Mas-Cabardès

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Mas-Cabardès
Image illustrative de l'article Mas-Cabardès
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Aude
Arrondissement Carcassonne
Canton Villemoustaussou
Intercommunalité Communauté de communes de la Montagne noire
Maire
Mandat
Gilbert Batlle
2014-2020
Code postal 11380
Code commune 11222
Démographie
Population
municipale
195 hab. (2012)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 22′ 18″ N 2° 21′ 47″ E / 43.3717, 2.363143° 22′ 18″ Nord 2° 21′ 47″ Est / 43.3717, 2.3631
Altitude Min. 286 m – Max. 945 m
Superficie 9,09 km2
Localisation

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Mas-Cabardès

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Mas-Cabardès
Liens
Site web http://www.mascabardes.com

Mas-Cabardès en occitan Lo Mas de Cabardés est une commune française, située dans le département de l'Aude en région Languedoc-Roussillon.

Ses habitants sont appelés les Mascabardésiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune de l'aire urbaine de Carcassonne située dans la Montagne noire, en limite du parc naturel régional du Haut-Languedoc en Pays du Cabardès sur l'Orbiel

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Mas-Cabardès
Les Martys Mazamet Roquefère
Miraval-Cabardès Mas-Cabardès Roquefère
Miraval-Cabardès Les Ilhes Roquefère

Relief[modifier | modifier le code]

À une altitude moyenne de 340 m, le village se situe pour partie en fond de vallée le long d'une boucle de l'Orbiel, et pour partie sur les versants. Le territoire communal dans son ensemble est en forte pente et très étiré ; il se prolonge sur les hauteurs de la Montagne noire à plus de 900 m d'altitude en bordure du département du Tarn.

Climat[modifier | modifier le code]

La commune bénéficie d’un climat tempéré au confluent d’influences océaniques et méditerranéennes. Mais en fond de vallée, les influences méditerranéennes dominent. Les températures peuvent dépasser 30 °c en été, bien que cela soit peu fréquent, et demeurent le plus souvent positives en hiver. La pluviométrie est assez abondante, de l'ordre de 800 mm. Compte tenu de la topographie des lieux, des phénomènes pluviométriques exceptionnels sont susceptibles de générer des inondations sur les parties basses du village. L'inondation de 1930 qui a détruit de nombreuses maisons demeure dans les mémoires. Plus récemment en 1999, on a noté une nouvelle crue importante ; mais, non débordante, elle n'a pas provoqué de dégâts dans le village.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières informations écrites sur le Mas-Cabardès datent du IXe siècle. En effet c’est à l’époque carolingienne que s’est installée sur le site de l’église actuelle l’Abbaye Saint-Étienne de Cabaret[1]. Cette abbaye, vraisemblablement le premier édifice religieux fondé dans le Haut Cabardès, a eu un rayonnement important sur le territoire environnant en le défrichant et en contribuant ainsi à son occupation par l’homme.

Au XIIe siècle, le monastère devint propriété du Chapitre Saint-Nazaire de Carcassonne. En 1236 Guillaume Arnaud, chanoine de la cathédrale et futur évêque de Carcassonne, fut nommé Prieur du Mas. À cette époque, le Mas est une seigneurie ecclésiastique importante jouxtant les 2 seigneuries « laïques » de Cabaret et de Miraval.

Le château du Mas est cité dans des textes du début du XIVe siècle. Il est aujourd’hui à l’état de ruine, mais quelques vestiges dominant le village actuel sur une boucle de l’Orbiel subsistent encore.

Au XVIe siècle, le village est comme toute la région secoué par les guerres de religion[2]. Entre 1560 et 1592, le Mas joue un rôle stratégique important ; il est le siège de plusieurs garnisons et constitue un lieu de passage pour les troupes. C’est ainsi qu’en 1562 le Maréchal de Joyeuse y dépêcha Roger de Cahuzac, seigneur de Caux, à la tête de 300 hommes pour empêcher les huguenots venus de Castres et de Mazamet de s’emparer des terres du Chapitre. De nombreux autres faits d’armes sont signalés durant cette période. On peut relever ceux du capitaine Jehan de Celles, originaire du Mas, qui prit part à de nombreux combats au service du Roi. En 1574, il participa avec 100 hommes de sa compagnie à la reprise de Roquefère qui était tombée aux mains de huguenots. Après 1592, la région connut une période de calme provisoire. La reprise des hostilités en 1621 fut à l’origine de nombreuses atrocités commises dans les fermes et les villages environnants. Mais le Mas semble être resté à l’abri de ces exactions. Il a même constitué un refuge pour les paysans et villageois des alentours. La fin des guerres de religion en 1629 ne déboucha pas pour autant sur la fin des malheurs de la communauté. La guerre contre l’Espagne fut l’occasion de nombreux passages de troupes qui provoquèrent des pillages et des violences contre les habitants. En 1659, le traité des Pyrénées mit fin à la guerre et à cette période troublée.

Durant la révolution, le Mas connut une intense activité politique. Mais il n’y eut pas d’événement dramatique. Tout en appliquant les lois révolutionnaires, la communauté a fait preuve de mesure et de modération[3].

Croix des Tisserands

Sur le plan économique, l’histoire du village et plus largement celle de la vallée de l’Orbiel sont marquées par le développement de l’industrie textile. La fabrication et le commerce des draps ont contribué à la prospérité du lieu[4]. Les maisons à encorbellement et à colombages construites par des marchands aisés au XVIe siècle et XVIIe siècle, et dont certaines sont encore visibles aujourd’hui, témoignent de l’importance de cette activité. La très belle croix du Mas Cabardès connue sous le nom de Croix des Tisserands est également significative à cet égard. À la fin du XVIIIe siècle la concurrence d’autres régions s’intensifie et l’industrie textile périclite. Il ne reste plus un seul fabricant dans un village qui en comptait plus de 20 quelques années plus tôt.

À partir des années 1930 le développement de la mine de Salsigne permet au village et à l’ensemble de la région de connaître un regain d’activités. Mais cette reprise n'est que provisoire. La mine rencontrera des difficultés financières à partir des années 1950 et une chute progressive du nombre de ses ouvriers pour aboutir à une activité réduite à partir des années 1980 et une fermeture définitive au début des années 2000. L’usine de délainage de l’Orbiel située dans le village voisin des Ilhes a connu le même sort en 1993. Il s’en suivra un exode rural significatif. Mais cet exode est actuellement en partie compensé par le « retour au pays » au moment de la retraite d’un certain nombre d’habitants « exilés économiques » dans d’autres régions françaises.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Mas-Cabardès Blason Palé d'azur et d'or de quatre pièces.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Jacques Sablairolles PS Retraité des ponts et chaussées
mars 2014 2020 Gilbert Batlle    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 195 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
607 670 762 781 748 795 825 864 895
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
867 893 858 827 777 751 697 656 611
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
582 547 549 513 417 464 497 473 454
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
405 388 310 245 235 205 201 199 202
2012 - - - - - - - -
195 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Socio-économie[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses communes rurales éloignées d’une agglomération, le village a connu des difficultés économiques croissantes et une forte baisse démographique accentuées par la désindustrialisation de la vallée de l’Orbiel qui a subi la fermeture de la mine de Salsigne et des industries lainières. Les potentialités agricoles du territoire sont par ailleurs très faibles en raison d’un fond de vallée très étroit et de versants en forte pente couvertes en grande partie de forêts ; il n’y a plus aujourd’hui d’agriculteur sur le territoire communal. L’activité forestière qui reposait sur l’exploitation du châtaigner et qui procurait un revenu complémentaire à certains habitants a elle aussi disparu depuis plusieurs décennies. Une petite activité touristique s’est développée avec la création de quelques gîtes ruraux loués en période estivale, mais elle est loin de compenser le phénomène de désindustrialisation.

Le village comprend aujourd’hui une majorité de retraités, mais aussi quelques néo-habitants permanents ou intermittents parmi lesquels une petite communauté étrangère séduite par le charme et la tranquillité du lieu.

Le statut de chef lieu de canton conservé jusqu’en 2014 a permis à la commune de conserver certains services publics indispensables aux habitants : école primaire, agence postale, gendarmerie. Il n’y plus de service de santé permanent, mais seulement la visite d’un médecin un jour par semaine. Le village compte une épicerie et bénéficie du passage régulier d’autres commerçants ambulants (boucherie, poissonnerie,…). On note aussi le développement d’une entreprise de maçonnerie permettant de répondre aux besoins croissants dans ce domaine de la population et des collectivités locales.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Étienne
Vestiges du château
Maison à colombage

L'édifice actuel date du XVIe siècle. Son clocher octogonal semblable à celui de La Tourette-Cabardès est percé de fenêtres géminées sur deux étages. Une tour rectangulaire abritant un escalier à vis lui est accolée. L'intérieur de l'église contient un magnifique retable daté de la fin du XVe siècle situé dans la chapelle Notre Dame de La Barthe. Au fond de l'église se trouve un tableau non signé du XVIe siècle représentant la lapidation de Saint-Étienne.

Cette croix datée de 1545 est connue sous le nom de Croix des Tisserands en raison de la présence d'une navette (symbole de cette corporation) sculptée aux pieds du Christ. Autre particularité remarquable : elle est finement travaillée sur ses deux faces. Au recto, le Christ est entouré de la Vierge et de Saint-Jean; au verso la Vierge est encadrée par Saint-Michel et Saint-Étienne, patron de la paroisse.

  • Château de Mas-Cabardès

Ce château médiéval du XIIIe siècle domine le village et la vallée de l'Orbiel. De cette ancienne fortification, ne subsistent aujourd'hui que quelques pans de murs.

Plusieurs demeures datant du XVIe siècle et du XVIIe siècle sont encore visibles. La plus ancienne située sur la place centrale est datée de 1583. Elles témoignent de la prospérité du village à cette époque.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Association Patrimoine et Découverte, Brochure Villages et sites historiques de la Montagne noire : Mas-Cabardès
  2. Juliette et Pierre COSTEPLANE, Mas-Cabardès pendant les guerres de religion
  3. Foyer culturel et sportif de l'Orbiel, Brochure La vie politique à Mas-Cabardès pendant la révolution
  4. Marie-Elise GARDEL, Le Cabardès, Aude Aménagement, 1998
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2012.


Liens externes[modifier | modifier le code]

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