Mary Elmes

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Mary Elmes
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PerpignanVoir et modifier les données sur Wikidata
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signature de Mary Elmes
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Marie Elisabeth Jean Elmes (, Cork - , Perpignan) est une travailleuse humanitaire irlandaise, qui a sauvé plusieurs centaines d'enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle devient en 2015 la première et la seule Irlandaise honorée comme Juste parmi les Nations par l'État d'Israël, en reconnaissance de ses actions pendant la guerre civile espagnole et la Seconde Guerre mondiale[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Mary Elmes est née le à Cork, en Irlande. Son père est le chimiste Edward Elmes, qui dirige une pharmacie à Cork.

Elle fréquente l'école Rochelle à Cork puis à partir de 1928 le Trinity College de Dublin où elle est élève boursière. Elle étudie les littératures modernes française et espagnole[1],[3],[4]. En 1935, Mary Elmes obtient une bourse d'études internationales pour la London School of Economics et poursuit ses études à Genève, en Suisse[5],[1],[2].

Elle s'installe après la Seconde Guerre mondiale dans les Pyrénées-Orientales, d'abord à Perpignan puis à Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer. Elle épouse le résistant Roger Danjou ; le couple a deux enfants.

Guerre civile espagnole[modifier | modifier le code]

En , Mary Elmes rejoint l'unité d'ambulance mise en place par l'Université de Londres ; elle travaille dans un hôpital pour enfants à Almeria[6], avant de prendre la direction d'un hôpital à Alicante[5]. Elle rencontre alors Alice Resch, membre de l'American Friends Service Committee (AFSC).

Mary Elmes suit dans l'exil les réfugiés espagnols lors de la Retirada. Elle arrive en France en et continue à apporter son aide dans les camps d'internement, en particulier au camp de Rivesaltes.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Sa nationalité irlandaise permet à Mary Elmes de rester en France malgré la signature de l'armistice. Le camp de Rivesaltes accueille progressivement, en plus des réfugiés espagnols, des juifs raflés. L'humanitaire établit une antenne de l'American Friends Service Committee (AFSC) au camp de Rivesaltes. Elle réussit, en accord avec les familles et les autorités du camp, à faire sortir les enfants de moins de 16 ans du camp[5], pour les héberger dans des logements alentour.

Lorsque les déportations s'intensifient, Mary Elmes fait passer les enfants dans la clandestinité, les transportant dans le coffre de sa voiture près de Toulouse. Un certain nombre parviendront à se réfugier aux États-Unis. On estime qu'environ 427 enfants ont été sauvés du camp de Rivesaltes par Mary Elmes et ses collègues entre août et [7]. Parmi eux, René Marcel Freund (aujourd'hui Ronald Friend, professeur de psychologie à New York), 2 ans, et son frère Michael, 5 ans, conduits le à Vernet-les-Bains puis à l'hôpital Saint-Louis.

Les Allemands envahissent la zone libre en . Mary Elmes est arrêtée en [1], soupçonnée d'avoir aidé des juifs à s'évader du camp. D'abord emprisonnée à Toulouse, elle est internée à la prison de Fresnes, avant d'être libérée six mois plus tard, faute de preuve [4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Mary Elmes refuse la Légion d'Honneur que veut lui décerner le gouvernement français. Onze ans après sa mort, le , elle est reconnue Juste parmi les Nations à titre posthume par Yad Vashem. Ses enfants et petits-enfants reçoivent le prix en son nom.

Le pont piéton reliant Patrick's Quay à Merchant's Quay à Cork (ouvert en ) porte le nom de Mary Elmes[8].

Un prix d'histoire portant son nom est créé en 2019 par l'association des professeurs d'histoire d'Irlande[7]. Il récompense des travaux historiques en mémoire de l'Holocauste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) « Cork woman receives first Irish honour for saving Jewish victims of the Holocaust », The Irish Times, (consulté le )
  2. a et b Sheridan, « New play tells of the Cork woman who helped Jewish children escape the Nazis », Irish Examiner, Dublin, (consulté le )
  3. (en) Butler, « Corkwoman helped Jewish brothers and many others avoid Auschwitz », The Irish Times, (consulté le )
  4. a et b (en) « 'Irish Schindler' to be honoured in Cork », The Irish Times (consulté le )
  5. a b et c « Anonymes, Justes et persécutés durant la période nazie - Mary-Elmes », www.ajpn.org (consulté le )
  6. (en) Crossey, « Irish non-combatants in Spain during the SCW », irelandscw.com (consulté le )
  7. a et b (en) « The Mary Elmes Prize » (consulté le )
  8. « Le Mary Elmes Bridge traversant la Lee, à Cork, profite aux piétons et aux cyclistes-Projets », sur ec.europa.eu (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]