Maryse Choisy

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Maryse Choisy
Naissance
Saint-Jean-de-Luz
Décès
Paris
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement Catholicisme
Psychanalyse
Sciences humaines et sociales

Maryse Choisy est une écrivaine et journaliste française, née le à Saint-Jean-de-Luz et morte à Paris le . Elle est la fondatrice de la revue Psyché. Revue internationale de psychanalyse et des sciences de l'homme (1946-1963).

Biographie[modifier | modifier le code]

Née de parents officiellement inconnus et décédés, elle est élevée dans un milieu mondain, cultivé et non conformiste par deux tantes notamment par la comtesse de Brémont. Elle fait ses études universitaires à Cambridge et à Girton College, où elle prépare une thèse sur les systèmes de philosophie Samkhya[1].

En 1926 elle soutient -à Paris- sa thèse sur Les systèmes de philosophie vedanta et samkya.

En 1932 elle donne naissance à Neuilly-sur-Seine à une fille qu'elle prénomme Colette en hommage à l'écrivaine qui en est par ailleurs la marraine.

Elle rencontre Pierre Teilhard de Chardin en 1939 et se convertit au catholicisme. Elle décide alors de retirer de la vente Un mois chez les filles.

Psychanalyse[modifier | modifier le code]

Nourrissant des doutes sur ses origines, elle se rend à Vienne en 1925 pour consulter Freud.[2] Elle a un premier contact avec la psychanalyse en 1927, devenant brièvement la patiente de Freud qui aurait eu l'intuition qu'elle était une « enfant illégitime »[1]. Elle reprend après 1946 des séances d'analyse avec René Laforgue et Maurice Bouvet.

la revue Psyché (1946-1963)[modifier | modifier le code]

Elle se consacre à la psychanalyse, qu'elle estime capable de contribuer durablement au bonheur du genre humain. Elle fondera à cette occasion la revue Psyché où de nombreux textes psychanalytiques seront publiés pour la première fois, notamment ceux de Pierre Bachelard, Juliette Favez-Boutonier, André Berge, Jacques Lacan, Françoise Dolto, René Laforgue et Georges Mauco[3].

Elle se convertit au catholicisme et fonde, avec Leycester King, l'Association internationale de psychothérapie et de psychologie catholique, destinée à faciliter les relations entre l'Église catholique et la psychanalyse.

Journalisme[modifier | modifier le code]

Elle pratique un journalisme d'immersion, n'hésitant pas à se faire enlever les seins en 1929 afin de conduire son reportage sur les moines du mont Athos.

Littérature[modifier | modifier le code]

Elle est surtout connue comme écrivaine, intéressée de voir ce qui peut être apporté à la littérature par d'autres disciplines. En réaction au surréalisme, elle fonde en 1927 un mouvement qu'elle nomme le «suridéalisme», désignant ainsi le gisement conceptuel sur lequel il va pouvoir s'appuyer.

Le procédé sera plus tard aussi utilisé par Michel Houellebecq à partir de son roman Les Particules élémentaires.

Elle va aussi, comme Jack London ou Alexandra David-Néel, se documenter directement aux sources quand elle le peut, allant jusqu'à passer un mois dans une maison de prostitution pour écrire son enquête Un mois chez les filles et à se travestir en jeune moine pour Un mois chez les hommes (où elle a, écrit-elle, refusé les avances d'un moine du mont Athos). Elle se pastichera ensuite elle-même dans d'autres Un mois chez....

En 1944-1945 elle tient chez elle à Paris un salon littéraire.

La vocation des lettres ne la quitte pas après sa conversion, et elle en rédige l'histoire (Sur le chemin de Dieu on rencontre d’abord le diable) et de très émouvants Contes pour ma fille (1946), où le thème de la mort prend une importance particulière, même si un humour discret y est en permanence présent. Elle adapte dans l'un de ces contes le thème de La Petite Sirène, d'Andersen, en remplaçant la sirène par une sylphide et le marin par un aviateur, occasion de propos mi compréhensifs, mi désabusés, sur les hommes en général. Dernier clin d'œil au suridéalisme, le héros de l'une des histoires est... un atome d'azote, qui se pose des questions sur son existence, connaît des liaisons malheureuses, et finira bombardé.

En 1947 elle lance le Centre culturel de Royaumont qui se substitue aux Décades de Pontigny ( qui n'ont pas survécu à la mort de leur fondateur).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Maryse Choisy[modifier | modifier le code]

Études sur Maryse Choisy[modifier | modifier le code]

  • Alain de Mijolla: La France et Freud T.1 1946-1953, Paris, PUF, 2012 (ISBN 978-2-130-58295-3)
  • Marcel Scheidhauer : Freud et ses visiteurs. Français et Suisses francophones (1920-1930), Érès, Arcanes, 2010 (ISBN 2-749-21240-5)
  • Marc-Alain Descamps, Rencontres avec douze femmes remarquables, Alphée, (p. 67-101)
  • Jacqueline Cosnier
    • « Choisy, Maryse », p. 302-303, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
    • «Psyché, revue internationale de psychanalyse et des sciences de l'homme», p. 1304-1305, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 2. M/Z. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
  • Annick Ohayon,
    • Psychologie et psychanalyse en France : L’impossible rencontre (1919-1969), Éditions La Découverte/Poche, 2006, 444p., (ISBN 2-707-14779-6)
    • « Maryse Choisy et Psyché. Psychanalyse et mondanités. Topique », Revue freudienne. Autour de l'œuvre de Piera Aulagnier. vol. 71, p. 109–140, p. 87–107
  • Bernard Guillemain, Maryse Choisy ou l'amoureuse sagesse, 1959.
  • Nicole Albert, Dames seules, 1932 (ISBN 2-908050-26-9)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La difficulté d'établir une bibliographie de Maryse Choisy provient de
    • ses nombreux changements d'éditeur,
    • la chasse qu'elle a menée à ses propres livres,
    • sa fécondité littéraire (jusqu’à quatre ouvrages par an).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jacqueline Cosnier, « Choisy, Maryse », cf. bibliographie.
  2. Agnès Desmazières,L'inconscient au paradis - Comment les catholiques ont reçu la psychanalyse, Payot,2011, p.101
  3. Jacqueline Cosnier, « Psyché, revue internationale de psychanalyse et des sciences de l'homme », cf. bibliographie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]