Mary Low

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Mary Low, née Mary Stanley Low à Londres le et morte le à Miami, est une poétesse et écrivaine anglo-australienne et militante révolutionnaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Durant l'enfance de Mary Low, sa famille qui est australienne, change souvent de pays en Europe : Angleterre, Suisse, France.

En 1933, Mary Low est à Paris et rencontre le poète cubain militant trotskiste Juan Breá avec qui elle se marie. Tous les deux intègrent le mouvement surréaliste et se lient d'amitié avec le peintre Oscar Dominguez et le poète Benjamin Péret. En 1934, ils se rendent à Bucarest et militent, avec Victor Brauner, pour le parti communiste roumain. La même année, ils sont en Grèce en 1934 pendant la tentative de coup d'Elefthérios Venizélos. Puis, ils rencontrent les surréalistes belges à Bruxelles. Le poète et écrivain E. L. T. Mesens devient un ami proche. En 1936, peu après le début de la guerre d'Espagne, Mary Low et Juan Breá s'engagent dans le POUM comme Benjamin Péret et la plupart des trotskistes. Mary Low et Juan Breá en tirent un récit intitulé « Red spanish notebook » publié à Londres en 1937 et salué par George Orwell.

« Les prostituées s'occupèrent finalement elles-mêmes de leurs propres intérêts et surent faire valoir leurs droits. Un jour, elles comprirent qu'elles aussi pouvaient trouver leur place dans la révolution. Alors elles flanquèrent à la porte les propriétaires des maisons où elles travaillaient et occupèrent les "lieux de travail". Elles se proclamèrent les égales de tous. Après beaucoup de débats houleux, elles créèrent un syndicat qui fut affilié à la CNT. Tous les bénéfices étaient partagés de façon égale. Sur la porte de chaque bordel, un écriteau remplaça le Sacré Cœur de Jésus. Il disait : VOUS ÊTES PRIÉ DE TRAITER LES FEMMES COMME DES CAMARADES. Sur ordre du Comité. »[1]

Après leur retour à Paris ils effectuent un dernier voyage à Prague où ils séjournent de de janvier à août 1939 et fréquentent le groupe surréaliste autour de Toyen et Jindrich Heisler.Ils éditeront un recueil à deux voix: La Saison des flûtes, avant d'échapper in extremis aux nazis qui ont envahi la Tchécoslovaquie.

Quelques années après la mort de Juan Breá son « compagnon en muscade aux caresses inquiétantes »[2], survenue en 1941, Mary Low se remarie avec un journaliste cubain et militant trotskiste Armando Machado (en).

En 1974, Mary Low finit par s'installer à Miami aux États-Unis. Elle y enseigne le latin, devient une spécialiste de Jules César et dirige la revue "Classics chronicle" tout en contribuant à la revue des anarchistes cubains en exil "Guangara liberteria".

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Red spanish notebook, 1937, Secker & Warburg, Londres. Traduction française de Guy Flandre, préface de Gérard Roche, paru aux Éditions Verticales, Paris, 1997 sous le titre Carnets de la guerre d'Espagne.
  • La Saison des flûtes, avec Juan Breá, Prague, 1939, Éditions surréalistes, Paris. Réédité en 1986 par Arabie-sur-Seine, Paris, avec une préface d'Edouard Jaguer et une couverture de Perahim.
  • « Perchance to dream », poème à la mémoire de Juan Breá publié dans la revue View à New York en 1941, avec une lettre à André Breton
  • La Verdad contemporanea, 1943, recueil d'essais théoriques marxistes de Mary Low, dont un chapitre traite des « causes économiques de l'humour » et un autre de « Femme et amour dans leur relation avec la propriété privée » et de Juan Breá sur le surréalisme, avec une préface de Benjamin Péret, publié à La Havane.
  • Alquemia del Recuerdo, 1946, La Havane, recueil de poèmes. Réédité en 1986 par Editorial Playor à Madrid avec des illustrations de Wifredo Lam.
  • English is easy, 1956, La Havane, manuel scolaire.
  • Tres voces/Three voices/Trois voix, 1957, La Havane, recueil trilingue de poèmes, avec une couverture de Mijares.
  • In Caesar's shadow, 1975, New York, roman.
  • El Triunfo de la vida/Alive in spite of, 1981, Miami, recueil bilingue de poèmes.
  • A voice in three mirrors, 1985, Black Swan Press, Chicago, poèmes et collages.
  • Where the wolf sings, 1995, Black Swan Press, Chicago, poèmes et collages.
  • Chanteloup, 1999, Montréal, poèmes et collages.
  • The Caesar trail, recueil de récits publies dans le magazine "Classics chronicle" de Miami.
  • Sans retour. Poèmes et collages, 2000, Syllepse, Paris, préface de Gilles Petitclerc, biographie de Gérard Roche.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Coédition Office du livre, Fribourg (Suisse) et Presses universitaires de France, Paris, 1982, page 250, article d'Edouard Jaguer.
  • Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles : trente-quatre femmes surréalistes, Paris, J.-M. Place, (ISBN 2858934967 et 9782858934966, présentation en ligne), p. 172 à 177[3].
  • Augustin Guillamón, préface à Mary Low, Cuaderno rojo de Barcelona, agosto-diciembre de 1936, 2001, Alikornio.
  • Gérard Roche, « Mary Low », postface à Mary Low, Sans Retour. Poèmes et collages, 2000, Syllepse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cité dans Colvile, op. cit., p. 177
  2. Biro, op. cit., p. 250
  3. Avec une photographie de Mary Low prise à Barcelone en 1936.

Liens externes[modifier | modifier le code]