Mary Beard

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Winifred Mary Beard, née le [1], est une universitaire et une érudite britannique.

Elle est professeur d'humanités à l'Université de Cambridgeprofesseur invité de Newnham College, et de l'Académie Royale des Arts et, professeur de Littérature ancienne. Elle est chargée de l'édition des classiques du supplément Littéraire du Times, et elle écrit régulièrement un blog pour ce journal, Don's Life[2]. Ses fréquentes apparitions dans les médias et ses déclarations publiques l'ont conduit à devenir une des personnalités féminines les plus connues de Grande-Bretagne[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Mary Beard est née le 1er janvier 1955[4] à Much Wenlock, Shropshire, seule enfant de sa famille. Sa mère, Joyce Emily Beard, est une directrice d'école et une lectrice enthousiaste. Son père, Roy Whitbread Beard[5], travaille comme architecte à Shrewsbury. Elle effectue ses études à la Shrewsbury High School, une école privée pour filles. Durant l'été, elle se joint à des fouilles archéologiques. À dix-huit ans, elle obtient une place au Newnham College. Elle a envisagé aussi le King's College à Cambridge, mais rejette cette possibilité quand elle apprend que le collège n'offre pas de bourses à des femmes.

Elle acquiert des idées féministes, qui restent très importantes dans sa vie ultérieure[6].

Elle obtient un BA (Hons), converti, en temps voulu, en MA[7],[8]. Elle reste à l'université de Cambridge pour sa thèse de droit en 1982, The state religion in the late Roman Republic: a study based on the works of Cicero (La religion de l’État à la fin de la République Romaine: une étude basée sur les œuvres de Cicéron).

Entre 1979 et 1983, elle enseigne les études classiques au King's College de Londres. Elle retourne à Cambridge en 1984 en tant que membre du Newnham College et seule femme professeur à la faculté de lettres classiques. Rome à la Fin de la République, qu'elle a co-écrit avec l'historien Michael Crawford, est publié la même année. Elle prend également des responsabilités éditoriales pour les classiques de l'éditeur The Times Literary Supplement , en 1992. En 1994, elle fait sa première apparition à la télévision pour la BBC et une discussion sur Weird Thoughts[9] aux côtés de Jenny Randles et James Randi , entre autres.

Peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001 sur le World Trade Center, elle est l'une des auteurs invités à contribuer sur le sujet, pour la revue London Review of Books. Elle émet l'idée que les États-Unis payent en partie par cet événement terroriste, leur politique étrangère : « quelles que soient les formes qu'on y mette, les Etats-Unis l'ont bien cherché ». [...] Nous sommes à l'origine des problèmes du monde - impérialisme, exploitation, mondialisation [...] De ce point de vue, si les Etats-Unis n'avaient pas semé la folie meurtrière, propulsé leur puissance et leurs missiles de croisière à Panama, au Soudan, en Irak et en Afghanistan, nous ne subirions pas un châtiment aussi cruel »[10],[11].

En 2004, elle devient professeur de lettres classiques à l'université de Cambridge[12]. Elle est élue Visiting Sather Professor of Classical Literature pour l'exercice 2008-2009 à l'Université de Californie, à Berkeley[13].

Elle intervient dans les médias sur des sujets très divers, telle la question des immigrés, pour l'émission de la BBC Question Time en janvier 2013[14],[15]. Elle affirme son droit d'exprimer des opinions impopulaires et de les présenter en public, de manière authentique[16].

En avril 2013, elle est nommée, à la Royal Academy of Arts, professeur de littérature ancienne[17]. Le 4 août 2013, elle reçoit une menace sur Twitter[18]. En août 2014, elle est l'une des 200 personnalités publiques signataires d'une lettre dans le journal The Gardian exprimant leur espoir que l'Écosse vote pour continuer à faire partie du Royaume-Uni en septembre lors du référendum sur cette question[19]. Plus récemment, en 2017, elle émet des doutes sur l'intérêt de faire disparaître une statue de Cecil Rhodes présente sur la façade du bâtiment d’Oriel college, à Oxford, indiquant que la bataille contre les idées de Rhodes ne se gagne pas en faisant comme si cette personnalité n'a pas existé[20]. Elle intervient aussi sur les réseaux sociaux à propos d'un dessin animé de la BBC, Roman Britain, faisant apparaître dans ses personnages un soldat de l'armée romaine noir, marié à une femme blanche, avec des enfants métis : l'animation est prise à partie, de ce fait, par des militants de la droite dure américaine. Ceci la fait réagir et débattre : « Une chose est sûre, l’Empire romain, dont la Grande-Bretagne, était culturellement et ethniquement divers », indique-t-elle[21]. Le statisticien Nassim Nicholas Taleb estime que Mary Beard raconte « des foutaises », la BBC ne faisant selon lui qu'appliquer « des quotas rétrospectivement », ce à quoi Mary Bard répond en réaffirmant la nécessité de se « battre non seulement pour la vérité sur la Grande-Bretagne romaine, mais aussi pour le privilège de débattre avec courtoisie »[21].

Elle reçoit en 2016 le prix Princesse des Asturies en sciences sociales[22].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Prof. Mary Beard profile », Debrett's People of Today, sur Debrett's People of Today (consulté le 29 juillet 2015)
  2. (en) « A Don's Life », The Times Literary Supplement, sur The Times Literary Supplement (consulté le 19 novembre 2012)
  3. (en) Paul Laity, « The dangerous don », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Robert McCrum, « Up Pompeii with the roguish don », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « Beard, Prof (Winifred) Mary », sur Debrett's People of Today, (consulté le 16 juillet 2008)
  6. (en) Ashley Chhibber, « Interview: Mary Beard », The Cambridge Student,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « The Cambridge MA », University of Cambridge, sur University of Cambridge,
  8. (en) Nick Collins, « Oxbridge students' MA 'degrees' under threat », The Daily Telegraph, London, UK,‎ (lire en ligne)
  9. (en) « Weird Thoughts (1994) », sur The Encyclopedia of Fantastic Film and Television (consulté le 7 juin 2017)
  10. (en) Mary Beard, « 11 September attacks », London Review of Books, vol. 23,‎ , p. 20–25 (lire en ligne)
  11. Tony Judt, « L'Amérique et la guerre », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. (en) « Appointments, reappointments, and grants of title », Cambridge University Reporter]volume=CXXXV.20,‎ (lire en ligne)
  13. (en) « The Sather Professor », sur University of California, Berkeley College of Letters and Science (consulté le 16 juillet 2008)
  14. (en) Ben Dowell, « Mary Beard suffers 'truly vile' online abuse after Question Time », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  15. (en) « Cambridge professor under fire for Boston immigration comments on BBC Question Time », Boston Standard,‎ (lire en ligne)
  16. (en) Lark Turner, « In Britain, an Authority on the Past Stares Down a Nasty Modern Storm », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  17. (en) Nick Clark, « Mary Beard named as Royal Academy of Arts professor of ancient literature », The Independent,‎ (lire en ligne)
  18. (en) « Bomb threat tweet sent to classicist Mary Beard », BBC News,‎ (lire en ligne)
  19. (en) « Celebrities' open letter to Scotland – full text and list of signatories », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  20. Philippe Bernard, « Le "Hitler de l’Afrique du Sud" garde sa statue à Oxford », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  21. a et b Eric Albert, « La Rome antique de la BBC énerve les trolls identitaires », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  22. « Prix Princesse Des Asturies : Mary Beard Récompensée », sur euronews.com, (consulté le 11 août 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]