Masque mortuaire de Napoléon Ier

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Masque mortuaire de Napoléon par Antommarchi, exemplaire original exposé au musée de l'Armée.

Le masque mortuaire de Napoléon Ier est l'empreinte du visage de l'empereur prise peu après sa mort en 1821 et coulée en plâtre.

Les circonstances de la prise d'empreinte en ont fait un sujet de controverse. Il existe plusieurs masques présentés comme l'authentique empreinte du visage de Napoléon, désignés d'après le nom d'un des médecins de Sainte Hélène ayant pris l'empreinte : Archibald Arnott, Francis Burton et François Antommarchi. Le masque officiel est le « masque Antommarchi ». L'un des premiers exemplaires du masque est exposé au musée de l'Armée de Paris, celui qui est conservé au musée du château de Malmaison, provenant de la famille Antommarchi, semble être l'empreinte la plus ancienne[1].

Histoire du masque[modifier | modifier le code]

Le , Napoléon expire à 17 h 49, son cadavre est placé sous la responsabilité du docteur Arnott par Hudson Lowe gouverneur de l'île. Il fut décidé de prendre l'empreinte du visage avant l'autopsie, mais l'opération ne pouvait se faire sans plâtre. Malgré la volonté émanant de la comtesse Bertrand d'obtenir une empreinte, les tentatives d'Antommarchi de faire du plâtre à partir de statuettes furent un échec. Le docteur Burton connaissant la région, et sur la permission du gouverneur se rendit alors dans l'îlot proche de George-Island où il connaissait l'existence d'un gisement de gypse dont il se procura une quantité suffisante pour la fabrication du plâtre nécessaire pour l'empreinte de la tête complète.

Le à 16 h 00, la prise d'empreinte fut réalisée par Burton aidé d'Antommarchi. Mais le visage de l'empereur, qui selon les témoins avait conservé un caractère juvénile le au matin, s'était affaissé et déformé le jour suivant sous l'effet du processus de décomposition. Aidé par les domestiques de Longwood, dont le Vaudois Abram Noverraz qui prépara le corps, Burton réalisa les deux empreintes : une de la face et une de l'arrière du crâne. De l'empreinte faciale, bien plus petite, Burton put réaliser un buste facial. Mais l'empreinte crânienne, bien plus volumineuse, prit plus de temps à sécher, et il fut décidé d'un commun accord que le travail de réalisation d'un buste complet serait plutôt accompli en Europe, compte tenu de la mauvaise qualité du plâtre et de son manque d'une quantité suffisante. La comtesse Bertrand souhaita ardemment garder le buste facial chez elle, et, de bonne foi, Burton accepta. Mais, son idée était plutôt de l'emballer dans ses bagages afin de faire réaliser le buste complet par le célèbre sculpteur Canova. Antommarchi devait lui remettre cette relique, et l'empreinte crânienne, une fois de retour en Italie. Malgré les protestations du médecin britannique, le buste ne fut pas restitué[2] et Burton, dépité, détruisit l'empreinte crânienne[3].

Les autres masques[modifier | modifier le code]

Masque mortuaire de Napoléon attribué à Archibald Arnott (musée Masséna).

À la suite du masque d'Antommarchi, d'autres masques sont apparus au cours des XIXe et XXe siècle, présentés par les défenseurs de leurs authenticités comme d'authentiques empreintes mortuaires de Napoléon.

Le « masque Arnott »[modifier | modifier le code]

Archibald Arnott était un médecin militaire désigné par Hudson Lowe pour soigner Napoléon en avril 1821. Il fut le premier à identifier que le mal dont souffrait l'empereur se situait au niveau de l'estomac[4]. Un masque mortuaire différent de celui d'Antommarchi lui est attribué, sans que celui-ci n'en fasse mention dans ses mémoires[5]. La particularité de ce masque serait d'avoir été moulé en cire et non en plâtre[6].

Détournement artistique[modifier | modifier le code]

L'Avenir des statues (1937) de René Magritte présente le masque mortuaire de Napoléon peint en bleu ciel avec des nuages[7].


Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) George Leo de St. M. Watson, The story of Napoleon's death-mask: told from the original documents, édition John Lane, 1915
  • Marie Antoinette Ruelle Pardee, L'étrange histoire d'après des documents authentiques du vrai et unique masque de Napoléon le Grand, édition Presses de F. Robaudy, 1932
  • Eugène de Veauce, Les Masques mortuaires de Napoléon : le point de la question, édition la Pensée universelle, 1971
  • François Paoli, Le Dr Antonmarchi ou le secret du masque de Napoléon, édition Publisud, collection « Espaces méditerranéens », 1996
  • Chantal Lheureux-Prévot, « L'affaire des masques mortuaires de Napoléon », Napoleonica. La Revue, 3/2008 (n° 3), p. 60-75[8]
  • Albert Benhamou, L'autre Sainte-Hélène, chapitre « Burton - L'affaire du masque », 2010


Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le masque mortuaire dit Malmaison, sur lautresaintehelene.com
  2. Louise Linden, Histoire des masques de l'Empereur Napoléon, sur napoleon.org
  3. Albert Benhamou, Les masques mortuaires de Napoléon, sur lautresaintehelene.com
  4. Thierry Lentz, Jacques Macé, La Mort de Napoléon, p. 36
  5. Xavier Riaud, Napoléon Ier et ses médecins, p. 358
  6. Eugène de Veauce, Les Masques mortuaires de Napoléon: le point de la question, p. 38
  7. Présentation de l'œuvre sur Christies
  8. [1], sur cairn.info