Massacre de Dortan

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Monument du martyr à Dortan.

Le massacre de Dortan est un massacre commis par le 5e régiment des cosaques[1] appartenant aux légions de l'Est[Note 1] de la Wehrmacht, dans le village français de Dortan, pendant la Seconde Guerre mondiale. Trente cinq personnes[Note 2] furent tuées au cours de ce massacre (trente six selon une autre source[2]) ponctué par des viols et des séances de torture. Le village de Dortan fut entièrement incendié.

Ce massacre qui se déroula du au s'inscrivait dans le cadre de l'opération Treffenfeld menée contre les maquis de l'Ain et du Haut-Jura, mais également de ceux des Glières et du Vercors ; le but initial de cette opération était la destruction de ces maquis.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Dortan, quartier général des allemands et lieu de tortures et d'exécutions au cours du massacre.

En juillet 1944, la Wehrmacht a la volonté d'amoindrir et de détruire[3] les Forces françaises de l'intérieur de la région et notamment les maquis de l'Ain et du Haut-Jura.

Dès le , le village de Dortan est pillé par les Allemands et sept personnes (six hommes dont le curé du village, l'abbé Dubettier, et une femme) sont fusillées. Le lendemain, trois personnes d'Oyonnax (dont l'une avait quinze ans) qui se trouvaient à Dortan, sont abattues. Ce même , des femmes du village sont violées par les soldats allemands et les exécutions continuent : au total sur les deux journées du 12 et du 13, vingt quatre hommes sont exécutés par les allemands[1].

Au cours des journées des 20 et 21 juillet, quinze hommes sont arrêtés et torturés au château de Dortan, alors quartier général des troupes allemandes, établies dans le village depuis le 12 juillet. Parmi eux, le FTP Denis Dufour[4], qui mourra sous la torture le .

Le , les Allemands rassemblent la population au château de Dortan pendant que le village continue à brûler à la suite de l'incendie déclenché le 21 juillet. Il sera entièrement détruit exception faite du château de Dortan.

Hommages[modifier | modifier le code]

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  • Également à Dortan, une stèle composée de la cloche (de l'église) endommagée qui constitue un vestige rescapée de l'incendie du village. Se trouvent également dans le village, le monument du martyr et une stèle rappelant l'assassinat de l'abbé Dubettier le 12 juillet 1944. L'abbé Dubettier était le curé de Dortan depuis le 30 juin 1907[5]. Il était né le 11 septembre 1874[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'Ost-Bataillon était composé de soldats issus des territoires occupés par l'Allemagne nazie en URSS. Ils étaient d'anciens prisonniers de guerre ou des volontaires.
  2. D'après le monument du martyr.
  3. Date de la destruction du village par l'incendie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF]Peter Lieb, « Wehrmacht, Waffen-SS et Sipo/SD : La répression allemande en France 1943-1944 », sur fondationresistance.org (consulté le 17 août 2011), p. 14.
  2. (en) Sarah Bennett Farmer, Martyred village : commemorating the 1944 massacre at Oradour-sur-Glane, University of California Press,‎ , 300 p. (lire en ligne), p. 52.
  3. « La répression Allemande », sur maquisdelain.org (consulté le 17 août 2011).
  4. « Denis Dufour », sur maquisdelain.org (consulté le 17 août 2011).
  5. a et b Vincent-Doucet-Bon 1964, p. 75.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Liseron Vincent-Doucet-Bon, Dortan village de France,‎ , 121 p. (ASIN B003WW2U5Q) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Liseron Vincent-Doucet-Bon et Madeleine Vincent, C'était un village de France, Lyon, La belle cordière,‎ , 125 p. (ASIN B001AFUMNY)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

46° 19′ 00″ N 5° 40′ 00″ E / 46.3166, 5.6666