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Mary Jackson (mathématicienne)

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Mary Jackson
Mary Jackson en 1977.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
HamptonVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Bethel AME Church Cemetery (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Mary JacksonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Africain (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Mathématicienne, ingénieur aéronautique, informaticienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Influencée par
Dorothy Vaughan, Kazimierz Czarnecki (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Mary Jackson, née Mary Winston le à Hampton dans l'état de Virginie et morte le dans la même ville, est une mathématicienne et ingénieure américaine en aéronautique et administratrice américaine. Première ingénieure afro-américaine de la National Aeronautics and Space Administration (NASA), elle mène des recherches en aérodynamique au Centre de recherche Langley avant de consacrer la fin de sa carrière à la promotion des femmes et des minorités au sein de l'agence. Son parcours est remis en lumière par l'ouvrage Les Figures de l'ombre de Margot Lee Shetterly et son adaptation cinématographique Les Figures de l'ombre (2016), dans laquelle elle est interprétée par Janelle Monáe. En 2020, le siège de la NASA à Washington est rebaptisé Mary W. Jackson NASA Headquarters en son honneur.

Jeunesse et formation

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Mary Winston naît le à Hampton, en Virginie dans un État où les lois de ségrégation raciale, les lois Jim Crow, régissent encore la vie publique, notamment l'enseignement[1]. Elle est la fille d'Ella et Frank Winston[2]. Elle étudie à la Phenix High School (en) et y excelle, puis au Hampton Institute, où elle obtient en 1942 un diplôme en mathématiques et en sciences physiques[3]. Elle devient membre de la sororité étudiante Alpha Kappa Alpha, la première sororité crée par et pour les femmes universitaires afro-américaines[4] Après ses études, elle enseigne les mathématiques dans le comté de Calvert au Maryland, puis occupe différents emplois administratifs avant d'entrer au National Advisory Committee for Aeronautics (NACA)[3]. En 1943, elle retourne à Hampton et occupe un poste de réceptionniste à l'United Service Organizations[5]. Le 18 novembre 1944, elle se marie avec Levi Jackson, un marin de l'United States Navy. Le couple a deux enfants, Levi Jackson Jr. et Carolyn Marie Lewis. Après la naissance de leur fils, Mary Jackson interrompt temporairement sa carrière avant de reprendre une activité professionnelle comme secrétaire de l'armée à Fort Monroe, puis de rejoindre le NACA en 1951[3].

Débuts au NACA

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En 1951, Mary Jackson est recrutée par le NACA comme calculatrice au sein du West Area Computers, une unité composée de mathématiciennes afro-américaines créée dans le contexte de la ségrégation alors en vigueur en Virginie, dirigée par Dorothy Vaughan[6]. Elle réalise des calculs destinés aux ingénieurs avant d'être affectée à la soufflerie supersonique du Langley Research Center en 1953, où elle travaille avec l'ingénieur Kazimierz Czarnecki (en)[3],[6]. Encouragée par Czarnecki à devenir ingénieure, elle suit des cours du soir de mathématiques et de physique à la Hampton High School. Ces cours sont dispensés dans une école secondaire réservée aux élèves blancs et Mary Jackson doit obtenir une autorisation spéciale de la municipalité de Hampton pour pouvoir les suivre[3]. En 1958, elle devient la première ingénieure afro-américaine de la NASA[3].

Carrière à la NASA

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Mary Jackson qui manipule une maquette dans la soufflerie de Langley en 1977
Jackson en 1977 au centre de recherche Langley

De 1958 à 1979, Mary Jackson travaille comme ingénieure en aérodynamique au Centre de recherche Langley de la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Affectée à la soufflerie supersonique, elle collabore principalement avec Kazimierz Czarnecki (en)[3],[6].

Recherches en aérodynamique

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Au Langley Research Center, Mary Jackson mène des recherches en aérodynamique expérimentale à l'aide de maquettes d'avions testées en soufflerie. Ses travaux portent sur les écoulements d'air autour des aéronefs afin de mieux comprendre les phénomènes qui influencent leurs performances à grande vitesse. Au cours de sa carrière, elle s'intéresse plus particulièrement à la couche limite, la fine couche d'air au contact de la surface d'un avion, ainsi qu'à son influence sur la traînée et les écoulements supersoniques[7],[3].

Entre 1958 et 1961, Mary Jackson cosigne plusieurs études consacrées à la transition de la couche limite, c'est-à-dire au passage d'un écoulement laminaire à un écoulement turbulent. Ces travaux examinent notamment l'influence de la vitesse, de la forme des cônes et de l'émoussement du nez des modèles sur les conditions dans lesquelles cette transition se produit en régime supersonique[8],[9],[10],[11].

À partir de 1963, Mary Jackson s'intéresse davantage à la traînée de frottement, une partie de la résistance aérodynamique produite par le contact de l'air avec la surface d'un avion. Elle cosigne plusieurs études consacrées à sa mesure ainsi qu'à l'amélioration des modèles utilisés pour la prédire à de grands nombres de Reynolds, notamment sur des avions dotés d'ailes en flèche[12],[13],[14]. En 1967, Mary Jackson cosigne une étude de synthèse consacrée aux conséquences de la transition de la couche limite pour la conception des futurs avions de croisière hypersoniques. L'étude examine notamment les effets de ce phénomène sur le nez de l'appareil, les entrées d'air et les ailes, et souligne la nécessité de mieux comprendre cette transition afin d'améliorer la conception de ces avions[15].

À partir de la fin des années 1960, elle s'intéresse également aux effets des rugosités de surface, de petites irrégularités à la surface d'un avion. Ces défauts peuvent modifier les pressions autour de l'appareil, augmenter la traînée ou provoquer une séparation de la couche limite. Mary Jackson cosigne plusieurs études visant à mieux comprendre ces phénomènes et leurs conséquences sur les performances aérodynamiques des aéronefs[16],[17].

Promotion de l'égalité des chances

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Mary Jackson (deuxième à partir de la droite) avec les membres du Federal Women's Program Advisory Committee du Langley Research Center en 1973.

À la fin des années 1970, Mary Jackson choisit de quitter son poste d'ingénieure afin de se consacrer aux actions en faveur de l'égalité des chances à la NASA. Après une formation au siège de l'agence à Washington, elle est nommée Federal Women's Program Manager, puis Affirmative Action Program Manager au Langley Research Center[3].

Le Federal Women's Program est un programme fédéral mis en place dans les administrations américaines afin de favoriser l'évolution professionnelle des femmes et de lever les obstacles à leur carrière. Dans ces fonctions, Mary Jackson œuvre en faveur du recrutement et de la promotion des femmes ainsi que des employés issus des minorités travaillant à la NASA, en particulier des mathématiciennes, ingénieures et scientifiques[3]. Elle conseille les employées et les encourage à acquérir les qualifications nécessaires pour accéder à des promotions et à des responsabilités scientifiques, techniques ou d'encadrement[6].

Parallèlement à ses fonctions administratives, Mary Jackson poursuit son engagement en faveur de l'éducation et de l'égalité des chances. Selon la NASA, elle anime notamment un club scientifique dans lequel les élèves construisent et expérimentent une petite soufflerie afin de découvrir les principes de l'aérodynamique[3]. Elle est également cheffe d'une troupe des Girl Scouts pendant plus de trois décennies. Elle préside une campagne annuelle de United Way au Langley Research Center et est membre de la National Technical Association, la plus ancienne association professionnelle américaine de scientifiques, d'ingénieurs et de techniciens afro-américains[3],[18].

Avec son mari Levi Jackson, elle accueille de jeunes recrues du Langley Research Center afin de faciliter leur installation et leur intégration dans la région de Hampton[3].

Mary Jackson prend sa retraite de la NASA en 1985 après trente-quatre années de service. Elle meurt le 11 février 2005 à Hampton (Virginie), à l'âge de 83 ans.

Distinctions

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Au cours de sa carrière, Mary Jackson reçoit plusieurs distinctions de la NASA et du Langley Research Center pour ses contributions scientifiques et son engagement au service de la communauté.

  • 1969 : Apollo Group Achievement Award[3].
  • 1976 : Langley's Volunteer of the Year, décerné par le Langley Research Center[3].
Pam Melroy et Bill Nelson, administrateurs de la NASA regardent un portrait de Mary Jackson, inauguré au siège de la NASA à Washington le 06 décembre 2024

La carrière de Mary Jackson est remise en lumière par l'ouvrage Les Figures de l'ombre de Margot Lee Shetterly, publié en 2016, puis par son adaptation cinématographique Les Figures de l'ombre la même année. Dans le film, elle est interprétée par Janelle Monáe[6]. En 2018, le conseil scolaire de Salt Lake City vote pour que l'école élémentaire Jackson soit rebaptisée en l'honneur de Mary Jackson au lieu du président Andrew Jackson[19]. En 2019, le Hidden Figures Congressional Gold Medal Act prévoit l'attribution de la Médaille d'or du Congrès à Mary Jackson, Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Christine Darden, ainsi qu'à l'ensemble des femmes ayant contribué aux programmes de la NASA[20]. En juin 2020, la NASA annonce que son siège de Washington est rebaptisé Mary W. Jackson NASA Headquarters en son honneur[21]. La cérémonie officielle a lieu en 2021[22].

D' à , l'Espace pour la vie de Montréal, avec l'artiste MissMe, rend hommage à Mary Jackson et 6 autres femmes scientifiques, Katherine Johnson, Lise Meitner, Donna Strickland, Vera Rubin, Jocelyn Bell et Emmy Noether, « restées inconnues trop longtemps » avec l'exposition nobELLES dans le Planétarium[23],[24],[25],[26]. Le 6 décembre 2024, les dirigeants de la NASA dévoilent un portrait de Mary Jackson au siège de l'agence à Washington, dans le Mary W. Jackson NASA Headquarters Building[27].

Publications

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Bibliographie

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  • (en) Margot Lee Shetterly, Hidden Figures: The American Dream and the Untold Story of the Black Women Mathematicians Who Helped Win the Space Race, William Morrow, (ISBN 978-0-06-236359-6)
  • Margot Lee Shetterly, Les Figures de l'ombre, HarperCollins,

Notes et références

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  1. (en) « Mary Jackson | Biography & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le ).
  2. (en-US) « Mary Jackson », sur Biography (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 (en) « Mary W. Jackson », sur NASA (consulté le )
  4. (en) The Upcoming ‘Hidden Figures’ Movie Is Based On Three Members Of Alpha Kappa Alpha
  5. (en) Margot Lee Shetterly, Hidden Figures : The American Dream and the Untold Story of the Black Women Mathematicians Who Helped Win the Space Race, William Morrow, , 95 p. (ISBN 978-0-06-236359-6)
  6. 1 2 3 4 5 (en) Margot Lee Shetterly, Hidden Figures: The American Dream and the Untold Story of the Black Women Mathematicians Who Helped Win the Space Race, William Morrow, (ISBN 978-0-06-236359-6)
  7. (en) Wini Warren, Black Women Scientists in the United States, Bloomington, Indiana University Press, (ISBN 978-0253336033), p. 126
  8. (en) K. R. Czarnecki et Mary W. Jackson, Effects of Nose Angle and Mach Number on Transition on Cones at Supersonic Speeds, National Advisory Committee for Aeronautics, coll. « NACA Technical Note », (lire en ligne), chap. 4388
  9. (en) Mary W. Jackson et K. R. Czarnecki, « Investigation by Schlieren Technique of Methods of Fixing Fully Turbulent Flow on Models at Supersonic Speeds », NASA Technical Note, National Aeronautics and Space Administration, no D-242,
  10. (en) K. R. Czarnecki et Mary W. Jackson, Effects of Cone Angle, Mach Number, and Nose Blunting on Transition at Supersonic Speeds, National Aeronautics and Space Administration, coll. « NASA Technical Note », (lire en ligne), chap. D-634
  11. (en) Mary W. Jackson et K. R. Czarnecki, Boundary-Layer Transition on a Group of Blunt Nose Shapes at a Mach Number of 2.20, National Aeronautics and Space Administration, coll. « NASA Technical Note », (lire en ligne), chap. D-932
  12. (en) K. R. Czarnecki, Mary W. Jackson et William J. Monta, « Studies of Skin Friction at Supersonic Speeds », NASA Conference on Supersonic-Transport Feasibility Studies and Supporting Research (conférence), National Aeronautics and Space Administration,
  13. (en) Mary W. Jackson, K. R. Czarnecki et William J. Monta, Turbulent Skin Friction at High Reynolds Numbers and Low Supersonic Velocities, National Aeronautics and Space Administration, coll. « NASA Technical Note », (lire en ligne), chap. D-2687
  14. (en) Russell B. Sorrells III, Mary W. Jackson et K. R. Czarnecki, Measurement by Wake Momentum Surveys at Mach 1.61 and 2.01 of Turbulent Boundary-Layer Skin Friction on Five Swept Wings, National Aeronautics and Space Administration, coll. « NASA Technical Note », (lire en ligne), chap. D-3764
  15. (en) K. R. Czarnecki, Jerry M. Allen et Mary W. Jackson, « Boundary-Layer Transition on Hypersonic-Cruise Aircraft », dans Conference on Hypersonic Aircraft Technology, National Aeronautics and Space Administration, coll. « NASA SP-148 », , 189-202 p. (lire en ligne)
  16. (en) K. R. Czarnecki et Mary W. Jackson, « Theoretical Pressure Distributions Over Arbitrarily Shaped Periodic Waves in Subsonic Compressible Flow, and Comparison with Experiment », NASA Technical Note, National Aeronautics and Space Administration, no D-5984, (lire en ligne)
  17. (en) K. R. Czarnecki et Mary W. Jackson, « Turbulent Boundary-Layer Separation Due to a Forward-Facing Step », AIAA Journal, vol. 13, no 12, , p. 1585-1591 (DOI 10.2514/3.60582)
  18. (en) « 90th Annual National Technical Association » (consulté le )
  19. (en) Scott Simon, « A School Goes From Andrew Jackson to Mary Jackson », sur NPR, (consulté le ).
  20. (en) « Hidden Figures Congressional Gold Medal Act », sur Congress.gov (consulté le )
  21. (en) « NASA Names Headquarters After 'Hidden Figure' Mary W. Jackson », sur NASA, (consulté le )
  22. (en) « NASA Celebrates 'Hidden Figure' Mary W. Jackson With Building Naming Ceremony », sur NASA, (consulté le )
  23. « nobELLES exposition », sur calendrier.espacepourlavie.ca.
  24. Catherine Lalonde, « nobELLES exposition », sur ledevoir.com, .
  25. [vidéo] Espacepourlavie Montréal, « Épisode 3: Mary Jackson - balado nobELLES », sur YouTube
  26. « MissMe rend hommage à sept femmes scientifiques au Planétarium de Montréal », sur ici.radio-canada.ca, .
  27. (en) « Mary W. Jackson Portrait Revealed », sur NASA (consulté le )

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Articles connexes

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Liens externes

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