Massacre de Khaïbakh

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Le massacre de Khaïbakh est le massacre de 705[1] civils au village de Khaïbakh, en Tchétchénie, le 27 février 1944, effectué par les forces militaires soviétiques au cours de la déportation des Tchétchènes. La victime la plus âgée serait un centenaire, les plus jeunes seraient nés le jour même[2],[3]. Bien que les restes calcinés de civils soient découverts sur le site en 1956 et en 1990[4], le ministère russe de la Culture considèra en 2014 qu'aucune tuerie n'eut lieu à Khaïbakh, faute de trouver des documents officiels y relatifs[5],[6],[7].

Déportation[modifier | modifier le code]

Le 23 février 1944, au Jour du défenseur de la Patrie (fête de l'Armée rouge), commença la déportation des Tchétchènes vers l'Asie Centrale, supervisée personnellement par Lavrenti Beria, chef du NKVD (ancêtre du KGB). 120 000 soldats et officiers du NKVD et de l'Armée rouge entassèrent l'ensemble du peuple tchétchène dans les wagons à bestiaux et l'envoyèrent dans les steppes du Kazakhstan et de la Kirghizie[8]. Le retour de ceux qui ont survécu à ce long trajet n'eut lieu qu'en 1957, quatre ans après la mort de Staline et Beria.

Massacre[modifier | modifier le code]

L'opération Tchétchévitsa s'accompagna de différentes bavures[9]. La plus connue parmi elles fut commise le 27 février 1944 au village de la haute montagne de Khaïbakh au sud-ouest de la Tchétchénie. À cause de la neige, transporter les habitants de Khaïbakh et ceux des autres hameaux alentour fut malaisé. Les militaires les rassemblèrent alors tous dans l'écurie d'un kolkhoze, les y enfermèrent et brûlèrent vifs[10],[11],[12],[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ru) Степан Кашурко, « Кровавое зарево Хайбаха », dans Дош, no 2 (2),‎ , p. 4 (lire en ligne).
  2. (ru) Саид Бицоев, « Хайбах – аул, которого нет », dans Комсомольское племя,‎ 1989, repris dans Дош, no  1 (23), 2009 (lire en ligne).
  3. (ru) Саламат Гаев, « Хайбах. Рассказ свидетеля », sur ИА «Чеченская Республика Сегодня»,‎ (consulté le 29 décembre 2015).
  4. (ru) Саид Эминов, « Руслан Туликов: "Недосказанность, полуправда, ложь – грабли, на которые наступают снова и снова" », sur Кавполит,‎ (consulté le 11 janvier 2019).
  5. (ru) Виктор Матизен, « Министр культуры в роли сталинского сокола », sur Киносоюз,‎ (consulté le 11 janvier 2019).
  6. (ru) Борис Соколов, « Сожгли ли аул Хайбах? », sur Грани.Ру,‎ (consulté le 11 janvier 2019).
  7. (ru) Алексей Крижевский, « "В Чечне нет вопроса – была или нет трагедия в Хайбахе" », sur Газета.Ru,‎ (consulté le 11 janvier 2019).
  8. Jean-Jacques Marie, Les peuples déportés d'Union Soviétique, Bruxelles : Éditions Complexe, 1995, pp. 77-82.
  9. Voir, par exemple, (ru) Степан Кашурко, « Возмездие », dans Дош, no 3 (5),‎ (lire en ligne).
  10. Eric Hoesli, À la conquête du Caucase. Épopée géopolitique et guerres d'influence, Paris : Éditions des Syrtes, 2006, pp. 417-421.
  11. Thierry Wolton, Une histoire mondiale du communisme. Essai d'investigation historique, Paris : Bernard Grasset, 2015, pp. 441-442.
  12. Françoise Thom, Beria. Le Janus du Kremlin, Paris : Cerf, 2013, p. 282.
  13. (ru) 1944 год. Константин Рокоссовский [production de télévision], Nikolaï Svanidze (présentateur), dans «Исторические хроники» с Николаем Сванидзе  sur Россия-1 (, 44 minutes) Consulté le .