Maryse Esterle

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Maryse Esterle, née le [1], est une sociologue française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maître de conférences émérite de l'université d'Artois, elle a enseigné depuis le début des années 2000 à l'institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) du Nord-Pas-de-Calais.

Maryse Esterle (appelée pendant quelques années Esterle-Hedibel) mène des activités de recherche sur les déviances en milieu scolaire dans le cadre du Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP) dirigé par Christian Mouhanna. Dans le courant des années 1980-1990, ses travaux d’observation participante de bandes d'adolescents, d’abord en tant qu'éducatrice de prévention spécialisée puis en préparant un Diplôme d'études approfondies (DEA, équivalent du master 2 aujourd'hui) et une thèse en socio-anthropologie à l'université Paris-Descartes[1], l'ont amenée à étudier les processus d'entrée dans la délinquance des jeunes de milieu populaire et leur rapport au risque (routier en particulier)..

Elle transforme ainsi son doctorat en un livre novateur sur les formes de sociabilité dans les bandes de jeunes et sur les prises de risque et les accidents, ce qui la mènera à d'autres contributions concernant l'insertion des jeunes.À partir du début des années 2000, ses recherches portent sur les processus de décrochage scolaire au collège et au lycée, général et professionnel. Elle a dirigé plusieurs recherches-action dans l'académie de Paris, avec Étienne Douat et Thomas Pierre, pour analyser les processus qui amènent des élèves à quitter petit à petit le système scolaire, en s'intéressant aux facteurs scolaires (production ou réduction du phénomène par l'institution), familiaux et sociaux intervenant dans ces processus. Elle s'intéresse également aux initiatives et aux dispositifs de soutien ou de « raccrochage » des jeunes, tant à l'intérieur des établissements scolaires qu'avec des partenaires extérieurs.

Militante politique et syndicale depuis les années 1971-1980, Maryse Esterle a participé notamment avec Laurent Mucchielli à l’action de CLARIS (Agir pour clarifier le débat sur l'insécurité) afin de contribuer au débat public sur l'insécurité, particulièrement prégnant en 2002 et les années suivantes.

Elle a été nommée par décret du 31 décembre 2014 chevalier de la Légion d'honneur sur proposition du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et a refusé cette nomination, en en faisant connaître les raisons dans un communiqué publié sur le site du CESDIP.

Elle enseigne à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (master de sciences politiques et Diplôme universitaire) et dispense des formations, des expertises et des conférences sur ses thèmes de recherches (DESU prévention des risques, mission métropolitaine Paris-Seine-Saint-Denis entre autres). Elle est actuellement membre du Conseil national de l'innovation pour la réussite éducative.

Elle a rédigé plusieurs ouvrages autour de ses recherches ainsi que de nombreux articles à destination d'un public de chercheurs ou de professionnels. Elle a écrit également plusieurs chroniques ou récits autour d'épisodes de sa vie personnelle ou professionnelle, illustrant un thème particulier (la ségrégation des genres à l'école, le recrutement des maîtres de conférences, etc.).

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Assiduité scolaire : quelle place pour les parents ? in Enfants rebelles : parents responsables ?, dans Dominique Attias et Lucette Khaïat (coord), Toulouse, ERES, p. 95-111, 2014.
  • Précarité, stratégies familiales et déscolarisation, p. 219- 236 ; Quelles construction identitaire pour les jeunes déscolarisés ?, p. 265-282, dans Dominique Glasman, Françoise Œuvrard (dir), La déscolarisation, Paris, La Dispute, 2011.
  • Déscolarisation et délinquance, in Sid Abdellaoui (dir), Les jeunes et la loi, Paris, L’Harmattan, p. 48-68, 2010.
  • Absentéisme, déscolarisation, in Barreau J.M., (dir.), Le dictionnaire des inégalités scolaires en France, Paris, Éditions ESF, 21-24 et 69-72, 2007.
  • Controverses théoriques autour des bandes de jeunes, in Mucchielli L., Mohammed M., (dir.), Les bandes de jeunes. Des Blousons Noirs à nos jours, Paris, La Découverte, 85-96, 2007.
  • Arrêts de scolarité et délinquance, in Natacha Brunelle et Marie-Marthe Cousineau (dir), Trajectoires de délinquance juvénile, les éclairages de la recherche qualitative, Presses de l’Université du Québec, Canada, p. 121–152, 2005.
  • Les bandes de jeunes, p. 178-187 et Jeunes des cités, police et désordres urbains, p. 376-385, in Laurent Mucchielli et Philippe Robert, (dir), in Crime et sécurité, l’état des savoirs, La Découverte, 2002.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b notice BnF no FRBNF12982008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]