.

Le bateau fut lancé le 2 mars 1922 aux chantiers Harland and Wolff à Belfast sous le nom Diogenes pour la Aberdeen Line (en). Il pouvait alors accueillir 130 passagers en première classe et 422 en troisième. Il fut revendu en juin 1926 à la Shaw, Savill & Albion Line et prit le nom Mataroa, en même temps que sa sœur Sophocles qui devint le Tamaroa. Sa propulsion fut alors modifiée, passant du charbon au fioul, ce qui lui permit d'atteindre la vitesse de 15 nœuds[1].

Voyage des réfugiés juifs[modifier | modifier le code]

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En août 1945, le Mataroa fut affrété pour acheminer de Marseille à Haïfa 173 enfants juifs de l'Œuvre de secours aux enfants (OSE), survivants du camp de concentration de Buchenwald, qui disposaient de familles en Palestine. Il achemina plus tard 1 200 rescapés de Bergen-Belsen[2].

Voyage des intellectuels grecs[modifier | modifier le code]

Ce navire parti du Pirée le 22 ou 23 décembre 1945, amène un certain nombre d'artistes et d'intellectuels grecs ayant pour but d'arriver jusqu'à Paris, dans le contexte de la guerre civile grecque . La grande majorité était boursiers de la France[3]. les réfugiés arrivent à Tarente, puis ils continuent leur voyage via Rome, Bologne, Bâle où ils furent mis en quarantaine et enfin le 28 décembre 1945, Paris, où ils sont accueillis par Henri Ducoux, architecte de l’École française d’Athènes. Ils sont logés d'abord à l’hôtel Lutetia, puis à la Cité universitaire de Paris[4]. Ce voyage fut organisé en accord avec le gouvernement grec de l'époque par le directeur de l’Institut français d'Athènes de l’époque, le philhellène Octave Merlier, et par Roger Milliex, sous-directeur[5], mari de Tatiana Gritsi-Milliex (en). Certains des passagers devinrent des artistes mondialement reconnus. Il y avait aussi un grand nombre de représentants de diverses autres professions, non dénués de talent. Certains d'entre eux ont voyagé avec leurs propres moyens financiers.

Artistes et intellectuels ayant embarqué[modifier | modifier le code]

Un sac de voyage de la Shaw, Savill & Albion Line.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. New Zealand Maritime record
  2. Koutouzis 2010
  3. Maria Malagardis, « Mataroa», le bateau du fol espoir », Libération, 23 novembre 2016, [lire en ligne]
  4. Catherine Calvet, « Maximilien Girard : “Pour ces jeunes Grecs, le voyage était une voie de salut” », entretien, Libération, 23 novembre 2016, [lire en ligne]
  5. Institut français d'athènes
  6. a, b et c Trichon-Milsani 2003, p. 136
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Bordes 2011, p. 66
  8. « Konstantinos Byzantios », dans Encyclopædia Universalis (lire en ligne)
  9. http://www.glinos.gr/v1/glhnos/andreasglhnos Andreas Glinos

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]